‹ L'Asepsie IntestinaleChapitre 17 sur 30 · LES ANTISEPTIQUES · texte numérisé non relu

LES ANTISEPTIQUES

M. Bouchard a ainsi formulé au congrès de Copenhague les principes de l’antisepsie intestinale: « L’antiseptique doit être insoluble afin que n’étant pas graduellement absorbé dans son parcours il puisse exercer son action dans toute la longueur de l'intestin jusqu’à l’anus. Il doit être en poudre ténue afin que la multiplicité de ses particules lui permette d’être en contact avec toute la surface de la muqueuse et toute l’épaisseur du contenu. Il doit être administré à doses fractionnées et souvent répétées pour que malgré les mouvements péristaltiques de l'intestin, qui font sans cesse cheminer son contenu, il y ait toujours une certaine quantité de Ja substance antiseptique dans tous les points. » Un certain nombre d’aqents remplissant ces conditions ont été expérimentés par M. Bouchard: le charbon végétal, le salicylate de bismuth, l’iodoforme, la naphtaline, les naphtols « et 6,

l’acide oxynaphtoïque, l’iodol, le salol, le calomel, le sul-

fure noir de mercure. Le cadre de cet ouvrage est {rop

En Le deR

restreint pour que nous puissions parler de tous ces corps. Nous n’en étudierons que quelques-uns en nous

bornant à leur action sur les microbes de l'intestin.

S 1. — Le calomel.

Le calomel donne d’excellents résultats chez le chien et semble réaliser pour cet animal le meilleur antiseptique intestinal. Il réussit encore chez l’enfant dans les diverses diarrhées, Mais il faut se demander ici sil n’agit pas plutôt comme purgatif. En tout cas c’est à coup sûr de cette façon qu'il agit chez l'adulte. C’est donc moins un microbicide qu'un évacuant ; aussi le retrouverons-nous plus tard quand nous parlerons des purgatifs, moyens

mécaniques de l’asepsie intestinale.

$ 2. — Le salicylate de bismutk.

Le salicylate de bismuth a été employé pour la première fois par Vulpian. Il a été repris par M. Bouchard qui le considérait surtout comme témoin de lantisepsie obtenue. En eflet ce sel ne peut être décomposé que s’il existe dans lintestin de l’acide sulfhydrique, déplaçant l’acide salicylique et formant un sulfure noir de bismuth. « Si l’on emploie un autre antiseptique avec le salicylate de .bismuth il montre queles putréfactions sont vaincues, quand il cehede colorer les matières et quand on cesse de trouver l'acide salicylique dans les urines ». M, Devoto de Gênes, donne au bismuthun rôle plus actif. D’après lui

l'administration de ce médicament amènerait chez des

Re —

sujets alimentés surtout de substances albuminoïdes, une grande diminution de l’acide sulfurique combiné et une disparition presque totale de l’indican. Malgré la cessation du péristaltisme les putréfactions intestinales sont donc

considérablement affaiblies.

$ 3. — Le naphtol f.

C’est pour M. Le Gendre « le plus antiseptique et le moins toxique » de tousles antiseptiques intestinaux. C’est l’antiseptique « de prédilection » de M. Bouchard, qui larecommandé à la Société clinique de Paris en octobre 1897. Tous les méfaits : hémoglobinurie, convulsions éclamptiques, coma, dont on a accusé le napthol Gsontinexacts, puisque M. Bouchard n’a pu obtenir la mort d'animaux mis enexpérience par l'administration de doses énormes 3 grammes, 50 par kilogramme d'animal. Cependant dès que cette substance est solubilisée elle devient très toxique : une injection sous cette forme de 0 g. 03 par kilogramme d'animal amène la mort. De même l’ingestion d’une solution de naphtol & est toxique à la dose de 0 gr. 40 par kilog. Il faudrait donc qu’un homme de poids moyen absorbât 25 grammes de cette solution pour être intoxiqué.. : Comme onle voit c’est là un chiffre dix fois supérieur aux doses employées qui restentinoffensives même si le naphtol était entièrement dissous.

En pratique le naptol 6 est en grande partie rejeté avec les fèces tandis qu'une petite proportion est absor-

bée puis éliminée par les reins. Une petite quantité se

Se

dissout déjà dans le suc gastrique et exerce son influence sur le contenu stomacal,

Sous l’action du naphtol odeur des matières disparaît, leur couleur devient verte biliaire et aucun phénomène fâcheux n’accompagne ces bons. effets. Aussi M. Bouchard le préconise-t-il non seulement comme antiseptique mais encore comme antitoxique quand le foie ou le rein sont

insuffisants.

