‹ L'asile du Bon-Pasteur de Québec [microforme]Chapitre 29 sur 93 · PR ETC · texte numérisé non relu

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un souvenir de la naissance de votre œuvre, Dans tous les rapports que vous aurez à ce sujet avec Monseigneur ou vos autres supérieurs, évitez même de prononcer. mon nom, Oubliez-moi, excepté auprès de notre bon Maître; mais n'oubliez pas M. Muir. C’est à lui que le bon Dieu a inspiré la première pensée de votre œuvre”.

Le saint et vénérable P. Saché se montre bien ici tel qu’il était, ne cherchant qu’à s’humilier, à être oublié, à n’être rappelé que devant Dieu.

La chronique du couvent n’a pas de page plus jubilante que celle par où s'ouvre l’année 1856 :

“ Nous voyons luire avec une joie inexprimable l'aurore de cette nouvelle année durant laquelle nos vœux les plus ardents seront comblés, Aux heures libres, nous ne parlons que de ce qui fait l’objet de notre attente, et tous nos soupirs vont vers le beau jour du 2 février, date inoubliable dans les fastes de notre maison. Ce jour-là nctre rêve le plus cher sera réalisé, Nous aurons dit un éternel adieu au monde et nous serons devenues les épouses de Jésus-Christ, associées à son œuvre de miséricorde auprès des pauvres âmes plongées dans l’abîme du péché, Celles de nos com-

pagnes qui n’ont pas la même faveur, nous félicitent et n’en soupirent que plus ardemment après le jour où leurs vœux seront aussi comblés.

‘“ Dire la joie de nos pauvres pénitentes n’est pas possible, Depuis longtemps elles adressaient au ciel de ferventes prières pour que nous devinssions un corps religieux. Aujourd’hui elles ne peuvent contenir leur allégresse en voyant que leurs vœux sont exaucés ”,

La retraite préparatoire à la profession commença le 24 janvier; elle fut prêchée par Le R. P. Braun, l’un des Jésuites les plus éminents qu'il y eut alors au Canada.

“Il n’est guère possible, continue la chronique, de dire les consolations que chacune voûte dans ces saints jours dont elle gardera un éternel souvenir, On se trouve amplement dédommagé des six ans d'épreuves et d’angoisses qui se sont écoulés depuis l’établissement de la maison ”.

Enfin l'aurore du 2 février se lève. ‘“ Jour mille fois béni. Le ciel avec ses joies inénarrables semble être descendu dans l’âme des heureuses fiancées de Jésus ”.

La chapelle plus vaste et plus convenable que les précédentes avait revêtu sa plus belle parure, qui consistait non dans la richesse des ornements, mais dans le bon goût qui avait présidé aux décorations, l'autel tout constellé de fleurs et de lumières semblait sourire à l’assistance, Les bonnes Sœurs de la Charité, avec

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