I. — Les revenus du temple
Les fragments déjà cités des comptes de l’orateur Lycurgue sont presque les seuls textes que nous ayons sur les revenus de l’Asclépieion (2). Il y est dit, comme on l’a vu, que la vente des peaux des victimes sacrifiées le jour des Asclépieia produisait chaque année une somme considérable , beaucoup plus faible
(lj Voir Homolle, Bull, de corr. hellén., II, p. 570 et suiv.
(2) C. I. G., 157 -, Rangabé , Antiquités helléniques, 842. — Voir plus haut , p. 32 et 50.
ADMINISTRATION DU SANCTUAIRE
pourtant que les sommes fournies par les sacrifices offerts durant les Dionysies urbaines ou d’autres fêtes plus célèbres. C’était donc un des revenus de l’Asclépieion que ces peaux des animaux égorgés pendant les solennités publiques : vendues par les soins des îepoitoiot, elles constituaient pour l’Etat une partie du revenu appelé Sepp.axixov.
Une autre inscription, mais de l’époque romaine, signale, sans entrer dans aucun détail, des -repoaoSot du dieu. C’est une dédicace ainsi conçue : « Dioteimos étant archonte, Théodôros, du dème d’Hestiaia, devenu prêtre d’Asclépios et d’Hygieia, a consacré (cet objet) des revenus du dieu (1). » Qu’était-ce que ces revenus? Nous n’en savons rien. Toujours est-il que l’Asclépieion avait ses revenus particuliers et que , dans certains cas , le prêtre , à l’aide de ces ressources , faisait au dieu une offrande.
Nous ignorons si les cures nombreuses qui s’opéraient dans le sanctuaire étaient une source de bénéfices pour le temple et pour ses ministres. Il est probable que tous les soins donnés aux malades étaient gratuits. Peut-être certains médicaments étaientils vendus par les zacores ou par les employés subalternes , mais rien ne l’indique. La seule manière de s’acquitter était de consacrer au dieu un ex-voto d’une valeur plus ou moins grande, suivant la fortune qu’on possédait ou le degré de reconnaissance qu’on tenait à manifester. Des pièces de monnaie figurent bien dans les inventaires de l’Asclépieion , mais elles sont là, comme le reste, à titre d’offrandes, de même que ces pièces d’or ou d’argent que les suppliants guéris jetaient en s’en allant dans la fontaine d’Amphiaraos (2). Les véritables richesses du temple étaient les dons de diverse nature dont la reconnaissance des particuliers couvrait les parois intérieures de la chapelle d’Asclépieos et d’Hygieia : c’étaient ces dons qui formaient le plus beau revenu de l’Asclépieion.
Quant aux dépenses faites pour modifier l’aspect du sanctuaire , élever des édifices nouveaux, réparer les anciennes constructions, etc., nous avons vu que la plupart du temps, c’étaient les particuliers qui s’en chargeaient, rarement l’Etat. Dansledernier cas, sur quels fonds étaient prises les sommes nécessaires ? qui conduisait les travaux? qui en était responsable? Nous n’avons
(1) ’A0rjv aïov, "V, p. 419, n. 10 : ’EtcI Aiotu|ao[v âpJxovTO; (mot gratté), 0e6- Siopoç 'Ea[Ti]ai60£v, lepeùç [yelvop-evo; ’Ao-s[xXYi]7ttov xai 'Tyelap], èv. tüv toO 0s[où] TrpotJoSwfv] àvÉ0Y]X£[v].
(2) Pausanias, I, 34, 4.
l’asclépieion d’athènes.
là-dessus aucun renseignement. La même obscurité enveloppe toutes les questions d’économie intérieure, telles que l’entretien du temple, le salaire des fonctionnaires sacrés, etc.