‹ L'asile du Bon-Pasteur de Québec [microforme]Chapitre 56 sur 93 · EP · texte numérisé non relu

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page empreinte de la sainte dilection de Jésus-Christ : “ Le Bon-Pasteur de Québec sera toujours mon Bon- Pasteur”, Oui, très vénéré Père, notre Bon-Pasteur de

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que vous nous avez prodigués, quand votre charité

î Québec ne laissera jamais d’être votre Bon-Pasteur, en fl ‘ , :

ï attendant qu’il devienne là-haut l’objet de l’une de vos i plus douces récompenses, un de vos plus beaux titres À ;

l de gloire.

h “ Nous voudrions pouvoir retracer tous les bienfaits

s’exerçait dans le petit logis qui servit de berceau à notre institution ; on en gardera l’impérissable mémoire, i Votre cœur avait des ressources intarissables, et plus | d’une fois il empêcha le pain de manquer à ‘“ Sainte.

Madeleine ”. De loin ou de près, chargé du soin de notre communauté, vous n’en demeuriez pas moins l'égide tutélaire, et vous veilliez sur chacun de ses plus chers intérêts.

“ Nous aimons ces souvenirs pleins de toutes les sua vités de la religion, et qui viennent planer au-dessus de vutre fête jubilaire en se reflétant sur vos premières années d’apostolat en notre pays.

“ Aujourd’hui, très vénéré et très bon Père, dans le glorieux et sympathique rayonnement de votre jubilé sacerdotal, portant la triple auréole des ans, de la science et de la vertu, la famille de “ votre Bon-Pasteur ” vous retrouve, comme autrefois, directeur spirituel des pauvres Madeleines qui viennent chercher un refuge sous son toit, Ah! nous sommes impuissantes à reproduire un tel tableau, le ciel seul pourra le mettre dans tout son jour.

“ Notre Mère Fondatrice, nos sœurs et nos chères pénitentes qui nous ont devancées dans l'éternel séjour, s'unissent à nous sans doute en ce moment, et dans

une commune et fervente prière, nous demandons que

votre vie soit longue encore et comblée à jamais des ineffables grâces du Dieu tout-puissant ”.

Celui qui faisait le sujet de cet hymne d'actions de grâces devait être un saint; et si, en lisant ces pages, il se sentit ému au-dedans de lui-même, ce fut de

cette allégresse divine dont tressaillent éternellement les esprits angéliques à la vue des merveilles que Dieu acccomplit chaque jour dans ses créatures, et s’il versa des larmes, ce fut de celles que les anges recueillent dans des coupes incorruptibles, en bénissant le Seigneur qui sait noyer dans les douceurs ineffables d’un jour les

amertumes d’une longue vie !,

Le P. Saché ne survécut pas longtemps à sa fête jubilaire. Ce juste était mûr pour le ciel. Les derniers mois de sa vie furent une agonie continuelle endurée avec une patience et une force d'âme inaltérables,

Le 25 octobre 1889, il recut les derniers sacrements des mains de son vieux frère d'armes et ami de cœur, le P, Vignon, et le lendemain, il entra dans le repos du Seigneur.

On a encore dans la mémoire le beau et touchant

1— Le P. Duguay, auteur de la Vie du P. Saché, à qui nous avons emprunté les plus précieux renseignements sur ce vénérable Père, est mort au mois de juillet dernier (1896). Cette Vie, aussi bien écrite que bien pensée, nous donne l'idée de la perte qu'a faite la Compagnie de Jésus dans la personne de ce religieux, encore dans la vigueur de l’âge et du talent,

spectacle de ses funérailles, où tout Québec était représenté pour lui rendre un dernier et éclatant témoignage de vénération, de reconnaissance et de regrets, In memorid œternd erit justus. La mémoire de ce juste ne s’éteindra pas; mais nulle part elle sera aussi impérissable qu’à l’Asile du Bon-Pasteur de Québec qui lui doit ce qu’il a de plus précieux, la meilleure part de sa vie spirituelle, c’est-à-dire, ses règles et constitutions qui n’ont eu besoin que des modifications nécessitées par le temps et le développement de l’Institut pour recevoir la haute approbation de Rome.

