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ments de matelots qui ravaicnt imploré pendant la tcmpCto et qull avait secourus. Voici une de ces inscriptions : Eùy«ptffTou|xcv TCO ['Affx]Xr,:rtto ol Iv tô fietXr,[ffiaxio rÀot'w (?), 'Hp]xxAEiû[y,; K^aXxeu; (1). Elle est incomplète , mais la restitution de M. Stéphanos est très vraisemblable; le sens de la dédicace n'est d^ailleurs pas douteux. En voici une autre analogue : EO/xpiçToyuev ôso» 'ATxXy^rtw nauX[o]ç x[ai] AiavT[i];, 'HpaxXeter.ç , Neixwv (2). D'autres monuments épigraphiyues, également trouvés dans Tile, paraissent dus à des navigateurs qui, avant de prendre la mer, avaici^t demandé à Asclépios de leur accorder une heureuse traversée ; celui-ci , par e.xemi»le : 'A<jxXyi7«à luyoLy [awaov Eu]Tu/y)....àYvaç (3). Ari*^tide raconte qu'un jour, se rendant à Chio, le navire à bord duquel il avait pris passage fut assailli , à la hauteur des îles Drymousa et Pelé , par un violent ouragan. Des vagues énormes soulèvent le vaisseau, que le courant entraîne vers la pleine mer; l'équipage s'agite et perd la tête; les passagers crient. Lui, cependant, invoque Asclépios : "^Û 'AaxXr;zt£, dit-il, et aussitôt le vent tombe, la. mer se calme ; ce seul mot a suffi pour assurer le salut du navire et de ceux qu'il porte (4). Souvent, quand la mer était mauvaise, le dieu se montrait lui-même aux navigateurs et leur tendait une main secourable. Plusieurs, dit Aristide, l'ont vu et ont été sauvés ainsi du naufrage (5).
Cette conception d'un Asclépios préservateur expliquerait assez bien , semble-t-il , un bas-relief , malheureusement fort incomplet, découvert parmi les ruines de l'Asclépicion. On y voit Asclépios debout, la main droite sur la hanche; derrière lui, une femme drapée , laso peut-être , ou Panakeia , pose la main gauche sur l'épaule droite du dieu, tandis que de la main droite pendante elle tient une situla; près d'elle, une autre femme, dont la tête et le buste ont disparu , lui saisit le bras. Devant les trois divinités comparaît un suppliant coiffé d'un pilos et vêtu d'une tunique courte; il a la main droite levée , suivant la coutume, en signe d'adoration.; derrière lui, on aperçoit les naseaux d'un cheval dont le corps n'existe jikis, toute la partie droite du basrelief ayant été brisée. Une inscription était gravée sur deux
(1) K. Stéphanos, 'EntYpaçat tîic vifjffow Svpov, Athènes, 1875, p. 80, n. 33.
(2) Id., ibid., p. 80, n. 34. Cf. n. 35.
(3) W., ihid., p. 79, n. 31. Cf. n. 30.
(4) Aristide, I, p. 468. ^
(5) Id.. I, p. 68.
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lignes dans le champ do la scène» au-dessus de la tôte du sup« pliant : il n'en reste plus que quelques lettres , qui ne donnent aucun sens (1). On sait, et nous aurons plus loin l'occasion d'y revenir, toutes les difficultés que présente l'interprétation du cheval. Peut-être sur ce marbre sa présence est-elle tout simplement une allusion à quelque voyage que le personnage au pilos et à la tunique courte se prépare à entrependre , et pour l'heureuse issue duquel il vient invoquer Asclépios. Peut-être aussi ce personnage , revenu dans ses foyers , exprime-t-il au dieu sa reconnaissance pour la protection qu'il lui a accordée.
Mais où cette croyance à un Asclépios tutélaire éclate avec le plus de force, c'est dans les Discours sacrés et quelques autres opuscules du rhéteur Aristide. On connaît l'histoire de ce célèbre malade (2). Poursuivi pendant dix-sept ans par un mal dont la nature nous échappe, mais qui paraît lui avoir causé de terribles souffrances, il avait mis toute sa confiance dans le dieu guérisseur, et c*est pour reconnaître les bienfaits d'Asclépios qu'il composa les six discours qui nous sont parvenus sous le titre de "Icpcov Xoyoï. C'est une biographie indigeste où il est difficile de démêler la suite des divers événements de la vie de l'auteur. Aristide, esprit confus , écrivain sans talent ^ est obscur et ennuyeux à lire. Il se dégage pourtant de ce fatras un sentiment qui sert de lien à toutes les parties de l'ouvrage : c'est une sorte d'amour mystique pour Asclépios , pour le dieu sauveur à qui le rhéteur doit la vie. Ce ne sont que récits de songes dans lesquels le dieu , apparaissant à Aristide, lui a donné de salutaires oi*donnances, que descriptions de traitements suivis, d'actes pieux accomplis pour remercier Asclépios ou solliciter de lui de nouvelles faveurs. Partout se trahit une imagination frappée , un esprit malade , obsédé par la préoccupation du merveilleux , du surnaturel , ardent à croire , avide de miracles , prompt à la prière , plein d'attendrissements pieux et d'enthousiasmes reconnaissants pour le héros guérisseur , dispensateur de tous les biens. Il serait trop long de citer tous les passages où se manifeste particulièrement cette dévotion singulière ; les Discours sacrés sont d'ailleurs, nous venons de le dire ,
(1) BuU. de corr. hellén., I, p. 161, n. 23; Von Duhn, Mitth. d. d. arch. Inst. in Àthen, II, p. 214 et suiv., pi. XIV.
