‹ L'Asepsie IntestinaleChapitre 27 sur 30 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

L’asepsie intestinale dansla thérapeutique des maladies.

Nous n’avons pas la prétention de donner la liste complète des maladies où la réalisation de l’asepsie intestinale est utile. Nous ne signalerons que les principales en nous arrêtant sur les moyens paraissant le mieux convenir à chacune d’elles.

Maladies de l'intestin. — Le cancer intestinal, l’ulcère du duodenum tirent de grands bénéfices de l’asepsie intestinale; eneffetleurs surfaces ulcérées résorbent facilement les toxines, permettent même l’entrée de certains microbes dans le torrent circulatoire et peuvent être le point de départ d'accidents pyohémiques. De plus les bactéries en péné-

trant dans les cavités de l’ulcère, en empêchent la cica-

trisation par linflammation qu'ils produisent. Le régime

lacté est ici indiqué.

La dysentérie sera traitée par un purgatif, l’ipéca à la

brésilienne par exemple, amenant une asepsie immédiate,

maintenue ensuite par le régime lacté et les lavages du gros intestin.

Les entérites aiguës et chroniques chez l’adulte sont justiciables de la même médication. Nous avons vu que chez l'enfant on pouvait y joindre l’entéroclyse et surtout la diète hydrique.

L’entérite tuberculeuse relève du régime lacté.

Maladies du foie. — Les malades atteints d’ictères catarrhal et grave doivent être maintenus dans un état d’asepsie intestinal aussi complet que possible. En plus du régime lacté on aura recours aux lavages froids; le péristaltisme énergique qu'ils excitent, amène de véritables chasses biliaires qui ont vite raison des bouchons muqueux obstruant les canaux excréteurs.

La lithiase biliaire outre qu’elle demande le régime lacté pendant les coliques hépatiques, devra être traitée à un point de vue prophylactique par l’asepsie intestinale. L’origine primilivement microbienne des calculs biliaires paraît en effet de plus en plus démontrée.

La congestion du foie, les cirrhoses, la dégénérescence graisseuse, le cancer, les hépatites et les abcès, la tuberculose et la syphilis, en un mot toutes les affections amenant l'insuffisance hépatique réclament l'asespsie intestinale. En effet, dans ces diverses maladies, le foie ne peut plus remplir son rôle antitoxique et l’asespsie intestinale le soulage à propos, en ne lui amenant par la circulation porte qu’un minimum de poisons. Le régime lacté plus que tout autre moyen est donc ici indiqué puisqué le lait ne renferme presque pas de principes toxiques et qu’il dimi-

nue les toxines microbiennes par sa vertu aseptisante.

Maladies des reins. — Dans les néphrites aiguës et chroniques et les autres lésions pathologiques qui amènent linsuffisance rénale, l’asepsie intestinale est nécessaire. Le rein ne pouvant plus éliminer les poisons de l’organisme il faut essayer de tarir la source de ces poisons venant : {° des ingesta; 2 des produits de désassi-

milation des glandes, des déchets produits. par le

travail des muscles et des organes; 3° des microbes habitant les cavités naturelles surtout le tube digestif. En même

temps qu’on donnera seulement des aliments

purs comme le lait, il faudra donc réaliser l’asepsie de liñtestin. On y parviendra par les purgations et les lave-

ments suivis du régime lacté.

Maladies de l’appareil circulatoire. — L’artério-sclé-

rose, parce qu’elle s’accompagne de sclérose rénale,

retire comme le brightisme les plus grands bienfaits de l’asepsie intestinale. Plus on se rapprochera de cette asepsie, plus longues seront lesrémissions de la dyspnée toxi-alimentaire dans les cardiopathies artérielles. Pour en comprendre la raison il suffit de se souvenir du mot déjà cité de M. Huchard : « . ee alimentaire est un

poison vaso-constricteur. »

Maladies du système nerveux. — La constipation des hystériques et des aliénés amène une résorption considérable de toxines qui ne sont pas sans action sur les centres nerveux ; on le comprend, les troubles cérébraux doivent s’en accentuer. En fait la toxicité des urines des vésaniques diminue par le régime lacté et chez quelquesuns la conscience semble se réveiller. Les diarrhées des

myélites sont amendées, elles aussi, par le régime lacté,

pu se TE

Maladies générales dyscrasiques. — Malgré les obscurités enveloppant encore les causes des dyscrasies, il n’est pas douteux que l’on tend à les rattacher de plus en plus aux intoxications proprement dites, à en faire des auto-intoxications. Il est donc naturel que dans le diabète, l'obésité, la goutte, l’on cherche à supprimer l’une des sources des poisons endogènes : les fermentations microbiennes. De plus les accès de goutte s’accompagnant toujours de symptômes d’embarras gastrique on devra recourir à la diète lactée, aux lavements et même

aux purgatifs.

Maladies infectieuses fébriles. — Dans toutes les maladies infectieuses fébriles, depuis la pneumonie jusqu’à la fièvre typhoïde, on doit se préoccuper de la dépuration intestinale. Dans le rhumatisme articulaire aigu, par exemple, le praticien, loin de se contenter de lutter contre l’agentinfectieux au moyen du salicylate de soude, devra exonérer lintestin. Il empêchera ainsi les toxines stercorales d'ajouter leur funeste action à celle de l’infection primitive. Les fébricitants, en effet, forcés au régime

lacté et au repos au lit, sont pour la plupart des candi- dats à la constipation. Les lavages quotidiens du gros intestin sont ici un des meilleurs et des plus simples

moyens d’asepsie.

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