CLASSE L — QUADRUPÈDES
Anthropomorphes. — L'Homme.
1^ Les hommes qui habitent la Suède sont :
a. Les Goths, de haute taille, aux cheveux presque blancs et droits, à 1 iris d'un bleu cendré;
p. Les Finnois, bien musclés, aux cheveux longs et jaunàtre^, à Tiris foncé.
Ces deux sous -races paraissent représenter deux stades d'évolution d^Etiropœvs, le type Finnois représentant une fraction attardée dans son évolution, le type Goth le résultat jusqu'ici le plus parfait de révolution plus longuement continuée.
Les anthropologistes actuels distinguent ces deux types d'une manière plus complète, sous les noms de type blond et type roux. Je commencerai par le dernier, qui représente l'état le moins avancé.
La caractéristique fondamentale du type roux est la persistance d'une plus grande quantité de pigment, une moindre altération de sa nature, et surtout un mode de répartition particulier de ce pigment. J'aurai à étudier plus loin la théorie de la pigmentation et celle de la dépigmenlation. Je serai
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donc très bref ici, où la question se présente d*une manière incidente, mais inévitable.
Chez les roux le pigment n'est pas seulement dégénéré, v tournant au brun plus ou moins rougeàtre, mais il est réparti d'une manière inégale, par petits amas. Entre les groupes de cellules pigmentées se trouvent de vastes lacunes sans pigment, ou pour parler d'une manière exacte, le pigment semble s'être retiré, concentré dans des groupes plus ou moins vastes,'^ plus ou moins éloignés de cellules. Sur la peau le Tait est visible sans procédés techniques, il suffit de regarder avec soin la peau des roux pour constater qu'elle est semée de taches roussàtres sur un fonds dépigmenté. L'étude histologique de l'iris montre également le pigment rassemblé par places, quelquefois en traînées. Suivant le mode de répartition du pigment raréfié, l'œil parait vert, gris ou jaunâtre à bordure extérieure plus foncée. Dans les poils, les groupes sont plus petits, plus nombreux, et le cheveu d'autant plus rouge que la répartition est plus irrégulière. Si toutefois le pigment devient très rare et très faible, le roux devient jaunâtre, teinte qui se différencie très bien du blond.
L'érytbrisme peut être pathologique. Quand il est naturel, il se trouve ou chez des métis de dolicho-blond et de dolichobrun, ou comme caractère ethnique. Je ne parlerai pas du premier cas, toujours individuel et véritablement rare. Naturel et chez les métis précités, l'érythrisme n'est pas rare, mais il ne peut, d'une manière nécessaire, se rencontrer que d'une manière exceptionnelle, et dans certains pays seulement où le dolicho-brunse trouve en nombre. En Espagne, les mineurs anglais amenés par les compagnies pour l'exploitation de certaines mines ont produit avec les femmes du pays de magnifiques sujets à chevelure d'un fauve ardent qui ont fait l'objet de plusieurs études. Le cas se produit encore, mais
d'une manière moins normale, chez les mulâtresses filles ^Eu- Topxus. Toute cette catégorie de roux ne comprend qu'un nombre limité d'individus et n'a pas d'importance majeure.
Il n'en est pas de même de l'érythrisme ethnique. Le type roux et sa variété jaunâtre sont très répandus chez les peuples finnois, chez les Russes, à cause peut-être de l'origine finnoise de la majorité de la nation, chez les Allemands et en Ecosse. Les rutilas comœ des Calédoniens se retrouvent encore aujourd'hui. Dans tous ces cas, l'érythrisme parait hérité, il constitue un caractère de race. H semble que chez une partie des peuples qui ont formé la variété Europœus la dépigmentation se soit faîte d'une manière irrégulière. La répartition du pigment ressemble beaucoup à celle des sels d'argent dans un cliché ou dans une photocopie en voie de fixation dans l'hyposulfite. L'atténuation de la couche chimique est générale, mais irrégulière ; l'hyposulfite dégage d'abord des petites taches irrégulières, qui se réunissent, laissant entre elles des ilôts sombres plus ou moins grands, plus ou moins rapprochés. C'est exactement ce que nous montre à l'œil nu la peau du roux, et au microscope la préparation histologique de son iris ou de ses cheveux.
