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courir à l’emprunt. De toute façon, l'entrepreneur doit considérer l’ensemble des éléments du prix de revient. Au moment de la dépression, il y a de la force de travail inemployée; pourquoi ne pas reconnaître qu’il reste également du crédit, qui ne trouvera emploi qu’au moment d’une amélioration de la situation économique ? Il y a toujours eu des inégalités dans le fonctionnement de la machine économique. Malgré les améliorations qu’on tâche d’y apporter, soit au point de vue technique, soit au point de vue social, par suite de la complexité encore accrue de ces phénomènes, il est difficile de croire à une future monotonie de la conjoncture. Les chômeurs ont remplacé la classe des rentiers, à ce point de vue, de même qu’il y a toujours eu des disponibilités monétaires inemployées.
On a essayé de provoquer une reprise économique par une baisse des taux d'intérêt et de larges investissements dans les opérations d’Open-Market. Or, au moment de la dépression les banques n’accordaient du crédit qu’à des taux prohibitifs. Pourquoi ce changement d’attitude si caractérisé ?
Il en est tout à fait différemment lorsque le Gouvernement emprunte auprès des banques pour entreprendre une politique de travaux publics; les pays qui ont adopté cette solution, dans la mesure où les finances publiques et l’état de la dette le permettaient, ont obtenu des résultats très appréciables, non seulement du seul point de vue social en occupant des chômeurs que l’on rétribue, au lieu de les secourir, mais encore au point de vue économique : dans ce cas, en effet, le circuit de la monnaie est complété, il va du Federal Reserve System aux individus par l’intermédiaire du Trésor. Il entre alors directement dans la circulation, procure du pouvoir d'achat et est susceptible d'apporter une sensible amélioration à la situation économique.
Toutes les fois que le Gouvernement accorde des crédits, ceux-ci peuvent se résorber au fur et à mesure de la reprise des ressources normales de crédit. Si l’on conçoit l’opération autrement, c’est un danger. Tout se ramène donc à un problème de mesure et de moment op-
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portun. Mais l'Etat n’a pas le don d’infaillibilité bancaire et toute initiative intempestive de sa part, peut, si elle affecte un ordre de grandeur important, voir des conséquences fâcheuses pour les finances publiques certes, mais aussi pour l’évolution économique elle-même, Se produisant en temps opportun et contenue dans des limites sages, affectant la forme d’un organisme bancaire, indépendant, son intervention peut jouer un rôle de transition utile dans la solution de la crise.