‹ L'assainissement bancaire aux États-Unis depuis 1933Chapitre 47 sur 55 · BE SE · texte numérisé non relu

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autorités bancaires américaines consisterait à attribuer aux banques de plus grands pouvoirs que ceux dont elles disposent actuellement pour contracter ou étendre le volume des dépôts et du portefeuille commercial. Toujours en conséquence des théories quantitatives de la monnaie, on estime que le volume des transactions commerciales se gonflerait ou se résorberait, au fur et à mesure que le volume de la monnaie aurait lui-même ses fluctuations propres et dans le même sens. Les banques, pouvant créer des dépôts à vue, agiraient sur la circulation. De même que les banques centrales exercent un contrôle sur la situation monétaire, on fournirait les moyens aux banques de dépôts d’exercer un contrôle semblable, et l'exigence d’un certain minimum de réserve correspond bien à ces vues. Mais on voudrait aller plus loin et accorder aux banques commerciales le droit de créer cette monnaie scripturale, dont les variations élastiques du volume seraient en fonction des fluctuations dans les transactions. Naturellement, un contrôle plus strict de ces banques serait à envisager. Une application constante des mêmes théories d’Irving Fisher amène à dire que la monnaie fiduciaire pourrait être un facteur précieux de stabilisation des prix, si elle se développait proportionnellement à l’accroisement de la masse des transactions; l’offre des instruments d'échange correspondant à l'accroissement de la demande, le niveau général des prix se maintiendrait de façon continue, l'épargne se formerait normalement. Sans doute n'est-ce là formulé qu’un idéal impossible à atteindre, mais il faut s’en rapprocher suffisamment pour empêcher la perturbation des valeurs économiques. En conséquence de ces idées, il est communément reproché aux banques de dépôts et à la législation elle-même de ne pas avoir compris leur véritable rôle. Quand la manufacture de monnaie de papier ou d’écritures excède fortement les limites raisonnables, elle crée du pouvoir d’achat fictif, c’est-à-dire non représentatif de richesses réelles. Ce vice original va se transmettre, continuent à affirmer les mêmes économistes, au profit luimême puisque l’expansion de la circulation monétaire et scripturale constitue la condition de la hausse des prix,

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et par conséquent de la hausse du profit, (par suite du décalage entre les prix de vente et les prix de revient), et finalement du profit à l’épargne. La capitalisation est donc l’objet d’une exagération reposant en dernière analyse sur la création de pouvoir d’achat fictif. Lorsque l'épargne, devenue méfiante à juste titre, se dérobe, le crédit prend sa place, mais pas pour longtemps à cause de la méfiance qui s’empare des banques elles-mêmes. On admet donc que la réglementation de l’inflation de la monnaie scripturale suffirait à contenir le crédit à court terme dans des limites modérées et à empêcher l’exagération des capitaux des entreprises productrices; on aboutirait donc là à une modération automatique de l’essor de l’économie.

En dehors de cet automatisme, on peut concevoir que la loi préciserait à l’aide d’indices le moment où la prospérité économique est sur le point de dégénérer en effervescence pernicieuse. À ce moment, qui est déjà si malaisé à déterminer, le Gouvernement déclencherait l’action régulatrice. Mais ne peut-on supposer qu’il serait déjà gagné lui-même par la psychose de la prospérité, par suite, peu enclin à freiner le mouvement ascensionnel et qui, s’il y décidait, susciterait de véritables clameurs d’indignation dans le monde de la spéculation et des affaires ?

L’automatisme, par contre, agirait à l’égard des banques de dépôts et des banques d'émission, et, de plus, aurait le mérite de la discrétion et de l’efficacité. Le public ne pourrait s’apercevoir de la conséquence indirecte mais certaine qu’il aurait sur la formation de l’épargne, l’opinion ne s’émouvant d'ordinaire qu’à l’occasion de faits simples et patents.

La réglementation des ouvertures de crédit empêcherait la formation d’épargne fictive, c’est-à-dire constituée au détriment du pouvoir d'achat destiné normalement à la consommäation. Elle préviendrait le déséquilibre en restreignant l'offre, en sauvegardant la demande.

Telles sont, dans l’ordre du contrôle du crédit, les réglementations souhaitables. Les Reserve Banks ont-elles appliqué depuis 1953 les principes généraux de cette politique, ont-elles tenu le rôle que l’on pouvait en attendre

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