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d'importantes conséquences et aussi le plus lourd de sens, si l’on désire, dans la mesure du possible, entrevoir la forme définitive du système bancaire. Ce n’est certes pas une innovation puisque sa conception et sa réalisation partielle originelles remontent au début du 19° siècle, aux Etats-Unis même, et qu’elle est déjà pratiquée en Tchécoslavie, où elle ne donna d’ailleurs pas de résultats satisfaisants : elle ne parvint pas à fournir les fonds suffisants à porter secours aux établissements en péril, l'Etat ayant dû émettre un emprunt obligatoire de 800 millions de couronnes. Si, au point de vue social, l’assurance des dépôts paraît satisfaisante en garantissant dans une certaine mesure l'avoir des petits déposants, c’est un expédient à la mesure plus absolue de l'unification bancaire, qui présente bien de graves inconvénients; elle provoque, du fait même de l’exonération de responsabilité qu’elle comporte, un relâchement dans la gestion des fonds confiés aux établissements de crédit et, bien plus encore, un développement excessif et imprudent du crédit : or, n’estce point se soumettre délibérément à un danger plus grand que de découvrir ce palliatif indirect à la dissémination bancaire, en retombant hélas dans les abus d’où sortirent les crises successives d’après-guerre.
Sans doute, dira-t-on, la garantie sera assortie d’un contrôle adéquat. Mais celui-ci ne pourra guère porter que sur la gestion financière, et non pas sur la politique générale de crédit des banques, à supposer même qu’il soit en mesure d’assurer la surveillance technique d’une telle organisation. D’ailleurs, ce contrôle sera d’autant plus délicat à établir que l’assurance rendra sa tâche plus difficile en constituant elle-même une prime à la mauvaise gestion, ainsi que l’a exprimé un banquier amèëricain : « L’assurance des dépôts crée l’impression que n'importe quelle banque en vaut une autre. Puisque tous les dépôts de toutes les banques sont garantis, toute dis- : crimination dans le choix des banques disparaît, de sorte que les banques téméraires ou spéculatrices jouissent du patronage public au même titre que les banques saines ».
Quant à la politique du crédit adoptée par les dernières
lois, outre qu’elle ressort de prescriptions décousues, elle participe à la théorie quantitative de la monnaie ou aux théories qui en dérivent, et, sans avoir à démontrer leur caractère erroné, il suffit de dire que jusqu’à présent elle n’a guère donné que des déboires. Il ne faut pas abuser de cette remarquable pompe qui est le crédit, aspirant et refoulant de l’activité, intensifiant la production là où il passe. Bien au contraire il faudrait que les banquiers puissent doser ces crédits à chaque branche productrice, suivant sa situation et les besoins de la consommation.
D’ailleurs, ainsi que l’a dit Monsieur LESCURE, « avec la concentration du crédit, l'intérêt de la grande banque s’identifie de plus en plus avec l’intérêt général ». Il serait possible dès lors d’entrevoir le moyen d’enrayer le développement des crises. En attendant que les banques deviennent les modérateurs des crises, elles pourraient jouer tout au moins le rôle de directeur de l’économie; grâce à leurs antennes spéciales, elles pourraient prodiguer des conseils utiles, avoir une voix consultative prépondérante dans l’économie du pays; c’est d’ailleurs un peu dans ce sens que la Deutsche Bank a institué un service de consultations économiques susceptibles d’aider les clients à « adapter leurs entreprises aux changements de la Conjoncture ».
Si une amélioration dans la structure bancaire des Etats-Unis semble impliquée par le titre même adopté pour cet ouvrage, il ne faudrait certes pas conclure des développements précédents qu’elle n’est qu’un mythe.
Après son effondrement total en mars 1933, il est vraiment remarquable que le système bancaire ait été remis sur pied en quelques mois, fonctionnant normalement, après le rétablissement de la confiance du public ébranlée par un aussi rude coup, où beaucoup perdirent un tiers de leur fortune.
Si des organismes officiels aidèrent considérablement à ce rétablissement, ce secours fût passager et les avances seront remboursées à une échéance plus ou moins longue.
Mais, en se proposant, dans le domaine du crédit, d’interrompre le développement de la crise, les grandes lois de