(2) Voir sur Aristide : Philostrate, Vies des sophistes, II , 9 ; J. MassQD, Col*
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un tissu de récits fades sur lesquels il serait fastidieux dlnsîstep. Quelques exemples suffiront. Voici le songe que le néocore Philadelphos conta un jour à Aristide , qui venait d'en avoir un à peu près semblable : « Philadelphos , autant qu'il m'en souvient, crut voir dans le théâtre sacré une grande foule d'hommes vêtus de blanc , venus là pour adorer le dieu ; debout au milieu d'eux, jç discourais et faisais l'éloge d'Âsclépios , disant , entre autres choses, comment plus d'une fois, par dos moyens divers, il avait éloigné de moi la mort , et tout récemment encore , en m'ordonnant de boire de l'absinthe mêlée de vinaigre ; je ne m'étais point fait prier. Il parlait aussi , je crois , de je ne sais quel escalier sacré , d'une apparition et de la puissance merveilleuse du dieu. Tel est le songe de Philadelphos ; quant à moi, voici ce qui m'arriva. Je me voyais sous les propylées du temple au milieu d'une grande foule , comme les jours où Ton purifie le sanctuaire; les assistants étaient vêtus de blanc; tout était en rapport avec la solennité qui allait s'accomplir. Alors j'adressai un discours au dieu , et , entre autres noms , je lui donnai celui d'arbitre de la destinée, parce que c'est lui qui règle la destinée des hommes. Je puisais l'éloquence dans le souvenir de mes propres aventures. Ensuite, il fut question de l'absinthe, je ne sais trop comment, mais il en fut question en termes fort clairs , ainsi que de mille autres choses où se révélait manifestement la protection du dieu. Il me semblait le toucher et sentir qu'il était là en personne; j'étais entre la veille et le sommeil ; je voulais voir , mais je craignais que l'image ne disparût; je xjrctais l'oreille et j'entendais , moitié rêvant , moitié voyant ; mes cheveux étaient droits sur ma tête , et je pleurais de joie, rempli d'un doux orgueil. Quel mortel rendrait par la parole toutes ces impressions? Seuls, les initiés sont capables de les connaître et de les comprendre (1). »
On voit ce que c'est que cette foi et les transports qu'elle fait naître. Un jour, dans un de ces entretiens intimes qu'Aristide avait souvent avec le dieu , Asclépios lui ayant demandé de con-. sacrer dans son temple un trépied d'argent, cette grave aflaire devient pour le pieux rhéteur une nouvelle cause d'exaltation. Quelle dédicace inscrire sur ce trépied ? Quelle épigraphe y faire graver, digne de lui-même et du dieu ? « Le jour où devait avoir lieu la consécration , ce jour-là même , à ce qu'il me semble , ou peu de temps auparavant , vers l'aurore ou un peu plus tôt , une épigraphe divine me fut suggérée; elle était ainsi conçue : Illus-
(i) Aristide» I, p. 473 et suiv.
tre entre les Grecs, Aristide a consacré ce trépied, lui le glorieux compositeur de discours éternels. Je me voyais gravant sur mon offrande cette inscription et consacrant le tout à Zcus. Aussitôt , je m-efforçai de garder dans ma mémoire cette épigraphe , me réjouissant dans mon sommeil et tout en m'éveillant , la méditant et la répétant , afin qu'elle ne pût m'échapper ; je parvins ainsi à la retenir. Nous délibérâmes alors en commun , le prêtre , les néocores et moi , et résolûmes de consacrer le trépied dans le sanctuaire de Zeus Asclépios ; il n'y avait pas d'endroit préférable. C'est ainsi que mon rêve se réalisa (I). »
Cette dévotion enthousiaste au dieu de la médecine n'apparaît pas seulement dans les Discours sacrés. On la retrouve dans divers autres écrits composés en l'honneur d'Asclépios et de ses enfants. Aristide avait fait l'éloge du dieu dans un opuscule intitulé AaXti ilç 'AdxXrjTrtov; il avait chanté en prose, dans un discours ayant pour titre 'AaxXirïrtaoai, les Asclépiades Podalire et Machaon , Hygieia , laso , Panakeia , etc. Un autre de ses ouvrages, EU fo <ffi(tf Tou *A<rx^Yi:ttou, cst un panégyrique ampoulé de la source sacrée d'Asclépios. Là, comme dans les 'lepcov Xoyoi, se manifestent une foi vive, un mysticisme ardent; mais ce ne sont plus des songes et des miracles :quo l'auteur place sous nos yeux , ce sont les qualités du dieu qu'il exalte dans un langage plein d'emphase. « Asclépios, possédant la toute-puissance, a voulu, dit-il, faire aux hommes du bien de toutes les manières en donnant à chacun ce qui lui convient. Le plus grand et le plus universel de ses bienfaits est d'avoir assuré l'immortalité de notre race par la succession des êtres , d'avoir institué le mariage et la procréation , et fait en sorte que les aliments , en s'introduisant dans le corps et en s'y répandant, y entretinssent la santé. A chaque homme en particulier, il a donné des arts, des professions et dos genres de vie variés ; à tous , sorte do remède commun, il a imposé le travail et l'action, s'en servant pour conserver la vigueur dans les cori^s. Ouvrant à tous son sanctuaire, il s'est fait un devoir de s'ingénier nuit et jour, pour satisfaire ceux qui lui demandent ou qui lui demanderont son assistance (2). » Voilà le dieu médecin transformé en une sorte de grand démiurge occupé à surveiller la marche du monde et travaillant sans relâche au bonheur des mortels. Aristide le dit en propres termes : « C'est lui qui conduit et qui règle tout ; c'est le sauveur de toute chose
(1) Aristide, I, p. 516.
