SCÈNE TROISIÈME
ANGÉLIQUE, descendant à gauche du canapé.
Monsieur?
LECOINCHEUX.
Ce pavillon n'a pas été habité depuis la mort de M. Pérard?
ANGKI.IQUE.
Non, m on sien r.
LECOINCHEUX.
Vous 3' êtes entrée toute seule ce matin?
ANGÉLIQUE
Oui, monsieur.
Jean descend à l'avant-scéne de droite.
LECOINCHEUX, se levant vivement.
En ce cas veuillez me dire à qui appartient ce cheveu?
JEAN, scandalisé.
il y a un cheveu!
LECOINCHEUX.
Laissez parler l'accusée... je veux dire Angélique!
Dame! monsieur, je ne sais pas, moi... C'est peut-être encore un cheveu de défunt monsieur.
LECOINCHEUX.
Vous savez, comme nous, que le regretté M. Pérard était chauve.
JEAN
Mais alors...
ANGÉLIQUE
C'est qu'aussi, monsieur me demande des choses... Je ne
sais pas où j'ai la tète. Maintenant je le reconnais, monsieur, il est à moi. Si monsieur veut bien me le rendre...
LECOINCHEUX.
Les vôtres sont plus longs et plus soyeux, Angélique. Ceci est un cheveu d'homme, (Gravement.) pour ne pas dire de malfaiteur.
JEAN
Pardi! on le voit bien, que c'est un cheveu mâle!
ANGÉLIQUE
Vous le savez de reste, m'sieu Jean, puisqu'il est à vous.
Elle le pince et le fait passer entre elle et Leeoincheux. JEAN.
Aïe!
Qu'y a-t-il ?
JEAN
Rien, m'sieu, une crampe.
LECOINCHEUX, à Angélique, montrant du doigt la chevelure de Jean.
Ceci est noir, cela est blond!
ANGÉLIQUE
Justement! C'est un cheveu blond que je lui ai arraché parce qu'il était blanc.
JEAN
Mais... mais... (Angélique lui donne un coup de poing dans le
dos.) C'est que c'est pourtant vrai, tout de môme! Mes pauvres cheveux, je ne sais pas ce qui leur arrive, mais elle me donne tant de tintouin que je blanchis. (Bas, à Angélique.) Menteuse!