Nous ne saurions mieux terminer cette histoire qu’en

souhaitant pour l’Institut l’accomplissement des trois

vœux qu'a exprimés le P. Saché dans les conférences spirituelles qu’il donnait aux religieuses en leur expliquant les règles qu’il leur avait imposées. Il les a résumées lui-même dans une admirable lettre écrite à la Mère supérieure peu de temps après son départ de Québec en 1853 1.

‘“ Laissez-moi vous répéter encore, disait-il, ce que je vous ai dit tant de fois sur l'esprit fondamental de votre petite maison, et ici je ne m'adresse pas seulement à la supérieure, mais encore à toutes les sœurs qui me sont également chères en Notre-Seigneur Jésus-Christ,

1 — Noviciat de Saint-Joseph (du Saut-au-Récollet), 17 août 1853.

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“ Je suis la servante du Seigneur”. Voilà ce que chacune de vous doit dire dans son cœur, avec la divine Mère de Jésus. Et parce que mon Sauveur, pour l'amour de moi s’est fait le serviteur de tous, je serai par amour pour lui la servante de tout le monde, et spécialement des pauvres âmes que la grâce amènera à la maison du Bon-Pasteur.

“ Vous devez donc, mes bonnes sœurs, être humbles et dévouées comme des servantes, humbles et dévouées par charité: voilà votre esprit, C’est sur ce fondement que votre communauté doit s’appuyer, si elle veut faire le bien, remplir sa vocation. Ah! quelle magnifique vocation! travailler à sauver les âmes les plus abandonnées, les retirer de l'enfer pour les placer au ciel, Oh! mes chères sœurs, si vous pouviez en envoyer seulement chacune une au bon Pasteur, que vous seriez bien reçues lorsque vous vous présenterez à lui! Mais pour devenir dans les mains du Sauveur des instruments de miséricorde, il faut participer à son esprit : il faut être humbles comme lui, dévouées comme lui, charitables comme lui, D'ailleurs, le plus souvent, c’est l'esprit d'orgueil, de sensualité, d'indépendance et d’égoïsme qui a entraîné dans l’abîme celles que vous

voulez sauver, il faut donc opposer à cet esprit celui

de Jésus-Christ, l'esprit d’humilité, de dévouement, de: charité,

“1° Humilité. — Que chacune s’estime la moindre de. toutes et souffre avec patience, sinon avec joie, d’être traitée comme la dernière, Aimez votre maison comme un pauvre aime sa cabane, sans penser qu’elle est ou qu’elle n’est pas au-dessus des palais, mais parce qu’elle lui convient, Regardez toutes les autres communautés comme supérieures à la vôtre ; aimez-la, si vous le voulez, comme un enfant bien né qui aime sa pauvre mère parce que c’est sa mère, et qu'il n’y en a pas de meilleure pour lui,

‘#21 Dévouement. — La vie de toute religieuse doit être une vie de sacrifices. Vous n'avez pas besoin de sortir de votre maison pour en trouver des occasions ; bénissez-en la divine Providence, et ne les laissez pas échapper. Que le souvenir de ces sacrifices embrassés pour l’amour de Jésus sera doux sur votre lit de mort!

“ 30 Charité, — Elle doit être le modèle de votre dévouement. Si Jésus vous a aimées jusqu’à se livrer pour vous, pourquoi ne l’aimeriez-vous nas jusqu’à vous sacrifier pour lui? Et s’il a donné sa v.e pour les âmes qu’il vous confie, que ne devez-vous pas faire pour les sauver ? La charité unira tous vos cœurs dans le Cœur Sacré de Jésus avec le Cœur Immaculé de Marie, La charité répandra une huile onctueuse, un doux parfum sur toutes les peines inséparables de cette misérable

vie, Je n’en finirais pas, mes chères sœurs, si je vou-

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