(2) Id., 1, p. 65.
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elle gardien des immortels (1). » C'est aussi le plus humain et le plus philanthrope des dieux , Ocîuv 6 irpaoTaToç xal (piXavdpoMcoToe-
Il y a loin de là , comme on le voit , à la piété toute simple de l'Athénien du quatrième siècle, qui ne demandait à Asclépios que la santé et qui, guéri, consacrait dans le sanctuaire son humble offrande avec ces mots : 'I-nTroQêpirr.ç 'A<TxXr,7:ttoi{3). Au temps d'Aristide , les choses étaient bien changées. La foule , superstitieuse et passionnée , voulait une religion théâtrale où dominât le merveilleux; les mystères orientaux, si goûtés déjà au quatrième et au troisième siècle avant notre ère, avaient auprès d'elle un immense succès. Quelques esiirits cultivés cherchaient d'aulre part, dans une foi vive en un dieu unique, dans une dévotion spéciale à l'une des nombreuses figures du vieux panthéon grec , un remède contre cette inultiiJicilé d'obligations, contre cet éparpillement de devoirs que le pai:anisme imposait aux croyants. Le culte d' Asclépios était de nature à satisfaire ce double besoin. Avec ses miracles , le dieu guérisseur séduisait la multitude ; c'était l'époque où le faux prophète Alexandre attirait à lui tout un peuple de crédules en lui montrant Asclépios sous la figure d'un serpent (4). Les délicats, de leur côté, voyaient dans le dieu médecin la personnification de leur idéal. Asclépios n'était-il pas au nombre de ces divinités chevaleresques, que d'antiques légendes représentaient comme ayant souffert pour l'humanité? Foudroyé par Zeus pour avoir trouvé le moyen de ressusciter les morts, il avait, comme Prométhée, payé cher son dévouement aux hommes (5). Ce dieu, victime do sa pliilanthro[)ie, 4tait bien fait pour inspirer l'amour. On le consultait en toute circonstance, et bien des gens, grâce à ses sages avis, rétablissaient leurs affaires (0). C'était un conseiller, pj-esque un directeur do conscience.,
(1) Ârifetlde, I, p. 64 : OOto; I96' 6 ta frzv ôc^bi^ xaî véfuov <T»Ti^p Tt5v SXtdv xai ç'jXaÇ xûv àOavdTcov.
(2) Id., l, p. 409. Cf. répiUiète de <I>i>.ô).ao;, donnce à Asclépios par les habi* tants d'Asôpos, en Laconie, Pausaiiias, III, 22, 9.
(3) 'AÔT^vaiov, V, p. 415, n. 2.
(4) Lucien, Alexandre ou le faux prophète, XIII et suiv.
(5) Diodore de Sicile, IV, 71; Philostrate, Héroïque ^ XI, 1 ; Apollodore, III ,. 4.
(6) Voir Aristide, I, p. 68 : "Exepoi Ôé yt çriaovffiv w; ^cpayiiaTa àrra xaicàpO^»aav v7:o0iQxaic àxoXouOr.Tavxe; xov OsoO. Cf. un peu plus bas : So^iirjiaxa irvxxtxà îTuxx^ xivi xwv if 'i?i|iûv iYxaOs'jSovTi 'TrpoeiireTv léyz'zaLi xàv 0eôv • ol; fôei xpv)<rà- (levov xaxaêaXetv xtva tûv iràvu /.«{iitfûv àvxaYtoviTrâv. MaOï^fiata $è ft\iX^ ye-xal
auquel on soumettait toutes les diffic soudre » un confident de tous les insi lateur.
ToTc iroct^ ta YP^f-l^kaTa.