‹ L'Asclépieion d'Athènes d'après de récentes découvertes: d' après deChapitre 11 sur 40 · II. — Le zacore · texte numérisé non relu

II. — Le zacore

Au-dessous du prêtre , il y avait le zacore (Wxopoç). Le rôle de ce personnage, qu'on trouve dans différents cultes et qui s'appelle aussi uéocore ou nacore (2) , est fort mal connu. Il est probable qu'à l'origine , comme le mot l'indique , c'était simplement un serviteur chargé de balayer le temple , de l'entretenir, de le parer à de certains jours , bref, do s'acquitter de tous les ^fiis matériels incompatibles avec les devoirs plus relevés du prôtre (3). Telles étaient encore les fonctions du zacore au temps d'Aristophane. Dans le Plutus , on le voit s'occuper d'éteindre les lampes h l'heure où les suppliants , rassemblés dans le sanctuaire, vont s'endormir en attendant l'apparition du dieu (4). Plus tard, l'importance du zacore augmente. A l'époque ix)maine , ce n'est plus un domestique , c'est un véritable fonctionnaire , égal en dignité au prêtre, et dont le nom sert à dater les offrandes (5). Il consacre lui-même des ex-voto à Asclépios et à Hygieia (6) ; il compose ou fait composer en leur honneur des hymnes de recon-

(1) Aristide, I, p. 521, éâ. Dindorf. Leipzig, 1829. cite un prôtre d'AscIdpios, èç' où ta TToUà xal (jLeTaXa w; èTWveavôjjLeOa èx^ipoupYTicev 6 0eô; xai iati Zii âv6o- Çérato; Tôv \U)(j^t toutov.

(2) Dans les inscriptions d'Athènes , on ne trouve que le mot (dxopoc , mais vecoxopo; se rencontre dans d'autres inscriptions relatives à Asclépios et dans les textes.

(3) Voir Etymologicum magnum, au mot Caxopoç.

(4) Plutus, V. 668 :

... cdcôè Tovc Xuxvouc &iroa6É90(c i^|iïv 'KOL^riyytù.ty xaOewfieiv toû ©eoiO 6 icpôicoXo; , elir&)v, ^v ti; at<TOriTat 4'090\i, viyâv, &]tQcvte; xoa^Cb); xatexeC|&e9a.

Cf. le scoliaste, au vers 670 : à vea>x6poc.

(5) Voir 'Ae^vatov, V. p. 418, n. 9; VI, p. 373, n. 7; C. 1. i., III, l, iddenda et eorrigenda, 68».

(6) C. /. i.. III. 1, 102.

28 l'asglépieion d'athènes.

naissance (1) ; il répare leur temple à ses frais (2) ; l'Aréopage et le Conseil des Cinq-Cents ou des Six-Cents lui élèvent des hermës (3). A ce moment , le temps pendant lequel le zacore restait en charge ne nous est pas connu : d'après les inscriptions , il aurait été nommé pour un an (4). Peut-être , à une certaine époque , fut-il zacore à vie ; peut-être aussi y eut-il plus d'un zacore (5). Ces fonctions étaient, dans tous les cas, fort recherchées et n'avaient plus rien de commun avec les humbles occupations auxquelles fait allusion le texte d'Aristophane.

Les documents épigraphiques ne nous fournissent aucun renseignement sur la place que tenait le zacore dans le culte d'Asdépios. Quelques passages d'Aristide feraient croire qu'il y jouait un rôle considérable : c'est lui , semble-t-il , qui avait directement affaire aux malades. Quand Aristide se rend dans le temple d'Asclépios , à Smyrne ou à Pergame , c'est pÇesque^toujours au zacore ou néocore qu'il commence par s'adresser ; c'est avec lui qu'il entre en relation : le zacor^ lui fait part de ses songes , Aristide lui communique les siâns , et tous deux devisent sur le sens de ces mystérieux avertissements de la divinité (6). Un jour, le dieu ayant prescrit à Aristide d'abondantes sSigneès , c'est devant les néocores que l'opération a lieu ; peut-être y pren-^ nent-ils part ; au moins tous y assistent et confessent que jamais, avant Aristide, ils n'ont vu tir^r autant de sang à personne, si ce n'est à un certain Ischyron (7). L'historien Hippys, dont nous ne possédons que quelques courts fragments , raconte l'anecdote suivante : « Une femme avait le^tenia , et les médecins désespéraient de la guérir. Elle se •rendit à Epidaure et supplia le |dieu de la délivrer du mal qu'elle portait en elle. Asclépios ne lui apparut pas. Cependant, les zacores couchent la pauvre créature dans le lieu où le dieu avait coutume de secourir ceux qui ve-

(1) Xe^vatov, VI, p. 141. n. 23.

(2) md., VI, p, 146, n. 26. p. 373, q. 7; C. /. i.. III , 1. Addenda et corngendùt 68*.

(3) 'AOVjvaiov, V, p. 323, n. l et 2 ; C. 1. À., III. 1, 780.

(4) Voir par exemple l'inscription de T'Aô^^vaiov. V, p, 323, n. 1 : Kat* éfrep(OTy)ti^ xi); pouXfjc Tt5v O', XapiTcova Neixiou Mapaôtoviov. CaxopeOaacvta 'A(txXt)- KtoiJ xal TysCa^ iv tû (sic) im Ilo{i:rTiioi> 'AXe^àvSpou àpxovTo; èvtautâi.

(5) Aristide, I, p. 473, parle de deux zacores ou néocores attachés à l'Asclépieion de Smyrne : ^iXàdsXço; , Tb>v vecoxoptav ârefoc Cf. Hippys , Fragmenta historicorum grxcorum, éd. Didot, il, p. 15, 8.

(6) Aristide, I. p. 473.

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