$ 4 — Le benzo-naphtol.

Au contraire du naphtol qui contribuait par sa légère solubilité dans le suc gastrique à l’antisepsie stomacale, le benzo-naphtol ne se décompose que dans l'intestin en acide benzoïque et naphtol $. C’est un antiseptique uniquement intestinal.

M. Gilbert pour préciser cette action a étudié la toxi-

. cité urinaire chez des sujets avant et après les avoir sou-

mis au benzo-naphtol. k « À l’état normal, dit-il, le coefficient urotoxique (1)est 0 gr. 464. Chez notre malade dont le poids s'élevait à

74 kilogrammmes ce coefficient a été successivement de

-0 gr. 812, 0 gr. 945, 0 gr. 760 avant l’emploi du benzo-

naphtol. Il atteignait ainsi en moyennele chiffre 0 gr. 839.

En d’autres termes à un kilogramme de notre malade

4, L'urotoxie ou unité de toxicité étant la quantité de poison nécessaire pour tuer un kilogramme de lapin, on appelera coefficient urotoxique d’un individu, le nombre d’urotoxies que un kilogramme de son poids fabrique en 24 heures.

Dardelin ; 4

correspondait une quantité de poison urinaire presque double de la quantité normale.

L’antisepsie intestinale par le benzo-naphtol a fait tomber le coefficient uro-toxique à 0 gr. 528 et O0 gr. 605, en moyenne à 0 gr. 566 ; le réduisant ainsi du tiers environ et le rapprochant par conséquent du coefficient physiologique. »

Tout récemment M. Gilbert est revenu sur cette question, en étudiant par des numérations successives, l’action du benzo-naphtol sur le microbisme intestinal. Voici la communication qu'il a faite sur ce sujet avec M. Galbrun,

à la société de Biologie à la séance du 7 mai 1898:

« Nous avons étudié l’action antiseptique du benzonaphtol sur les fèces d’un adulte sain soumis à une alimentation mixte régulière. |

Cette expérience dont les résultats sont consignés dans le tableau ci après, a duré pendant 37 jours. Elle a compris 5 périodes distinctes:

1° Une période de 3 jours pour établir une moyenne du microbisme fécal normal de notre sujet;

2° Une période de 10 jours, pendant laquelle notre sujeta pris 3 gr. 50 de benzo-naphtol par 24 heures, divisés en 7 cachets : un cachet avant et après chaque repas et le 7°n° à 10 heures dusoir ;

3 Une période de 14 jours de repos pendant laquelle nous avons continué la numération pour st une Pers

moyenne d'élimination normale.

4 Une 2°%* période de 10 jours pendant ER notre sujet a pris 4 grammes de benzo-naphtol par 24 heures di-

EC visés également en 7 cachets pris comme dans la Den, période.

5° Une dernière période de 18 jours, pour établir une troisième moyenne d'élimination normale.

Dans chaque période nous avons fait les moyennes du nombre de microbes éliminés tant par milligramme de matière fécale que pour le ‘poids total des fèces de 24 heures,

Dans ces moyennes, nous avons toujours compris les deux premiers jours de la période suivante, l'expérience nous ayant démontré que 48 heures étaient au moins nécessaires pour assurer la digestion complète et l’évaeuation des aliments ingérés.

Les cultures servant à ces numérations ont été faites selon le même mode que celles de MM. Gilbert et Dominici, et toutes nos prises d'essai ont été prélevées au milieu du bol fécal. |

En considérant la grande variation journalière dans le nombre des microbes contenus dans un milligramme de matières ou éliminés dans les 24 heures, on constate aisément l'utilité d’une expérience de longue durée et la possibilité de ne pouvoir tirer des conclusions sérieuses

que sur les moyennnes de ces nombres. Ce sont ces

moyennes que nous avons envisagées.

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Nombre des microbes par milligramme

, Moyenne par

Nombre total 24 heures

des microbes par 24 heures

Moyenne par mme

44.300 4.208.500. 000 - 7.900 28.280 671.500 .000 = 38.100, 2.857.500. ce F 006. 800.000

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