‹ L'Asepsie IntestinaleChapitre 8 sur 30 · Lis · texte numérisé non relu

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>= Estomac, Duodénum, Jejunum, Iléon, Gros intestin,

Le nombre des microbes assez élevé (50.000) dans l'estomac diminue dans le duodenum probablement sous Pinfluence de la dilution des matières par les sucs abondants du foie du pancréas et de l’intestin lui-même. Puis du pylore à la valvule de Bauhin le chiffre des germes augmente pour tomber au minimum (30.000) dans le gros intestin. Faisons ressortir ce fait paradoxal au premier abord : le chyme contient plus de microbes que les ma-

üères fécales. Nous en donnerons plus tard explication.

$ 2. — Variétés.

"Quels sont les hôtes du tube digestif ?

Ils sont extrêmement variés et l’on peutdire qu’on trou-

ve dans l'intestin tous les genres et toutes les espèces ee.

depuis l’amibe rudimentaire jusqu’à l'organisme déjà com ca

plexe du tœnia. Entre ces termes extrêmes se placent des champignons, des algues, des psorospermies, des coccidies, des bactéries. Ce sont surtout ces dernières espèces qui nous intéressent, mais là encore la confusion est grande. Nous n’en voulons pour exemple que cet examen fait par M.Baginsky des selles d’enfants diarrhéiques. Cet auteur a trouvé dans ces déjections les microorganis-

mes suivants :

Bactérium lacti d’'EÉscherich.

Bactérium coli très virulent pour les cobayes ; produi-

“duisant aux dépens des sucres les acides lactique, acéti-

que, formique, et de l’acétone; attaquant peu les substances albuminoïdes ; on n’a pu extraire de ses cultures aucune substance toxique.

Bactérie liquéfiant la gélatine en forme de canal, produisant des acides qui empêchent ultérieurement son propre développement ; ingéré ou inoculé aux animaux il les tue rapidement.

Bactérie liquéfiant la gélatine, mais pas en forme de canal.

Staphylocoque liquéfiaut blanc, donnant avec la gélatine des colonies rayonnantes.

Bactérie protée de Hauser.

Staphylocoque liquéfiant jaune.

La bactérie rouge du lait.

Une bactérie fluorescente verdâtre.

Bacille dont le développement ressemble à celui du

pneumocoque de Friedlander.

Un bacille érythro;pore uniquement aérobie.

Un microcoque dont les cultures simulent les sarcines.

Une levure qui ressemble par son développement au muquet.

Une levure rose.

Une levure Jaune.

Comment se reconnaître au milieu de ce chaos. Peut-on classifier ces microbes, les faire rentrer dans une des familles indiquées par M. Duclaux :

Les Schizomycètes comprenantles cocci et les bacilles. 4

Les Hyphomycètes.

Les Blastomycètes se divisant eux-mêmes en levures et mycodermes.

Une telle classification est impossible.

$S 3. — Polymorphisme.

Les microbes en effet sont des êtres essentiellement variables. Leur morphologie change selon le milieu et ces changements sont pour un certain temps héréditaires. Leurs qualités physiques ne sont pas plus stables que leurs fonctions chimiques. Leurs caractères biologiques, résistance à la chaleur et aux antiseptiques, sont inconstants. Leurs fonctions pathogènes elles-mêmes différent suivant l'espèce animale qu’ils attaquent, suivant leur nombre et suivant leurs voies d'introduction. Le staphy- Jocoque par exemple peut être ou blanc, où doré, ou citrin ; il est bien démontré aujourd’hui que ce ne sont plus

là trois microbes différents mais seulement des espèces

Le CINE :

pouvant se céder réciproquement leurs couleurs d’une

façon durable et transmissible par hérédité.

Nous.croyons donc inutile et oiseux d'essayer de donner ici une nomenclature forcément inexacte et incomplète de tous les microbes du tube digestif. Nous ne nous arréterons que sur un seul, à nos yeux le plus important et dont l’histoire résume celle de tous les autres ; c’est le coli-bacille. :

Ce microbe découvert par Escherich en 1884, est l'hôte normal de notre-tube digestif. Accompagné d’abord, dans

le duodenum, d’autres germes se raréfiant de plus en plus

dans l'intestin grêle, il reste presque seul dans le gros

intestin. C’est à ce point que les fèces de l’homme en fournissent parfois des cultures pures. Le bacille d’Escherich semble donc l'emporter sur les autres microbes quand la concurrence vitale se fait sentir, dans les dernières parties de l'intestin où les matériaux alimentaires font défaut. C’est encore pour cette raison qu’il prédomine

sur le cadavre à l’exclusion des autres bactéries.

A la vérité il n’y a pas un bactérium coli mais plusieurs microbes dé même famille se rapprochant plus ou moins du type décrit par Escherich. MM. Achard et Renault, MM. Gilbert et Lion en ont distingué différentes races selon la perte d’un ou plusieurs des caractères normaux : mobilité.

liquéfaction de la jélatine.

coagulation du lait.

fermentation de la lactose.

réaction de l’indol.

Rp

Ces races ont été désignées par M. Gilbert sous le, nom de paracolibacilles.

