IX "APP PERD TES
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terre), vous cesseriez d’être les filles chéries du Cœur Immaculé de Marie, humble comme le Cœur de Jésus ; vous cesseriez de mériter l'honneur d’être les servantes des filles de la miséricorde de ce Cœur Immaculé, Mais je n’ai aucune raison de craindre un semblable malheur ; j'aime à croire au contraire que si l’arbre du Bon-Pasteur élève sa tête et étend ses branches, c’est parce que son humilité continue à pousser des racines de plus en plus profondes ; ainsi il glorifie Dieu plus loin, il offre un abri à un plus grand nombre d'oiseaux du ciel, sans s’exposer à être ébranlé. Donc Deo gratias pour l’accroissement du nombre des pénitentes, pour les nouvelles fondations et l’œuvre de la réforme,
“ Je compatis aux souffrances de votre bonne Mère Fondatrice ; mais en même temps je la félicite de souffrir avec patience pour son compte et celui des autres. Si c’est une bonne fondatrice, et personne ne saurait en douter, il faut qu’elle soit comme le grain de froment jeté en terre pour y pourrir; autrement il resterait seul, je me trompe, c’est trop tard pour dire : il faut qu’elle soit, c’est un fait accompli ; elle n’a pas voulu rester seule, donc rien d'étonnant qu’elle ait été traitée comme le grain de froment. Si j'avais un conseil à lui donner, ce serait de ne jamais jeter les yeux sur les nombreux enfants qui l’environnent avec amour et
reconnaissance, sans voir en même temps son néant et
sa misère ; autrement il y aurait de quoi faire tourner
la tête, J'aurais peut-être dû lui dire cela tout bas à l'oreille; mais elle me pardonnera mon indiscrétion, d’ailleurs eût-elle gardée mon observation secrète ?
“ Rappelez-moi au souvenir de toutes nos anciennes, Je ne les oublierai pas, je penserai particulièrement à votre malade sœur Saint-Ignace, c'était autrefois une de nos fortes santés. Recommandez-moi aux prières de vos pénitentes et de vos consacrées ”.
Dans une autre lettre, le P, Saché insistait encore sur l'esprit d'humilité, sans lequel il ne concevait pas “ son Bon-Pasteur ”.
“ Notre Bon-Pasteur que j'ai vu petit comme un grain de sénevé, est maintenant un grand arbre dont les branches s’étendent de plus en plus, afin de donner abri à un plus grand nombre d'oiseaux du ciel. Je m’en réjouis, persuadé que les branches ne poussent pas plus vite que les racines, Les racines poussent en bas, dans l'intérieur de la terre ; plus elles poussent, plus elles se cachent; on ne les remarque pas, on les foule aux pieds ; ce sont elles cependant qui soutiennent l'arbre, qui fournissent la nourriture aux feuilles et aux fruits, Si elles cessaient de pousser, si elles étaient piquées des vers, qu’adviendrait-il de l’arbre ? C’est dans l’intérieur de la communauté que poussent les racines de l'humilité, de l’obéissance et de la charité, Dieu les
préserve des vers ”.
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