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croître la production agricole. Les cultivateurs américains, bien qu’appartenant à la classe des travailleurs qui cultivent la terre de leurs propres mains, ne ressemblent pas en effet à nos paysans. Ils font preuve d’une très grande activité et d’un puissant désir d'expansion, employant leurs revenus à accroître leur rendement et celui de leurs enfants. Tous les emprunts qu’ils contractèrent furent consentis par les banques rurales en tenant compte des besoins des exploitants et de leur puissance d’amortissement, mais en se basant sur les prix élevés atteints alors par les produits agricoles. En plus de cette énorme dette hypothécaire, il y avait 1 milliard de dette commerciale constituée par des sommes dûes aux fournisseurs.
Les banques rurales locales ont immobilisé leurs dépôts dans des prêts sur hypothèques prévus seulement pour des périodes de 4 ou 5 ans, et bientôt avec le développement de la crise, leurs prêteurs s'inquiètent de leur liquidité.
C’est le 13 février 1933 que l’Union Guardian Trust Company de Detroit ferme et entraîne le moratoire des 560 banques du Michigan pour une durée de 10 jours. Or, cette banque avait 70 % de son actif investi en valeurs immobilières dépréciées de la moitié ou des deux tiers. Cela est assurément le signe le plus révélateur de la crise.
ABUS DE CRÉDIT : C’est par anticipation que l’économie américaine s’est enrichie, elle a été soutenue par des expédients, il faut liquider tous les engagements pris. Pour bien saisir les terribles conséquences de l'effondrement bancaire, il convient de se remémorer l’importance des dépôts en banque bien plus grande d’une façon générale dans tous les pays anglo-saxons que chez nous. En outre, ces dépôts en banque sont à la base d’une gigantesque pyramide d'engagements, et si l’on considère que l'actif des banques est constitué en contrepartie par des dettes contractées par les grandes corporations économiques, par les grandes administrations publiques, on conçoit aisément qu’une atteinte aussi grave à la structure bancaire devait entraîner un ébranlement considérable de toute l’économie dont les autorités publiques ne pouvaient se
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désintéresser, dont, aussi bien, elles étaient les premières responsables.
Considérons un peu cette masse de dette qui se retrouve à l’actif des établissements bancaires (en 1933) :
Dettes du Gouvernement Fédéral
des Etats et des Commiunes ...... 38 milliards dollars DÉS EDTIVÉ6S Tuners cnne 118 milliards — Dont :
Préts=immoblhèrs ......2..... 9 milliards — Emprunts obligataires ......... 44 milliards —
Ces éléments d’actif se trouvaient fort dépréciés : les profits des Compagnies de Chemins de Fer étaient insuffisants pour le service de leurs obligations. L’imfpôt foncier, qui constituait la principale ressource des communes ne rentrait pas, et celles-ci ne pouvaient faire également le service de leurs obligations.
D’où vient, dira-t-on, que l’on se soit aperçu si tardivement de la moiïins-value des avoirs en banque ? Pourquoi ne pas avoir cherché plus tôt un remède à des erreurs si manifestement anciennes ? C’est que les banques étaient autorisées à ne pas comptabiliser ces déchets, dans l’espoir d’une augmentation des prix susceptible de les compenser. Les bilans ne permettent pas de se faire une opinion sur la situation réelle des actifs qui, bien que gelés en partie, n’en continuent pas moins à figurer pour une valeur fictive; d’où des décalages considérables entre les valeurs réelles et les valeurs fictives comptabilisées. Le phénomène s’était vraisemblablement généralisé puisque le Contrôleur des Banques de l'Etat de New-York (c’est-àdire là où le terrain bancaire est plus solide qu'ailleurs) a jugé nécessaire d’écarter exceptionnellement pour les bilans de fin d’année la règle orthodoxe, en vertu de laquelle les banques ne peuvent évaluer leurs portefeuilles-titres à des cours supérieurs à ceux effectivement cotés en bourse le jour de l'établissement du bilan. Cette entorse a un principe comptable essentiel, met en évidence la dépréciation profonde de nombreuses obligations, notamment celles des Compagnies de Fer. Les prêts hypothécaires eux-mêmes étaient portés au bilan soit au coût d'achat, soit à la valeur estimative du prêt.
RE
Averti plus ou moins, le public, méfiant, ne prêtait qu’à court terme et les défaillances locales de quelques banques particulières entraînèrent des runs sur les banques de dépôts. Sans doute, la Reconstruction Finance Corporation eût-elle pu dans certains cas faire face aux retraits. Les premières et les plus nombreuses victimes ont été naturellement parmi les petites banques, et plus particulièrement, à cause du caractère surtout agricole de la crise à son point de départ, les banques des régions agricoles. D’après les données fournies par les Federal Reserve Board, environ 80 % des banques qui fermèrent leurs guichets, dans les débuts du krach, étaient établies dans des agglomérations de moins de 10.000 habitants et pour la plupart des banques rurales. C’est là, évidemment, un processus d'élimination douloureux dont le résultat équivaut à priver de banques des districts entiers, maïs qui est le correctif logique, normal, de la dispersion bancaire aux Etats-Unis. Il est donc compréhensible que le moratoire des banques de Michigan intervenu le 13 février 1933 devait fatalement affecter d’autres Etats. Quelques jours après, le Bill Couzens est voté, permettant aux Gouverneurs de suspendre ou tout au moins de restreindre le paiement des banques et en même temps, pour concilier les besoins accrus du commerce et la nécessité d’être toujours en mesure de rembourser les dépôts, on institue le groupement de toutes les réserves des banques dans les banques de réserve fédérales, conférant ainsi à la structure du système bancaire une stabilité et une sécurité relatives. Malgré l’ingéniosité du système, toutes les banques pratiquent en même temps la même politique sollicitent toutes des avances, et l’on s'aperçoit bien vite dans cette crise, que la totalité des réserves était presque complètement engagée.