Qu'il en ait été ainsi, nous n'en savons rien, mais il est évident que la dépigmentation n'a pas dû se faire d'une manière lente et progressive chez tous les individus, qu'elle a subi chez certains autres, peut-être plus foncièrement pigmentés, des vicissitudes particulières. Ce qui est certain c'est que nous trouvons dans plusieurs régions une proportion de roux qui dépasse les limites possibles de la variation individuelle et suppose l'hérédité du caractère depuis des temps reculés. Les auteurs classiques, la Bible et les Védas nous montrent d'ailleurs des roux dès une époque éloignée de nous de deux mille h deux mille cinq cents ans, les peintures égyptiennes de
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l'Ancien-Empire nous permettent même de remonter de six mille ans dans le passé.
Le roux peut être franc, chatoyant ou jaune. Le roux chatoyant possède de merveilleux reflets de feu dus surtout à des phénomènes d'interférence. Vus à la lumière diffuse et l'observateur le dos tourné à la source lumineuse, les cheveux de cette catégorie paraissent presque noirs, dans les conditions inverses ils deviennent une auréole de métal flamboyant. Ce roux est le plus fréquent chez les métis. Le roux jaune est au contraire ethnique, on le trouve surtout chez les peuplades ougriennes d*Asie, et les Chinois ont décrit il y a deux mille ans les Ouîgours à cheveux jaunes.
Le type blond est caractérisé par l'insuffisance et la distribution régulière du pigment. Au reste, par l'ostéologie et les caractères généraux, il ne diffère en rien de l'autre type. Si la taille des Ostiaks jaunes est plus petite que la moyenne d*^wropéeuSj celle des roux Ecossais est parmi les plus grandes. L'indice céphalique des blonds et des roux oscille en moyenne autour de 74 ou 76 suivant les peuples, et Tétude du crâne ne donne aucun caractère différentiel d'une fixité suffisante. Prenez des lots de crânes germains, yankees, scythes ou suédois, pourvu que vous en ayez des nombres suffisants pour nover les cas individuels, les séries se ressembleront toutes. La coloration du type blond varie du blond foncé au gris de lin ; les cheveux des jeunes enfants sont parfois d'un blanc argenté. Toute teinte de jaune, de châtain, rattache le sujet à l'autre race.
L'étude des populations urbaines et de celle des Etats-Unis a montré que ces catégories sélectionnées associaient avec une remarquable fréquence l'indice faible d'Europasus avec une pigmentation plutôt forte. En d'autres termes, les indi ces sont plus dolichoïdes que chez les populations qui servent
de comparaison, et cependant la nigrescence est égale ou supérieure dans la plupart des cas. Elle devrait toujours être moindre. Pourquoi n'en est- il pas ainsi ? Beddoc. Ammon et beaucoup d'autres ont cherché l'explication de ce phénomène dans des causes très compliquées. De Tait, l'intervention des dolicho- bruns et des JuiTs augmente dans certains cas la nigrescence, tout en abaissant l'indice, mais ces éléments ne se rencontrent pas partout en quantité suffisante, et le Juif lui-même n'est pas régulièrement brun, ni dolichocéphale. J'ai été amené à me demander si le flavisme et l'érvlhrisme. caractéristiques d'Europasus , ne pouvaient pas disparaître d'une manière naturelle sans que les autres caractères physiques ou psychiques fussent altérés.
En somme^ si la dépigmentation est, comme nous le verrons bientôt, un phénomène semi-pathologique, un caractère nouveau acquis dans des conditions particulières, on comprend très bien qu'elle puisse en quelque sorte guérir, ou subir l'influence soit de l'atavisme, soit d'une variation nouvelle dans le sens de la coloration normale. Je me suis demandé par suite, si nombre d'individus de coloration plus ou moins foncée, mai<? Europœus par tous les autres caractères, n'étaient pas des Europœus guéris, ou une variété nigrescente en voie de formation. Cetle hypothèse n'est qu'une hypothèse, mais elle expliquerait aisément certains faits d'une étiologie fort obscure, et certainement elle est logique.
Que l'individu se défende en faisant de la pigmentation., c'est un phénomène bien connu de tous les biologistes. Il y a plus, nous voyons un phénomène analogue s'accomplir sous nos youx. Chez toutes les populations qui ont tant soit peu de sang Europœus. les enfants ne naissent généralement pas très bruns. Ils naissent plus ou moins blonds, puis ils foncent. Les statistiques scolaires sont 1res aFfirmatives, la proporlioQ
des blonds diminue dans toute l'Europe, et même dans les pays les plus blonds, des écoliers de 7 à 8 ans à ceux de 12 ou 14. de ceux-ci aux conscrits, puis h Tàge adulte. Cette nigrescence tardive s'observe facilement sur l'individu. Les cheveux de la première coupe, religieusement conservés par les bonnes mères, sont souvent un objet d'étonnement pour l'adulte. Chez les filles, la pointe de la natte est toujours d'une teinte plus claire. Quand les anthropologistes mettent des enfants en observation, leur premier acte est de couper une mèche des cheveux, et ils échantillonnent de nouveau chaque fois qu'ils répètent leurs mesures, ou tout au moins chaque année. C'est ainsi qu'ils se constituent la « gamme unique », c'est-à-dire une échelle de nuances provenant d'un même individu, exempte des défauts que présente la gamme ordinaire, faite avec des cheveux de provenance différente prélevés chez les marchands en gros spécialistes.
