LA VIE ÉTERNELLE
LE POÈTE DE FRANCE
Soldats, par qui l'Europe est un grand cimetière, braves de tous pays défendant leur frontière, le canon, — parmi vous, à mitraille, fauchant de tous côtés, — vous fit blesser, tuer au champ d'honneur. Sonnez, clairons ! Battez, tambours !
La jambe belle, vous alliez dans la bataille si bien en avant! en avant! que votre élan enjambe la mort pour retrouver la vie. Et, — plus rien, maintenant, — vous restez tout, le souvenir, l'exemple, purifiés, meilleurs, et la gloire du temple où germe l'avenir.
Au milieu des vainqueurs, ô Morts toujours vivants qui remplissez nos cœurs, pour vous récompenser de votre effort tenace, dans la tranchée, avec les rats, avec les poux, sous les schrapnels, les balles, les obus, la menace du ciel, — votre drapeau, superbe, plein de Trous qui sont les Yeux ardents et fiers de votre race, le drapeau vous regarde — et s'incline vers vous.