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En 1849, les Conférences de Saint-Vincent de Paul de Québec, comptaient parmi ses membres les plus actifs. M. George Muir, greffier des journaux de l’Assemblée législative, un de ces catholiques modèles digne de figurer à côté d'Ozanam. C’est à lui qu'est due la première pensée d’une maison de refuge à Québec, qui en a eu l'initiative, qui s’y est employé avec un zèle, une charité, un dévouement au-dessus de tout éloge.
George-Manly Muir était natif d’'Amherstburg, petite
ville de la province d’Ontario, située sur les bords de la
rivière du Détroit. [l naquit en 1810. Son père, Adams- Charles Muir, écossais de naissance, était colonel d’un régiment d'infanterie stationné au Canada. Bien que protestant et fort rigide dans ses principes re” jeux, il était entré dans une famille catholique, ayant épousé à Montréal, M"° Eliza Bender, Cette femme était presque une enfant lors de son mariage, n'étant âgée que de quinze ans. C’était une catholique enthousiaste, douée d’une énergie sans pareille, prête à faire tous les sacrifices pour élever ses enfants dans sa religion. Spirituelle et d’une gaieté communicative, avec une naïveté d'enfant, affectueuse et dévouée, elle avait acquis un ascendant extraordinaire sur son mari. Malgré toutes les réclamations de celui-ci, elle avait réussi à faire baptiser ses enfants dans l’Eglise catholique. M. Muir
avait coutume de dire : “Tous les soldats de mon régi-
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ment m'obéissent aveuglément et je ne puis venir à bout de cette petite femme ”.
En vain, appelait-il ses enfants pour la récitation de
leurs prières, la mère les appelait à son tour : “ Venez,
mes petits enfants, disait-elle, que je vous apprenne à
prier le bon Dieu; ce sont les prières du diable que vous venez de dire là ”.
Les pratiques de dévotion de M" Muir mettaient parfois à l'épreuve la patience de son mari; mais elle se faisait tout pardonner par ses amabilités et ses manières séduisantes, Un soir d’orage et de tonnerre, elle s’empara d’une bouteille qu’elle croyait être d’eau bénite, et en aspergea bel et bien son mari qui pestait contre ce qu’il appelait ses pratiques superstitieuses. Le matin venu, on constata qu’il avait été arrosé d’encre ; il allait se fâcher tout rouge, quand les rires aimables de sa jeune femme le désarmèrent,
M"°.Muir avait l’habitude d’accompagner son mari dans les voyages qu’il avait à faire sur les grands lacs pour visiter les postes militaires de cette partie du pays, et elle amenait presque toujours avec elle quelques-uns de ses enfants, le plus souvent le petit George, pour qui elle avait beaucoup d'affection. Au cours de l’un de ces voyages, l'enfant prit une maladie qui le fit longtemps souffrir, finit par se localiser dans une de ses jambes, et le laisser boiteux pour le reste de ses jours. Son père
persuadé que cette infirmité briserait sa carrière dans le monde, l’abandonna aux soins de sa mère, Ce fut pour l'enfant une grâce de choix dont il ne cessa de remercier Dieu, Témoin continuel et assidu de la vie angélique qu’elle menait, il en conçut pour elle une admiration, un attachement, une vénération qui allèrent toujours grandissant, 11 se joignit à ses prières, à ses saintes lectures, et prit ainsi des habitudes de piété et de ferveur qui ne se démentirent jamais,
Placé comme pensionnaire au séminaire de Saint- Sulpice de Montréal, où il termina son cours classique, il fit de nouveaux progrès dans la solide piété, sous la direction de maîtres spirituels d’une habileté consommée. De telles dispositions semblaient le désigner pour le sacerdoce ; il n’en eut cependant pas l’inclination et se décida à étudier la loi, Dieu voulait qu’il fût dans le monde le modèle d’un parfait chrétien. Entré au bureau d’un des avocats distingués de Montréal, M. Loranger, plus tard nommé juge, il fut admis quelques années après à la pratique du Droit; mais il n'eut pas l’occasion d'exercer cette profession, ayant été nommé en 1831 à un emploi du gouvernement, puis successivement assistant-greffier et greffier de l’Assemblée législative.
Cette charge était en harmonie avec son caractère paisible, ses habitudes rangées, ses goûts simples et
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