D'ordinaire on explique cette nigrescence tardive par l'influence des ancêtres bruns. Mais pourquoi l'inverse est-il si rare, pourquoi les ancêtres blonds ne viennent-ils pas blondir aussi souvent les enfants nés bruns ? C'est évidemment qu'une adaptation au milieu s'accomplit, que la cause ayant cessé d'agir, le milieu étant devenu différent, l'organisme tend à réagir, et retourne à l'état normal, mieux adapté aux conditions nouvelles.
Depuis quelques années l'élevage des chenilles dans des conditions extrêmes, par exemple de froid et de chaud, donne aux lépidoptéristes des variétés expérimentales fort curieuses, dont les unes existent dans la nature, les autres sont entièrement nouvelles, et ces variétés présentent un caractère marqué d'atavisme. Il en est de même dans les expériences de zoologie expérimentale pratiquées sur d'autres groupes d'animaux, et de même pour les plantes. Naudin signalait
récemment à la Société d'Acclimatation le fait plus curieux delà reconstitution par croisement de deux primulacées d'une forme qui n'est plus une primulacée, mais appartient à une autre famille, plus régulière et ancestrale I
L'influence de la vie absolument anormale des urbains el surtout des intellectuels ne produirait-elle pas des effets de même ordre, non seulement sur l'embryon en voie d'évolution, mais sur l'individu jeune, voire adulte ? S'il en était ainsi, Durand de Gros aurait encore passé bien près d'une importante vérité scientifique. Je ne crois pas à l'influence dolichocéphalisante de l'urbanisme, du moins sur l'individu sorti du sein maternel, mais je croirais volontiers à une influence sur la nigrescence. Les urbains, d'après des statistiques encore ambiguës, paraîtraient foncer plus rapidement et en plus grand nombre, toutes autres conditions égales.
Métis. — Européens s'est croisé avec toutes les races de la terre, et le nombre des formes métisses est théoriquement infini. Cependant nous ne distinguons en pratique pas plus d'une dizaine de combinaisons qui réussissent. L'influence des caractères forts de chaque race limite impérieusement le nombre des combinaisons.
Les métis à^Europs^us avec les races dolichocéphales sont harmoniques, dolichocéphales, leptoprosopes, lepto ou mésorhiniens. Les métis produits avec H. afer^ asiatictis * sont peu connus. Les premiers seraient cependant faciles à étudier aux Etats-Unis, aux Antilles, dans l'Afrique anglaise. Les métis
i. Chez certains roux d'Europe les cheveux sont gros, raides, d*un tiers moins nombreux pour une surface égale, & coupe moins elliptique. Ces caractères qui rappellent ceux des cheveux des races jaunes sont peut-être les indices d*un croisement dans ce sens.
Europsus meridionalis se trouvent en Espagne, dans TAmérique du Sud, les Antilles, dans une partie des Etats-Unis et même en Irlande et dans Touest de la Grande-Bretagne. Leurs caractères somatiques sont intermédiaires entre ceux des deux races parentes. La taille est moyenne, quelquefois grande, les formes crâniennes se rapprochent davantage du meridionalis , la couleur est moyenne, les cheveux d'ordinaire brun-clair dans les mélanges assis, parfois rutilants dans les unions de premier degré, les yeux variables. La psychologie des métis est d'ordinaire plutôt celle de la race inférieure. Les métis desm^ridionalis qui ne sont pas rares en Espagne n'empêchent pas ce pays d'être très inférieur à tous les autres états européens.
Les métis d'Europœus et de brachycéphales constituent la partie la plus nombreuse de la population de l'Europe. Ils en font au moins les deux tiers et présentent par suite une importance considérable.
