‹ L'assassin; comédie en un acteChapitre 33 sur 42 · SCÈNE ONZIEME · texte numérisé non relu

SCÈNE ONZIEME

MADAME PKRAUD, émue, étendant la main pour prendre le carnet.

Pauvre jeune homuie!

LECOINCUECX.

Pardon, madame. C'est une pièce de conviction. La justice ne doit pas s'en dessaisir.

MADAME PÉRARD

Eh! monsieur, ne voyez-vous pas que votre prétendu malfaiteur est le plus loyal, le j)lus délicat, le plus héroïque de tous les hommes?

LECOINCHEUX.

C'est un voleur et un assassin, vous dis-je.

JEAN

Lui! voleur! Il m'a donné vingt francs!

LEC.OINCHErX.

Remettez-les moi.

JEAN

Ah! ben, merci! J'aime mieux les voleurs que la justice, moi!

LECOINCHEUX.

Est-ce qu'un honnête garçon comme vous garderait les présents de Corbillon?

JEAN

Corbillon! c'est Corbillon! Ah! canaille! Ah! scélérat! Et il m'a donné vingt francs, pour qu'on mêles reprenne!

(il fait semblant de les donner à Lecoincheux et les remet dans sa

poche.) Mais je sais où il est! j'ai vu le chemin qu'il a pris! je vas vous le rendre, mon bon magistrat! Et ça osait faire l'œil à madame!

LECOINCHEUX, aux deux gendarmes.— Il est remonté au premier plan, milieu.

Montez à cheval; que l'un de vous prenne ce garçon en

croupe! (Jean se recule et se cogne au brigadier, qui le repousse et le renvoie à Lecoincheux, qui le pousse vers les gendarmes qui sont de chaque côté de la porte de droite, lesquels le prennent par les épaules

et sortent avec lui.) Brigadier, VOUS resterez ici.

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