‹ L'assassin; comédie en un acteChapitre 41 sur 42 · SCENE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

SCENE QUINZIÈME

ALFRED

Est-ce vrai? Votre parole d'honneur?

LECOINf.HEUX.

Un total de cent vingt-sept mille francs.

A LFUKI).

Mais alors, mon cher monsieur, ma mort passe à l'état de superfluité. Je ressuscite! Je vis!

Chantant.

Je suis lui-même, Le grand Alfred Ducamp!

MADAME PÉRAUD.

Dieu !

Elle s'évanouit dans les bras du brigadier qui la pose sur le canapé.

ALFRED

IVIadame!

LECOI NCH EUX, descend au premier plan, milieu, à droite du brigadier.

Brigadier! prodiguez vos soins à madame Pérard! (a Alfred.) Quant à vous, nessayez point de vous parer du nom de votre victime.

Mais voici mon passe-port! un peu mouillé, c'est vrai.

LECOINCHELX.

Les dépouilles de votre victime! (Ramassant un papier qui

est tombé de la poche d'Alfred.) Et ce papier! il manquait au

dossier! le complément de ses aveux. (ll rapproche les fragments et lit à voix basse.) Diable! serait-il possible que vous fussiez le grand artiste !

ALFRED

Grand; c'est beaucoup dire, mais pour artiste, voilà!

(Il esquisse au crayon une charge de Lecoincheux.) VoUS trOUVez-

vous ressemblant?

LECOINCHEUX.

Je le garde, monsieur, trop heureux d'emporter ce souvenir d'une maison où ma présence, je le crains, sera désormais superflue.

Il fait passer madame Pérard entre lui et Alfred. MADAME PÉRARD, lui tendant la main.

Nous sommes assez riches pour nous donner le luxe d'un ami.

LECOINCH ECX, embrassant la main de madame Pérard.

Pardonnez-moi mes vivacités, monsieur; elles me coûtent assez cher. C'est égal, vous êtes bien heureux d'être tombé sur un magistrat français! Je connais plus d'un pays où la justice n'aurait pas l'esprit de reconnaître son tort.

LE BRIGADIER

Oui, monsieur le procureur du roi.

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