‹ L'assassinat de François de Lorraine due de Guise: 18 février, 1563Chapitre 41 sur 54 · Original; f. fr., vol. 6610, f · texte numérisé non relu

Original; f. fr., vol. 6610, f

Théodore de Bèze au colloque de Poissy, et plus tard au concile de Trente *, son âpreté à rintrigue avaient fait échouer leurs tentatives pacifiques, comme Thabileté du duc de Guise avait fait échouer leurs efforts mili^ taires. fin 1564 ils avaient contre lui de nouveaux griefs. Le cardinal avait cru deviner la jalousie de Condé contre Coligny. Armé de ce secret, il s'efforçait de détacher le prince de la faction huguenote ^. Condé était veuf depuis le 23 juillet 1564. Au mois de décembre, le cardinal le visita à Soissons et lui proposa d'abandonner les réformés, les Montmorency, le parti des mécontents et d'épouser une des filles du duc de Guise. La charge de lieutenant général du royaume devait être le prix de pette évolution ^.

Condé refusa, mais la négociation s'ébruita.

Coligny accourut à Chantilly. Vers la fin du mois do décembre, un jour de chasse.

i. — Le cardinal de Lorraine était au concile de Trente lorsque le duc de Guise fut assassiné. Voyez un beau passage des Essais de Montaigne, liv. I, chap. H.

2. — Un long récit du temps, conservé dans le fonds français, vol. 5791, raconte les eiïorts du parti catholique pour détacher Condé de la cause protestante.

3. — Lettre de Francès de Âlava, ambassadeur d'Espagne à Philippe II, 18 janvier, 7 février, 2 mars 1565. (Orig. espag., Arch. nat. K 150o, n© 33, 46 et 53).

la maréchale de Montmorency lui donna rendez-vous dans les bois. L'amiral monta dans le coche de sa cousine Qt vint secrètement à Paris. Logé à Thôtel de Montmorency, il eut des conférences avec le maréchal, le prince de Porciau et quelques capitaines du tiers parti ^ Là, furent arrêtées de graves décisions pour humilier le plénipotentiaire mitre du parti catholique.

Après la négociation secrète de Soissons, le cardinal résolut de faire une entrée solennelle à Paris. Dans quel but? on Tignore.

Peut-être obéissait-il simplement à un sentiment de vanité qui lui était ordinaire. Il partit de Soissons vers la fin de décembre (1664), s'arrêta à Tabbaye de Saint-Denis et y convoqua de nombreux amis de sa maison, les s. de Lignières, le dénonciatejir de la conjuration d'Amboise, de Crenay, le compagnon du duc de Guise aux Vaslins et une foule d'autres. Une ordonnance royale toute récente, du 13 décembre 1564,^ défendait aux seigneurs de se montrer à Paris avec un cortège armé ^. Le cardinal ne l'ignorait pas,

1. — Lettre de Francès de Alava au roi d'Espagne, 23 janvier 1565. (Orig. espag.. Arch. nat. K 1503, n» 35). La lettre est écrite de Toulouse, ce qui explique le retard de certains détails.

. 2. — Rapport à l'ambassadeur d'Espagne, 9 janvier 1565. (Orig. espag., Arch. nat., K. 1505, n» 3i).

mais il n'en tint compte ou se crut dans son droit, car il avait obtenu, quelques années auparavant, l'autorisation d'entretenir une garde de cinquante arquebusiers *. Le lundi 8 janvier 1565, il se préparait à paraître triomphalement à Paris. Le gouverneur de Paris, François de Montmorency, son ennemi, informé de ses desseins, lui signifia à Saint- Denis l'ordonnance du 13 décembre précédent. Le prélat méprisa le message, et, pour marquer sa supériorité sur les lieutenants de roi, refusa do communiquer son exemption au messager ^. C'était un vrai défi. Le gouverneur se rendit au parlement à l'ouverture de l'audience et déclara à la cour qu'il ne « comporteroit pas que le cardinal de Lor- « raine entrât à Paris avec sa garde d'har- « quebusiers ^. »

Déjà l'orgueilleux Lorrain était aux portes de la ville. Sommé par un prévôt de faire déposer les armes à ses arquebusiers, il

1. — De Thou. liv. XXVIII. — Felibien, HisL de Paris, t. II, p. 1092.

2. — Lettre de Suriano, ambassadeur Vénitien, au doge de Venise, 2 février 1564 (1565). Suriano n'était pas à Paris mais il suivait la cour et y recueillait ses informations. Son récit est d'autant plus intéressant qu'il est inspiré par le cardinal d'Armagnac. (Bibl. nat., f. ital., vol. 1724, f. 247).

3. — Lettre du maréchal de Montmorency à Jeanne d'Albret, 11 janvier 1565. (Copie du temps, Arch. nat. K.1503, no2y

dédaigne de répondre. Les sergents de justice essaient dé procéder au désarmement.

