DES FEUX FOLLETS
autour des villes et des villages du front, dans les cimetières débordés, agrandis démesurément :
Tombés pour leur pays et pour sa liberté,
tombés pour leur pays, dans la sainte clarté
des armes, les Morts font les vivants solidaires.
Sur les lignes de feu, — front qui ne pense pas, —
hommes intelligents devenus militaires,
nous gisons sous le sol, isolés ou par tas.
Vivants, venez rêver dessus nos ossuaires.
Nous ne connaissons plus le printemps ni Tété ;
mais, si la malchance a de la lutte écarté
nombre de compagnons, morts de la Grande Guerre.
songez qu'on est de vous à peine séparés,
près de vous étendus, et dans la même terre.
oh l'assassin innombrable
Si quelque éclat d'obus nous a mis aux arrêts, non loin de la tranchée, encore côte à côte presque avec les copains, notre âme reste haute, voltige, inquiète; et c'est seulement, nos drapeaux vainqueurs, qu'on entrera, vraiment, dans le repos.