PARTS CR ONS ENTRER RES
“ Oui, l'institution dn Bon-Pasteur est l’œuvre de Dieu, et c’est à lui que la gloire doit en revenir.
“ Pour mettre cette vérité en évidence, il nous suffira d'exposer rapidement l’origine et les développements du Bon-Pasteur de Québec et de dire un mot des œuvres qu'il embrasse,
I, — Et d’abord, il me semble qu’il est facile de reconnaître l’action de Dieu dans l’origine et les premiers commencements du Bon-Pasteur, Une des marques les plus frappantes des œuvres de Dieu, c’est, si je ne me trompe, la faiblesse des moyens qu’il emploie, Il a fait de rien le ciel et la terre, et on dirait que ce souverain Fabricateur du monde aime toujours à travailler sur le néant, Ou bien, il agit seul, ou bien il choisit des coopérateurs tellement impuissants par eux-mêmes, que tout le monde voit le bras qui les soutient,
“ N'est-ce pas ce qui paraît avec éclat dans l’établissement et le soutien de l'Eglise, son œuvre par excellence ? Saint Paul a été le premier à le constater et il l'a fait en ces termes énergiques : “ Dieu a choisi ce qui était folie aux yeux du monde pour confondre la sagesse du monde; ila choisi ce qui était faible pour abattre ce qui était fort ; il a choisi ce qui n’était pas pour détruire ce qui était”. Ce que saint Paul constatait, nous pouvons le voir encore de nos propres yeux. Oh! n'est-ce pas encore la main du Tout-Puissant qui
soutient son Eglise fondée sur le néant ? Voyez-la dans
son chef. Quoi de plus faible aux yeux du monde; mais aussi quoi de plus fort contre le monde que le vieillard du Vatican? Roi détrôné, prisonnier dans son palais, objet des railleries et des insultes des méchants, il est véuéré par tout ce qui est bon et honnête, Les puissants du monde se sont tournés contre lui, ils ont conjuré sa perte ; il semble que d’un souffle ils pourraient l’abattre, et cependant il est toujours debout ; ils voudraient du moins lui imposer silence, afin d’étouffer la vérité qui les gêne, et sa bouche est toujours ouverte pour proclamer cette vérité opportune. Qui le soutient ? Qui les arrête? Vous répondez: Dieu. À Domino Jactum est istud.
“ Maintenaut, M. F., s’il nous est permis de rapprocher les petites choses des grandes, voyons si l’œuvre qui est l’objet spécial de notre attention est marquée de ce sceau divin.
“Il y a aujourd'hui vingt-cinq ans, trois personnes -entraient dans une petite maison de la rue Richelieu et qui ne leur appartenait pas; c'étaient les trois élements nécessaires pour commencer l’œuvre du Bon-Pasteur : une supérieure, une inférieure et une pénitente, Qui les avait réunies ? Jusque-là étrangères les unes aux autres, uulle d’entre elles n'avait conçu, médité, préparé l’entreprise dans laquelle elles s’engageaient, Comment donc se trouvent-elles réunies ? Une pensée était tombée
dans le cœur d’un membre zélé de la Société de Saint-
Vincent de Paul nouvellement arrivé à Québec, la pensée d'essayer quelque chose pour ouvrir un asile aux infortunées désireuses de sortir de l’abîme du vice. Il la communique à un prêtre qui lui dit: “ Allez chez les Sœurs de la Charité et vous trouverez ce que vous cherchez”, Il y va avec la foi d’Elie envoyé à la veuve de Sarepta. Il trouve en effet une veuve qui venait de donner à Dieu ses deux filles, et à qui, sans qu’elle le soupconnât, le ciel réservait une autre vocation. Ellemême y trouve une première compagne, et pour que l’œuvre commençât sans retard, le bon Pasteur leur envoie une pénitente, La Société de Saint-Vincent de Paul avait loué une maison qui, par son dénuement, ne rappelait pas mal l’étable de Bethléem ; elles s’y établissent, Qui ne reconnaît ici la main de la Sagesse qui dispose tout avec douceur et de la Puissance qui aime à bâtir sur le néant! À Domino factum est.
“II. — L'origine du Bon-Pasteur est marquée d’un des caractères des œuvres de Dieu. Son développement nous présentera un autre de ces caractères divins.
“ Le royaume de Dieu, nous dit le Sauveur, est semblable à un grain de sénevé qu’un homme prend et sème dans son champ. Ce grain est une semence très petite ; mais lorsqu’il a cr, il est le plus grand des légumes et devient un arbre sur les branches duquel les oiseaux du ciel viennent se reposer.
“ Le royaume du ciel sur la terre, c’est l'Eglise de
es
Jésus-Christ, Renfermée d’abord dans ce divin Sauveur comme dans son principe, elle ne paraissait que comme une petite semence ; mais cette semence étant tombée en terre, elle a crû et est devenue un arbre majestueux qui ombrage l’univers et donne asile à tous les oiseaux du ciel, c'est-à-dire aux âmes qui se détachent de la terre pour s'élever vers le ciel. Maïs nous n'avons pas à considérer les développements merveilleux de cet arbre gigantesque. L'objet de notre attention est une plante qui a germé et croît sous son ombre et sa protection, et qui doit toujours rester dans des proportions infiniment plus restreintes. Elle croît avec une foule d’autres plantes de même espèce dont plusieurs l’égalent | ou la surpassent. Mais cette plante nous l'avons vue naître et grandir, et quoiqu’elle ne soit pas encore ariivée à la maturité, ses progrès ont été tels qu'il
nous est difficile de les attribuer à des causes purement
A naturelles, et nous sommes entraînés à nous écrier de | nouveau : C’est l’œuvre de Dieu et elle est admirable à nos yeux. À Domino factum est istud.
“ En effet, sans prétendre l’assimiler à l'Eglise, nous ne sommes pas étonnés de lui trouver avec elle des traits de ressemblance ; les œuvres de Dieu doivent avoir entre elles un air de famille. Comme l'Eglise, le Bon-Pasteur n’est d’abord qu’une bien petite semence ; cette semence devient une plante qui, après avoir poussé
assez rapidement, paraît languir ; elle devait s’enraciner
dans l'humilité. Enfin, elle prend un nouvel essor qui n’est point encore arrêté. Parlons sans figures et rappelons rapidement des faits connus d’un grand nombre. Bientôt les habitantes de la rue Richelieu virent arriver auprès d'elles des âmes désireuses de se dévouer à l'œuvre. Le nombre des pénitentes s’accrut également et la maison se trouva insuffisante, Le Bon-Pasteur fut transféré au lieu qu’il occupe aujourd’hui, Une humble maison acquise par la Société de Saint-Vincent de Paul fut son Nazareth comme la première avait été son Bethléem. C’est là que les premiers membres de la communauté, sans se multiplier beaucoup, s’essayèrent à la vie religieuse dans un long et pénible noviciat, C'était le point essentiel ; car les œuvres extérieures dépendent nécessairement de la communauté qui doit les réaliser, et qui le fait avec d'autant plus da perfection qu’elle est elle-même plus parfaite, Inutile de dire qu’elle ne pouvait ni se former, ni se consolider, sans l'approbation et la protection de l'autorité épiscopale ; l’une et l’autre lui furent accordées dès le principe. ME de Sydime a soutenu ses premiers pas et encouragé les timides par sa confiance; MF de Tloa lui a donné sa constitution et sa forme religieuses. Ce fut le 2 février 1856 que sept des premières associées firent profession entre ses mains ; en même temps trois postulantes reçurent l’habit.
“ Ce fut pour le Bon-Pasteur comme une époque de
nu
Fa