L'AME SERBE
assise parmi les cyprès, à côté d'une stèle brisée, regarde les incendies, les rapines, les assassinats, les viols, r infinité de
jH l'assassin innombrable
crimes commis par les Allemands et leurs domestiques bulgares, contemple les désastres et les ruines de la pairie: elle pleure en chantant une cantilène :
Idéal, toi qui nous exhortes, celles qui croyaient au bonheur, à l'amour, dans le déshonneur,
sont mortes.
Faibles, les redresseurs de torts, ceux qui pourchassaient, dans le monde oppressé, les Boches immondes,
sont morts.
Les bandits vainqueurs nous emportent tout. Nos chères illusions, dans les deuils de l'invasion,
sont mortes. Ils ont Belgrade, avec ses forts, qui sur le beau Danube rêve.
Les cœurs des femmes qu'ils enlèvent
sont morts.
La nuit tranquille ouvre ses portes.
Les jeunes héros glorieux sont morts ; les vierges aux doux yeux
sont mortes.