‹ L'asile du Bon-Pasteur de Québec [microforme]Chapitre 48 sur 93 · STORES · texte numérisé non relu

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Ma transition de l'enfance à une jeunesse vigoureuse et 1 croissant à vue d'œil. Les vocations se multiplièrent, | L'espace manquant de nouveau, le couvent s’éleva à côté de l’ancienne maison qui reste comme un souvenir précieux des premiers temps. Le couvent lui-même, agrandi à diverses reprises, est insuffisant à son tour et il faut chercher de l’espace dans les villes et dans les N campagnes. Et aujourd’hui, malgré la perte de onze membres, l'institution compte quatre-vingt-dix-neuf

professes, quatorze novices et possède neuf missions. “ Avec la communauté, les œuvres grandirent et se l: multiplièrent, et le digne successeur des vénérés prélats ! que nous venons de nommer, les soutient et les encou-

rage par sa bienveillante protection.

D : “ Les secours, sans être jamais trop abondants, se sont proportionnés aux besoins les plus urgents. Les QE À Ë bienfaiteurs sont nombreux, les citoyens de la ville et Du | les habitants des campagnes ont rivalisé de zèle avec | leurs pasteurs et les anciennes communautés religieuses, nul Plusieurs de ces es 2e bier ” ‘‘aurs ont déjà, comme ne MM. Aug. Gauthier,

D mazie, reçu du bon Pasteur la seule récompense qu’ils

ichel Bilodeau et Jacques Cré-

ambitionnaient, Ici, leurs noms seront toujours coi… DU | servés avec reconnaissance, À ce simple exposé des progrès du Bon-Pasteur, ne pouvons-nous pas recon- F

naître l’action d’une Providence toute spéciale ?

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“ III, — Considéré dans son origine et ses progrès, le Bon-Pasteur de Québec nous apparaît comme l’œuvre de Dieu. Un coup d'œil sur les œuvres qu’il embrasse confirmera, je pense, la même vérité.

“ Ces œuvres sont de telle nature qu’elles ne peuvent s’'accomplir sans une action constante de Dieu, il suffit de les nommer : le refuge, la préservation, l’œuvre de la réforme et de la prison, les écoles, et enfin l’œuvre de la miséricorde,

“ Et d’abord, l’œuvre du refuge : c’est l’œuvre principale, l’œuvre par excellence de l'institution, Mais aussi, n'est-elle pas l’œuvre de Celui qui s'appelle le bon Pasteur, de ce bon Pasteur qui court après la brebis égarée et la rapporte triomphant au bercail, où il lui prodigue ses caresses afin qu’elle ne soit plus tentée de le quitter ? Qui ne connaît l’histoire de la première et de la plus illustre des pénitentes de ce bon Pasteur ? Qui n’a contemplé Marie-Madeleine aux pieds de Jésus ? Qui n’a admiré avec quelle sagesse, avec quelle bonté il la défend contre les pensées téméraires et méprisantes du pharisien ? Qui n’a envié le sort de cette pénitente assurée de son pardon ? “ Allez en paix, votre foi vous a sauvée ”,

“ Jésus a fait beaucoup de miracles, il a guéri les malades, ressuscité les morts; mais a-t-il fait quelque chose de plus divin que ce qu’il a opéré dans cette

femme? Eh bien, ce qu’il a fait à l'égard de la péche-

ad

TEE LES DORE

resse de Capharntüm, le bon Pasteur le renouvelle tous les jours dans les maisons appelées pour cette raison, maisons du Bon-Pasteur. Combien de Madeleines attirées doucement par la grâce viennent à ses pieds y pleurer leurs péchés, s’y purifier, s’y renouveler, s’y transformer ! TI] se rencontrera peut-être quelques pharisiens qui se scandaliseront de la facilité avec laquelle elles sont reçues. Ils auraient besoin d'aller à l’école du Sauveur ; ils connaîtraient la richesse de sa miséricorde, et ils apprendraient, non sans étonnement, que les publicains et les pécheresses publiques les précéderont dans le royaume du ciel.

