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LES PROJETS DE CHEMINS DE FER EN ASIE ET LE GRAND CENTRAL ASIATIQUE

Depuis longtemps déjà le projet d'unir les contrées extérieures de l'Asie au continent européen s'imposait de lui-môme à l'attention des deux gouvernements, de Saint-James et de Saint-Pétersbourg. — U Angleterre avait pour objectif Calcutta, la capitale de son empire indien ; — la Russie, poussée par ime ambition plus haute, voulait tendre jusqu'à Pékin, en suivant les vallées que la nature a creusées dans les masses des Thian-Chan et de l'Altaï.

Le grand promoteur des voies gigantesques du monde, Ferdinand de Lesseps, avait conçu le généreux projet d'associer l'Angleterre et la Russie dans la construction d'une longue voie ferrée, qui desservirait à la fois le Turkestan russe et les Indes. Ce projet était séduisant et pouvait sourire à son imagination toujours en éveil. Écoutez-le : c< Le point

extrême des chemins de fer russes est Orenbourg, STir TOural. De Calais à Calcutta, on compte 8,160 kilomètres de voies ferrées déjà achevées ; Tintervalle à remplir entre Orenbourg et Péchaver n'est plus que de 3,740 kilomètres, qui restent à exécuter. Il y en a 2,500 sur le territoire russe d'Orenbourg à Samarcande, et 1,200 de Samarcande à Péchaver. »

Malheureusement, ce projet était impraticable. Le difficile est d'unir Balkh à Péchaver par Bamyan et Caboul, en traversant cette énorme masse montagneuse que les neiges obstruent pendant six mois de Tannée et que creusent en tous sens les précipices où s'écoulent les eaux du Bamyan, de l'Hilmend et du Caboul.

A ce projet, qui soulevait tant d'objections, s'en opposait un autre beaucoup plus pratique. C'était celui qui faisait partir la voie ferrée des bords de la Caspienne, la conduisait le long des vallées de l'Atrek et du Hérat-Roud, et l'engageait dans l'intérieur de l'Afghanistan sur Candahar, d'où un passage des plus faciles lui donnait entrée dans la grande plaine de rindus et du Gange. Mais, de ce côté, appa-raîssait un autre obstacle, créé par la politique. Nous savons avec quel soin jaloux

rAngleterre surveille cette route de Hérat.

« Car c'est là qu'est la clef des Indes! » Et cependant nous voyons que, poussé par la force même des choses, le gouvernement anglo-indien dirige en ce sens la construction de ces grandes voies ferrées, qui commencent à apparaître du côté du Soliman-dagh. Déjà la passe de Bolan est tournée par la grande ligne qui, venant de Moultan, de Sakkar et de Jalalabad, tend dans la direction de Quettah, pour, de là, se continuer sur Candahar. Ne désespérons pas de voir un jour la Caspienne et, par elle, la mer Noire, unies directement au golfe du Bengale et à rindo-Ghine. Quant à la Russie,' elle a étudié pendant longtemps, elle étudie encore son projet du Grand Central asiatique; c'est celui du colonel Bogdanovich, qui fait partir la voie ferrée d'Ekaterinbourg, pour la diriger sur Troïtsk, Omsk, Semipalatinsk et Couldja, et la conduire jusqu'à l'extrémité même de la vallée de l'Ili. C'est la région la plus riche du globe en gîtes métallifères et en bassins houlliers. Du cours supérieur de l'Illi, la voie contournerait, au nord, la Mongolie, pour prendre la grande voie à caravanes qui, de Kiakhta, se dirige sur l'Empire Chinois.

A cette ligne principale se rattacherait celle i'Orenbourg à Tachkend, qui, par la vallée de Tokmak et de Vernoje, irait rejoindre Couldja. Tachkend deviendrait ainsi un centre de premier ordre avec les ramifications multiples que cette ville enverrait sur Khokand, Andidjan, Kachgar, Yarkand, d'une part ; — de l'autre, sur Samarcande, Boukhara et Balkh, et de là sur un point à déterminer au sud de THindou-Kouch.

Que résultera-t-il de tous ces projets? L'avenir seul pourra nous le dire ; mais, hâtons de Qos vœux la réalisation, de ces projets, du dernier, surtout, qui nous permettrait de faire notre tour du monde pendant les vacances scolaires. — Le Tour du monde en quatre-vingts jours I Qui donc daignerait encore esa parler, cfuand nous pourrions aller de Paris à Y Oural en six' jours; — de FOural à Pékin en sept; — de Pékin à San-Francisco en quinze; — de San- Francisco à New- York en huit; — de New- York au Havre et à Paris en onze? — soit un royage de quarante-sept jours, ou d*un mois ^ demi environ, qui nous ferait visiter queljues-uns des plus beaux pays du vieux monde it du nouveau 1

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