‹ L'assassin innombrableChapitre 41 sur 63 · DES FEUX FOLLETS · texte numérisé non relu

DES FEUX FOLLETS

autour des villes et des villages du front, dans les cimetières débordés, agrandis démesurément :

Tombés pour leur pays et pour sa liberté,

tombés pour leur pays, dans la sainte clarté

des armes, les Morts font les vivants solidaires.

Sur les lignes de feu, — front qui ne pense pas, —

hommes intelligents devenus militaires,

nous gisons sous le sol, isolés ou par tas.

Vivants, venez rêver dessus nos ossuaires.

Nous ne connaissons plus le printemps ni Tété ;

mais, si la malchance a de la lutte écarté

nombre de compagnons, morts de la Grande Guerre.

songez qu'on est de vous à peine séparés,

près de vous étendus, et dans la même terre.

oh l'assassin innombrable

Si quelque éclat d'obus nous a mis aux arrêts, non loin de la tranchée, encore côte à côte presque avec les copains, notre âme reste haute, voltige, inquiète; et c'est seulement, nos drapeaux vainqueurs, qu'on entrera, vraiment, dans le repos.

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