CHAPITRE PREMIER
Condé se met en campagne (7 novembre 1562.)
— Bataille de Dreux {i5 décembre 1562.) — Le duc de Guise se remet en campagne {26 décembre.)
— Dénuement de V armée royale. — Prise du portereau d'Orléans (6 février 1563.) — Attentat de Poltrot de Méré {18 février.) — Mort du duc de Guise {24 février.) — Obsèques du duc de Guise {19 mars.) — Arrestation de Poltrot de Méré (20 février.) — Premier interrogatoire de Poltrot {21 février.) — Second interrogatoire {27 février.) Cœur de Roy est conduit à Paris (6 mars.) — Troisième interrogatoire de Poltrot (7 mars.) — Poltrot disculpe Vamiral Coligny {15 mars.) — Condamnation de Poltrot {18 mars.) — Derniers interrogatoires et supplice de Poltrot.
Le duc de Guise n'avait encore été que le chef du parti catholique; il était destiné à devenir le plus grand capitaine de Tarmée royale.
Depuis le commencement de la guerre civile, le prince de Condé et Coligny concen-
traient à Orléans les forces éparses de la Réforme, la noblesse calviniste, les secours que les princes allemands avaient promis moyennant finance, les bandes soudoyées par la reine de Navarre, les mécontents, les ennemis du duc de Guise. Le 7 novembre, Gondé a se mit aux champs )), parut le 24 sous les murs de Paris, terrifia les bourgeois par ses rodomontades sans autre résultat que d'augmenter la haine des Parisiens contre son parti, et, le 10 décembre, reprit la campagne. L'armée royale était commandée par le connétable de Montmorency, et en second, par le maréchal de Saint-André. Le duc de Guise n'exerçait aucune autorité nominale et combattait en volontaire avec sa compagnie, ce Les huguenots, dit Castelnau, « prétendoient que c'estoit sa querelle et « qu'il estoit le motif de la guerre, dont il « vouloit oster l'opinion *. » Voilà pourquoi il n'avait accepté aucune charge officielle.
Aussitôt que le prince de Condé eut décampé, l'armée royale se mit à sa poursuite et l'atteignit le 19 décembre dans les plaines de Dreux ^.
i. — Mémoires de Castelnau, liv. IV, chap. V.