Le croisement avec Alpinus donne des métis incohérents, de taille plutôt moyenne, de coloration intermédiaire, brunclair, châtain quand il y a du sang de la race rousse. Les yeux sont gris, verts, châtains, rarement bruns. L'influence d'Alpinus sur la couleur porte plutôt sur la peau et les cheveux, Europseus est prépondérant sur les yeux, la barbe. Le squelette est beaucoup plus voisin d' Alpinus, le crâne en particulier. L'indice est en moyenne de 82 ou 83, très rapproché par suite de celui d* Alpinus. L'influence d*Europœus s'exerce plus volontiers sur le visage et la partie antérieure du crâne. Les leptoprosopes dysharmoniques ne sont pas rares, mais cependant le visage tend plutôt à être court et large. Il en est de même pour le nez, qui prend souvent la forme concave, en pied de marmite. Les métis de cette catégorie constituent le fonds de la population française, ils se retrouvent dans les pays voisins, et s'étendent assez loin en Allemagne.
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Les métis de ùinarieus possèdent les qualités communes aux deux races parentes, ils sont grands, leptoprosopes, lep torhiniens. La couleur est celle du groupe précédent, mais le crâne est d'ordinaire plus brdcfajcéphale, tendant un peu plus vers la forme .4rre>^o/if£r.Cette race a la face massive, les orbites en saillie. Elle constitue le fonds de la population de l'Empire Austro-IIoagnùs, de l'Allemagne du Sud. Elle déborde largement sur la péninsule des Balkans et les provinces polonaises. On la retrouve dans tout Test de la France, le nord de l'Italie. Elle existe sur certains points de la Tunisie.
Ces métis, mélangés d'une plus forte proportion de sang EuropapiiSfSoui moins brach jcéphales, de coloration plus claire, de taille plus grande et d'un naturel plus rude encore. On les trouve en nombre dans le nord-ouest de l'Allemagne, en Da~ nemark, dans Touest des Iles Britanniques, où ils paraissent représenter la race préhistorique dite de Borreby. Le célèbre prince de Bismarck était un représentant remarquable de celte race.
On trouve abondamment en Russie une race de taille audessousde la moyenne( 1. 63-1. 6 iV modérément brachycéphale (82-83 sur le vivant), à face courte et nez droit ou concave. Cette race est blonde et elle a les yeux clairs. Comme elle se retrouve à l'étal sporadique dans TEurope centrale et occidentale, on s'est demandé si elle ne représentait pas la descendanre d'une race brach ycéphale, devenue blonde. Je ne révfKju»* pas en doute la possibilité que des brachycéphales soumis au régime qui a fait Europxus puissent aussi devenir blonds. Il est certain d*aulre part que nous trouvons dans les tomlieaux néolithiques du Danemark, outre Europœus et la race de Borreby, des brachycéphales très voisins des Lapons. II serait donc possible, en effet, que cette race descendit, soit de Laf>ons devenus blonds, soit de contractus, dont elle pos-
sède à peu près l'indice et les caractères faciaux. Un peu de sang Etiropœus aurait fait ]e reste. Je ne crois cependant pas à celle origine, et je verrais plutôt dans cette race le résultat d'un croisement entre celle des Lapons, H. hyperboreiis^ et YEuropœits, L'objection est qu'Etiropœus exerce plutôt son influence sur la taille, et que justement la race en question est plutôt petite, et qu'elle a la coloration d'Europœus. On oublie que Hyperboreus est une race très petite, 1"».50 seulement, et que par suite la taille de l°».63est encore plus près à! Europxus, mais surtout que ce croisement est intervenu dans des conditions différentes de celles que nous voyons en France. Les caractères forts A'Alpinm, couleur des cheveux et forme du crâne, ne sont peut-être pas aussi puissants chez Hyperboreus. Ceci est de la simple hypothèse, mais coquine Test pa<5, c'est que les métis ont été soumis dès l'origine à l'influence même qui a créé Europœus, et que par suite la tendance à la d^pigmentation, héritée d'un des auteurs, accusée par le climat, régularisée par la sélection, peut expliquer l'anomalie de la coloration.
Ces trois formes de métis, recroisées avec les autres races principales et entre elles, ont donné une infinité de variantes individuelles, mais qui toutes oscillent autour des trois formes principales. Elles ont toutes en commun ce caractère que les enfants missent presque toujours blonds ou châtain clair, rappelant ainsi l'ancêtre Europœus pendant une période plus ou moins longue, quand ils ne conservent pas toute leur vie ce caractère révélateur *.
\. Ce changement de couleur avait déjà préoccupé les anciens. Aristotc (Problematay XXXVII, 2), en cherche la cause : « Atà t£ oï yïjoxo-xovreç ttâ^zvTïooi ytvovT«£ ; "H ort Trâv o-i;7r6/Afvoy ^c^xvrtpov ycvf Tai ». Le même se demande (^ohUmata anecdota, II, 62), pourquoi la barbe est souvent pljs cliire que la chevelure, et non Tinverse : « Atà tî lùv Treiywv ytve-at
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