‹ L'assassin du bel AntoineChapitre 4 sur 6 · de Marcillac saisit une des poignées et se recula · texte numérisé non relu

de Marcillac saisit une des poignées et se recula

— C’est bien loin, trois pas, dit-il ; que vous en semble ?

— Ce sera deux, si vous voulez, dit Julieo se rapprochant.

Hs allaient abaisser leurs armes.

— Au moment de braver la mort, dit 31. de Marcillac, vous n’avez aucune mission suprême à me confier?

— Aucune, dit Julien.

Et il ajouta :

Digilized by Coogle

— N’avez Y®us non plus nulle recommandation à me faire ?

— Je vous serais obligé, dit M. de Mareillac, au cas où je serais frappé, de. ne pas me faire transporter chez moi. C’est un vilain ^>ectacle que celui d’un agonisant ou d’un mort pour une femme. Vous aurez la bonté de prévenir un de mes parents, M. de Vimeux. 11 habite ici près. Tout le inonde vous indiquera sa maison.

— Il sera fait comme vous le désirez, dit Julien.

Il y eut un moment de silence poignant pendant lequel les deux hommes se couchèren t en joue.

Julien fit feu le premier. M. de Marcillac tomba.

Le jeune homme resta un moment glacé, regardant avec effroi le sang qui s’échappait à

flots d’une blessure reçue par M. de Marcillac à la tête, et qui dégouttait des cheveux sur le sol humide.

Quand il jeta son arme pour lui porter secours , le corps n’était plus qu’une masse inerte. Il déboutonna le gilet de son adversaire, mit la main sur la poitrine : le cœur ne battait plus. Alors, il renferma les pistolets, étendit le manteau du mort sur lui, et reprit, égaré, le chemin de la ville.

Le lendemain matin, à son lever, on monta à Julien, dans la chambre de l’hôtel où il avait passé la nuit, une lettre dont l’écriture le fit tressaillir.

Il arracha vivement l’enveloppe et lut :

« Julien,

» A l’heure où vous recevrez cette lettre, je serai déjà réfugiée dans un couvent. Ne cherchez pas à me revoir. Il y a du sang entre nous. »

Page 1