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à-dire deux lits, quelques chaises, une table, un peu de linge, de vaisselle, et les fait charger sur quatre voitures, auxquelles elle donne ordre de se rendre à la maison de la rue Richelieu. Toutes deux quittent l’'Hospice de la Charité sans avoir le courage de faire leurs adieux à la Communauté, dans la crainte de trop
er à l'émotion. Elles suivent à pied les quatre voisures qui transportent le ménage. M" Roy a remis à la sœur Mary un grand crucifix que celle-ci est tout heureuse de porter, persuadée qu’on ne peut lui confier un objet plus précieux, Les deux servantes de Dieu s’avancent péniblement à travers les rues encombrées de neige, où l’on ne rencontre que de rares piétons. Le vent glacial qui souffle avec plus de violence que jamais, oblige les deux femmes de s'arrêter de temps en temps et de se retourner pour prendre haleine. “ Mon Dieu! murmurent-elles, c'est pour vous, pour votre amour, venez à notre aide ” !
Enfin elles arrivent à la maison où l'excellent M. Muir les attendait depuis quelque temps. Le logement mis à leur disposition ne consistait qu’en un deuxième étage avec un grenier, l'étage inférieur ne devant leur être livré qu’au printemps. Les chambres dont se composait ce deuxième étage, étaient assez vastes, mais dans un état d'abandon et de malpropreté extrêmes. Pendant qu'on y mettait un peu d'ordre, M. Muir à qui un voisin
avait prêté un vieux poêle, s’occupait à le monter, ce
qui n’était pas chose facile pour un homme non habitué à ce genre de travail, d'autant plus que deux des pieds de ce poêle étaient cassés, et qu’il fallait y substituer deux morceaux de bois. Cette première opération terminée, le charitable M. Muir apporta un seau d’eau et un peu de bois de chauffage qu'il venait de scier luimême dans la cour. Il ne pouvait en faire davantage ce jour-là, car son travail de bureau l’attendait.
C'était déjà beaucoup que d’avoir de l’eau et du bois, mais il n’y avait rien pour le dîner, les deux femmes se décidèrent donc gaiement à s’en priver. Au reste, le travail excessif auquel elles eurent à se livrer pour s'installer convenablement dans leur nouveau logis fit passer très vite les heures de l’après-midi, Cependant il fallut songer au repas du soir. Tout en rangeant les meubles, M" Roy avait mis la main sur une théière qu’elle n'avait pas reconnue lui appartenir, Il s'y trouvait un peu de thé et de sucre que ni elle ni sœur Mary ne se rappelèrent y avoir mis. Ne sachant d’où cela provenait, elles en rendirent grâces comme d’une attention de la Providence. Tout ce qu'il y avait, à part cela, de provisions au logis, consistait en un quarteron de beurre laissé sur une assiette que M"° Roy, trop peinée à son départ de l’hospice pour parler à aucune sœur, avait mis parmi sa vaisselle sans trop y réfléchir. Il servit à assaisonner quelques tranches
d'une moitié d’un pain qu’elles allèrent se procurer chez
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