Il est probable qu’il faut faire rentrer dans une de ces variétés les diverses bactéries trouvées par M. Baginsky dans les fèces de diarrhéïques, entre autres le bacterium lacti d'Escherich. Ce microbe d’ahord décrit par Pasteur a été ensuite étudié par Escherich qui lui a donné son nom. Cet auteur lui reconnut pour siège les portions supérieures de l’iléon et, se fondant sur sa propriété de transformer la lactose en acide lactique, il n’a pas été

loin de lui attribuer un rôle utile,

$ 4. — Rôle.

A.— Microbes utiles. — Ce prétendu rôle utile de certains microbes du tube digestif doit nous arrêter quelques instants, car, s’il était démontré, on pourrait nous accuser de poursuivre un but nuisible en voulant réaliser l’asepsie intestinale.

Différents auteurs ont considéré les microbes intesti-

naux comme utiles à la digestion. M. Bienstock a décrit

deux bacilles dont l’un transforme les hydrocarbures en alcool, et l’autre change les albumines en peptones. M. Brieger en a étudié trois autres, parmi lesquels un microcoque qui métamorphoserait le sucre de canne en alcool éthylique. MM. Kubne, Salkowski, Salmon, Hufner en

comparant l’action des microbes à celle du suc pancréa-

tique sur les albuminoïdes sont arrivés à cette consta-

tion :

Les gaz intestinaux et les corps de la série aromatique qui se forment lors de la digestion des albuminoïdes ne prennent plus naissance si l’on empêche l’action des bactéries. Une partie des transformations des albumines dépend donc de la vie des bactéries.

Pour M. Vignal il est « incontestable que les microbes contribuent dans une mesure qu'il nous est impossible d'apprécier mais qui doit être assez importante à la dissolution dans le tube digestif des matières que nous absorbons pour notre nourriture, car un ässez grand nombre ont une action énergique sur les substances que nous

avons soumises à leur action... Dans l'intestin, dans un

milieu neutre, les microbes exercent toute leur activité

et ils contribuent par leur action à rendre les substances ingérées solubles, c’est-à-dire assimilables par les chylifères ».

Mais c’est surtout M. Duclaux qui s’est fait le défenseur de cette idée. Il a réalisé dans un vase inerte, à une température voisine de celle du corps, la digestion de matériaux nutritifs en y ensemençant quelques gouttes de suc alimentaire, « Ainsi, dit-il, action des ferments fiqurés dans le tube digestif est au moins comparable pour sa puissance à celle des liquides des cavités digestives ». Et ailleurs : «Il y a donc, superposée à la digestion naturelle, une digestion microbienne équivalente à l’autre en puissance, et pouvant même prendre entièrement à son compte la digestion de certaines substances, les cellulo-

ses digestibles, celles des herbivores, de la salade, des

asperges, des fruits auxquels on ne connaît pas de sucs

normaux dans l’organisme ».

PS), ous

Certes l’action des microbes sur les transformations des aliments dans l'intestin n’est pas niable. Il se peut même que certaines espèces jouent un rôle utile. Mais est-ce une raison pour les croire indispensables ? Pour une bactérie utile combien de nuisibles ? Ce serait vraiment pousser trop loin le respect des minorités que d’attaquer en leur nom les méthodes tendant à réaliser l’asepsie intestinale,

D'ailleurs M. Charrin n’a-t-il pas « fait ingérer de nombreuses, de notables doses de naphtol à des animaux sans parvenir à produire le plus léger amaigrissement. » M. Bouchard a fait aussi le procès de ces prétentions : « J’ai fait, dit-il, chez l’animal l’antisepsie à outrance, obligeant à ingérer quarante; cinquante fois plus d’antiseptique qu’il n’en faut pour supprimer toute fermentation microbienne dans le tube digestif ; cependant l’animal continuait à augmenter de poids, poursuivant sa croissance en conservant tous les attributs extérieurs de la force et de la santé. On ne peut donc objecter à l’antisepsie intestinale la nécessité de laisser travailler dans notre tube digestif certains microbes utiles ;ils peuvent être utiles j'en conviens, mais ils ne nous sont pas nécessaires. Si accessoirementils travaillent pour nous, souvent ils agissent manifestement contre nous. » =

B. — Microbes saprophytes et pathogènes. — La vérité est que les microbes de l'intestin sont pour nous des parasites, vivant non seulement de nos restes mais aussi des substances que nous aurions pu absorber. Ils vivent en. saprophytes ; bienheureux sommes-nous quand ils ne Fe viennent pas pathogènes, re

Ones

D'ailleurs cette dernière distinction est encore factice et selon les variations dans les conditions de milieu, tel microbe qui vivait en saprophyte devient pathogène, ou inversement. C’est ainsi que le coli-bacille, hôte habituellement inoffensif, peut engendrer le choléra infantile ; au contraire le bacille d’Eberth peut traverser sans résultat toute l’étendue d’un intestin résistant. De plus tous ces micro-organismes s’associent contre nous et bien souvent les maladies n’éclatent que sous la combinaison de leurs efforts. Versailles, par exemple, semble devoir son immunité envers le choléra à ce fait que le vibrion de Koch habitant normalement ses eaux d’alimentation, n’est pas

associé aux trois genres : torula, sarcine et coliforme,

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