‘“ D’autres, sans blâmer l’œuvre, la jugeront peut-être peu utile: “Ces conversions ne tiennent pas, c’est temps perdu ”, Un saint leur a déjà répondu: “ Lors même que le uit de mes efforts se bornerait à empécher l’une d'elles, pendant vingt-quatre heures, de pécher, je ne croirais avoir perdu ni mon temps, ni ma peine”. Mais grâces à Dieu, là ne se bornent pas les fruits du refuge de Québec. Déïà plus de mille pénitentes y ont trouvé un abri; sur ce nombre, quarantequatre sont mortes dans les plus heureuses dispositions, Parmi celles qui sont rentrées dans les dangers du monde, il y a en des défections, mais le plus grand nombre est resté fidèle: enfin trente-huit à l’exemple de Marie-Madeleine, ne voulant plus se séparer du bon

Maître, se sont consacrées à son service ; elles ont goûté

combien le Seigneur est bon et elles préfèrent sa maison aux palais des rois. Elles pensent ce qu’une pénitente disait tout haut sur son lit de mort. On lui demandait si elle se trouvait heureuse de mourir au Bon-Pasteur : “ Où! si je suis heureuse! je ne voudrais pas changer mon lit de mort pour le trône de la reine Victoria; au ciel, je l'espère, j'en aurai un plus beau que le sien ”.

“ L'œuvre des préservées se rattache naturellement au refuge ; elle est inspirée par le même esprit. S'il est beau de retirer une âme de l’abîme, il n’est pas moins beau de l'empêcher d'y tomber. Je n’oublierai jamais le miracle providentiel qui sauva l’une de ees pauvres enfants, Elle entrait à peine dans sa quatorzième année. Privée de guide, elle va d'elle-même se jeter dans l’abîme, et elle s’y serait perdue, si Dieu n’eût inspiré à une femme des sentiments de délicatesse qui se rencontrent rarement dans des personnes de sa condition, Elle eut scrupule d'ouvrir sa porte à cette imprudente et la fit conduire au Bon-Pastenr, Dieu lui a tenu compte de cette bonne action.

“ La réforme et la prison se tiennent comme par la main, Dans l'intention de la société, la prison est un moyen de réforme ; mais une triste expérience ne prouve-t-elle pas trop souvent que, pour la i :unesse délinquante surtout, elle devient une école de démoralisation, Eh! sans l'intervention de la religion, que

peut-elle être autre chose? Mais lorsque la charité s’y

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introduit sous la forme d’une sœur du Bon-Pasteur, elle y produit les fruits les plus heureux. Allez donc, chères sœurs, allez visiter la prison, portez-y la consolation et l'espérance.

“Je ne dirai rien de l’œuvre des écoles qui n’est pas spéciale au Bon-Pasteur., Vous comprenez toute l’importance de l'éducation religieuse des enfants, et, si vous ne le savez pas, vous apprendrez avec plaisir que plus de 1,300 enfants recoivent cette éducation dans les maisons de l'institution du Bon-Pasteur.

“ Enfin, une dernière œuvre est venue s'ajouter aux autres, c’est l’œuvre de la miséricorde, Elle a pu d’abord inspirer de justes répugnances, on pouvait redouter des inconvénients ; mais grâce à la prudence des supérieures, les inconvénients ont été écartés, et la miséricorde produit ses fruits sans danger, fruits précieux: le déshonneur éloigné des familles respectables, une porte ouverte au repentir et à l'espérance, des innocents sauvés des fureurs de la honte et du désespoir, Ainsi, dans toutes les œuvres de l’institution est rempli le désir du bon Pasteur qui est venu sauver ce qui était perdu. C’est donc son œuvre. À Domino factum est. O Dieu, soyez béni et affermissez ce que vous avez commencé parmi nous! Confirma hoc, Deus, quod operatus es in nobis, Continuez à appeler à coopérer avec vous des âmes selon votre cœur, remplissez-les de votre esprit et

de vos vertus.

[en Le)

“ Bénissez d’une bénédiction spéciale les bienfaiteurs généreux qui ont voulu prendre part à votre œuvre et rendez-leur au centuple ce qu’ils vous ont donné, en attendant que tous ensemble, nous puissions vous louer et vous bénir dans votre royaume (ternel ”,

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