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PRODUITS MICROBIENS, TOXINES ET PTOMAÏNES

Les microbes contenus dans notre intestin ne nous nuisent pas tant par eux-mêmes que par leurs produits. Parmi ces produits M. Gautier a distingué :

1° Des toxmes à fonctions alcaloïdiques « dérivant de l’action qu’exercent directement les microbes anaérobies sur les substances albuminoïdes : ce sont les ptomaïnes » ;

2° Les toxines proprement dites analogues aux diastases et à fonctions mal définies dues aux microbes pathogènes. M. Savoire, dans une thèse récente, a mis en doute l’origine microbienne de ces toxines. Pour lui les toxines seraient produites par la cellule malade et constitueraient ainsi un mode de défense de l'organisme contre l’infection. Mais cette conclusion, outre qu’elle ne semble pas démontrée dans la thèse de M. Savoire, est anéantie par l'étude des troubles pathologiques engendrés par les toxi-

nes microblennes.

Le coli-bacille, nous l’avons vu, est Phôte principal de

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le.

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PSE EE notre intestin ; quand nous voudrons réaliser l’asepsie intestinale nous lutterons surtout contre lui; ce sont donc de préférence aux autres, les effets produits par ses toxines que nous étudierons.

Notre maître M. Gilbert, par de nombreux travaux, a fait sienne cette importante question ; ce sont les résultats de ses expériences que nous allons relater ici. Il se servait de bouillon de culture de bactérium-coli filtré et chauffé à 39°,.dépourvu en un mot d’éléments figurés. Ce bouillon était inoculé dans la veine de l'oreille d’un lapin à la dose de un centimètre cube par dix secondes. Les quantités nécessaires pour amener la mort ont été de 37 à 94 centimètres cubes par kilogramme d’animal. Voici quel a été l’ordre de l’apparition des phénomènes.

« Tout d’abord dans une première phase les animaux s’affaiblissent, leurs muscles sont le siège de tremblements fibrillaires ; leurs pupilles se dilatent légèrement. L’impotence musculaire s’accroïit rapidement et va jusqu’à la résolution complète ; la sensibilité cutanée et sensorielle est abolie parallèlement ; la somnolence se montre et va jusqu’au coma.

Dans une deuxième phase, aux troubles précédents s'ajoutent des convulsions, du nystagmus et de l’hyperexcitabilité réflexe de la peau et des organes des sens. Les convulsions frappent les quatre membres, elles consistent en secousses brusques et courtes, violentes et irréqulières, rares d’abord, puis plus rapprochées. Elles naissent d’elles-mêmes ou peuvent être ‘provoquées par le moindre frôlement des poils et le moindre bruit.

Enfin dans une troisième phase, les animaux sont pris

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d’une contracture tétanique et à la mydriase succède le myosis. La contracture est générale et d’une violence inouïe, le corps se courbe en opisthotonos, les membres se tendent, les griffes s’écartent, les mâchoires se serrent, les paupières se ferment et cet état se prolonge jusqu’à la mort.

Pendant la durée des expériences le cœur est peu modifié et il bat encore quoique faiblement après l’ouverture des animaux. Mais la respiration est notablement frappée : tout d’abord elle s’accélère comme dans l'injection du bouillon simple ; ultérieurement au lieu de s’affaiblir elle devient ample et saccadée ; elle se suspend à l’apparition de la crise tétanique ; enfin quelques mouvements respiratoires irréguliers et incomplets marquent la fin des animaux,

Lorsque l’injection est suspendue à la première phase, les animaux qui étaient dans le coma inertes, anesthésiés, les pupilles dilatées, la respiration large et saccadée, peu à peu recouvrent le sentiment et le mouvement si bien qu'au bout d’une heure ils se tiennent quoique imparfaitement sur leurs pattes. Pendant ce temps ils urinent abondamment, évacuent des matières diarrhéi-

ques et présenfent un abaissement de température de

plusieurs degrés.

Les jours suivants, ils se remettent à manger, mais ils demeurent somnolents, conservent une diarrhée intense, s’amaigrissent et meurent fréquemment dans un extrême état de faiblesse avec de lhypothermie. A l’autopsie on trouve les lésions d’une entérite plus ou moins violente,

le gros intestin peut être le siège d’ulcérations et d’es-

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chares, les ganglions mésentériques sont tuméfiés ».

Habituellement nous n’éprouvons aucun de ces accidents malgré les toxines secrétées par les milliards de coli-bacilles, habitant notre intestin. C’est que l'équilibre est produit grâce au foie qui détruit une grande partie de ces toxines, grâce aussi au rein qui élimine le reste. Mais vienne l'insuffisance rénale ou hépatique, et divers symptômes, coma, convulsions, troubles pupillaires,hypothermie apparaissent, que nous venons de voir dans lintoxication expérimentale. Ou bien le coli-bacille exalte la virulence de ses toxines au point que le foie et les reins ne peuvent suffire, et nous voyons éclater des maladies comme la diarrhée, le choléra nostras, le choléra infantile. Comme dans l’expérience de tout à l’heure nous retrouvons là un grand symptôme : la diarrhée. Cest que, à l'exemple de l’'urée qui est diurétique, la toxine du coli-bacille a un véritable pouvoir diarrhéigène.

Le bactérium coli ne se contente pas d'agir par luimême ; comme nous l'avons déjà dit, il aide les microbes pathogènes de notre intestin-et nous constatons son in= tervention secondaire dans le choléra asiatique, la fièvre typhoïde, la dysentérie, la cholite, la typhlite, l’appendi-

cite, la tuberculose, le cancer, la hernie étranglée.

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