‹ L'asile du Bon-Pasteur de Québec [microforme]Chapitre 38 sur 93 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

L'incendie de 1868. — Charité des sœurs du Bon-Pasteur envers les victimes.— La visite des prisons. — Construction et inauguration de l’église du Bon-Pasteur. — Mission de Notre-Dame des Laurentides. — L'école de réforme et d'industrie. — Activité de la Mère Fondatrice. — Ses progrès dans la perfection. — : vis spirituels du P, Saché.

On a souvent répété en Europe que l'Amérique est le pays des incendies. Malheureusement, il faut bien dire que Québec a valu pour une bonne part cette réputation à ce continent ; il n’y a peut-être pas de ville sur toute sa surface qui ait autant souffert de ce fléau.

La première grande conflagration dont on ait gardé le souvenir remonte à plus de deux siècles. En 1682, toute la Basse-Ville, c’est-à-dire la ville presque toute entière, car il y avait alors très peu de maisons à la Ville- Haute, fut anéantie par les flammes. Soixante-dix-sept

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ans plus tard, après le siège et le bombardement de 1759, il ne resta plus guère de Québec qu’un amas de cendres. Plusieurs incendies partiels eurent lieu durant le siècle qui suivit; mais il n’était rien, comparé à l'immense conflagration de la capitale, qui a rendu mémorable l’année 1845. Le 28 mai de cette année, presque tout le faubourg Saint-Roch et le Palais furent dévorés par les flammes; et un mois après, jour pour jour, les faubourgs Saint-Jean et Saint-Louis eurent le même sort, Il ne resta dc la cité que l’intérieur des murs et la Basse-Ville, Plus des trois quarts de Québec avaient disparu dans cette double catastrophe,

L’incendie partiel du quartier Saint-Louis, en 1861, que nous avons raconté au chapitre précédent, ne fut que le prélude de la calamité du 14 octobre 1868, qui n'eut de comparable que les incendies de 1845. Une partie du faubourg Saint-Roch et tout le faubourg Saint- Sauveur furent détruits en quelques heures.

“ Le feu, disent les Annales du Bon-Pasteur, a commencé ce matin vers trois heures, et poussé par un vent impétueux, ne s’est arrêté qu'à cinq heures ce soir. L'église de Saint-Sauveur, le presbytère, le couvent et l’école des Frères ont été la proie des flammes. Par suite de ce désastre, pas moins de 15,000 personnes se trouvent sans asile et réduites à la plus grande misère,

“ De la vaste paroisse de Saint-Sauveur desservie par les Pères Oblats, il ne reste plus qu’un champ

désert hérissé de cheminées branlantes ou à demi-renversées.

“ Les effets des bons Pères Oblats qui ont pu être sauvés de l'incendie, sont déposés ici avec les autres servant à l’église détruite. Parmi ces effets se trouvent plusieurs statues, entre autres le corps de saint Gaudiose que nous serons heureuses d’avoir en notre possession jusqu’à ce que l’on puisse le replacer dans une nouvelle église à Saint-Sauveur ”.

Quelques jours après, l’annaliste ajoute :

“ Les révérends PP, Durocher, Lefebvre et Cauvin, Oblats de Marie Immaculée, sont venus ces jours derniers célébrer la sainte messe dans notre chapelle et nous ont fort édifiées par leur grande résignation, Nous sommes heureuses de pouvoir en cette occasion reconnaître, par nos faibles services tant de bienfaits spirituels dont nous leur sommes redevables ”.

Un bon nombre de familles incendiées avaient été logées dans le manège, vaste construction destinée aux exercices militaires, bâtie sur les plaines d'Abraham, à une petite distance du Bon-Pasteur. Ce fut une belle occasion pour les sœurs d’exercer leur charité, Pendant plus d’un mois, deux d’entre elles, désignées par la supérieure, se mirent du matin au soir à la disposition des malheureux incendiés. Elles s’occupaient à préparer leurs aliments et à maintenir l’ordre et la paix parmi eux, Elles furent encore très utiles pour la distribution

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