Ils sont battus et mis en fuite. Le maréchal les rallie au Louvre et les renvoie au-devant du cardinal avec une compagnie de quinze arquebusiers. Les deux troupes se choquent dans la rue Saint-Denis et les gens du maréchal sont enfoncés. Montmorency accourt avec une nombreuse garde « de Tune et de « l'autre religion » et rencontre le cortège au coin de la rue Saint-Honoré. D'après les récits officiel qu'il envoya au roi, il adrqsse une dernière sommation au cardinal; les soldats du prélat y répondent par une arquebusade qui tue un des gentilshommes du prince de Porcian ^ D'après les narrateurs du parti catholique, Montmorency, de prime abord, commande une décharge.

Charles de Lorraine défend la riposte à ses gens. Le cortège se disperse et s'enfuit au galop. Le cardinal se réfugie avec ses neveux dans une boutique entrouverte. Un serviteur, en repoussant la porte, reçoit une arquebusade et tombe mort à ses pieds.

L'ambassadeur espagnol raconte que Montmorency lui-même s'élance sur les fuyards,

\. — Lettre de François de Montmorency à la reine publiée par nous dans le tome VI des Mémoires de la Société de VHistoire de Paris et de Vlsle de France.

arrête de sa main un seigneur qui ressemblait au cardinal : « Tu vas mourir, ce cardinal^ meurs, dit -il. » fit il le tue d'un coup de pistolet. Le jeune duc dô Guise, l'épée à la main, voulait continuer le combat et charmait par son attitude martiale les partisans de sa maison. Il s'attaque au maréchal et Montmorency ne réussit à lui échapper qu'en se jetant à bas de son cheval *.

La nuit venue, le cardinal sortit de sa retraite et se retira à l'hôtel de Cluny. Il y trouva le duc d'Aumale qui, averti de la mésaventure de son frère, était entré secrètement par la porte du Louvre. Les deux Lorrains passèrent la nuit dans l'angoisse.

Le lendemain le cardinal communiqua au maréchal les lettres du roi qui l'autorisaient à avoir une garde. Que ne l'avait-il fait la veille I Le mercredi, H janvier, à deux heures du matin, les deux frères, en petit équipage, armés seulement de lanternes, se retirèrent

i. — Tous les historiens protestants présentent cette affaire dans un sens favorable à Montmorency.

— De Thou, qui détestait les Guises, donne à son récit la même couleur (liv. XXXVIII). — Journal de Bruslard dans les Mémoires de Condé, t. I, p. 151.

— Rapport adressé à l'ambassadeur d'Espagne et communiqué à Philippe II. (Arch. nat. K. 1503, n» 28 et 35). Nous avons publié aans le tome VI des Mémoires de la Soc. de l*Hisl. de Paris les parties les plus saillantes de cette pièce.

à Meudon et; bientôt le cardinal à Reims et le duc à Saint-Denis.

Après le combat, Montmorency se rendit au parlement et présenta les événements du jour comme une exécution de justice. La cour, en majorité composée de magistrats dévoués aux Lorrains, n'osa protester. Le premier président répondit que a ce n'estoit

(( rien mais qu'ils désiroient pour la

« continuation du repos qu'on n'en vint

« plus avant » Christophe de Thou, s'il

en avait eu le courage, aurait pu ajouter que le maréchal avait durement abusé de son droit ; Summum juSy summa injuria.

Le soir môme, François de Montmorency écrivit à la reine, puis è Jeanne d'Albret, au duc de Montpensier, probablement à tous les princes, pour atténuer la gravité du combat *. Catherine fut consternée. Elle apprit bientôt que le duc d'Aumale, escorté de quelques aventuriers, faisait, aux environs de Paris, des courses plus dangereuses pour les bourgeois do Tlsle de France que pour le gouverneur de la province, que le maréchal avait massé autour de Paris les compagnies de Charles de Montmorency-Meru et

1. — Ces trois lettres» la base principale du récit de cette afTaire, ont été publiées dans le tome VI des Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris.

de Coligny, que Tamiral lui-même était venu à Paris, le 22 janvier, que le maréchal avait tenu en sa présence un conseil de guerre S que le prince de Gondé s'était rapproché de Paris et avait engagé aux .portes de la ville une lutte où le prévôt avait été tué 2, que le duc d'Aumale se faisait le promoteur d'une ligue catholique destinée à combattre les huguenots ^. Ces nouvelles aggravaient la situation au moment môme où la paix était plus nécessaire à la reine, à la veille de son entrevue avec le roi d'Espagne. Catherine crut la guerre ouverte dans l'Isle de France. Son premier mouvement fut de l'empôcher de s'étendre en province ^, son second d'éloigner de Paris Condé et l'amiral ^. Le

i. — Lettre d'Alava à Philippe II, 4 février i565- (Arch. nat., K. 1503. n» 44). — Papiers d*estat de Granvelle, t. VIII. p. 656. — Lettre de Suriano au doge, ii février 1564 (1565) (f. itel., vol. 1724, f. 251). — DeThou, liv. XXXVlII. — Discours du voyage fait à Paris par M. l'admirai du mois de janvier dernier, petit in-8<», s. 1. n. d., pièce du temps fort rare, écrite au point de vue protestant, presque textuellement reproduite par de Thou.

2. — Lettre d* A lava au roi d'Espagne, 4 février 1565. (Orig. espagnol; Arch. nat., K. 1503 n« 44). — Autre du 26 avril (ibid., n» 76).

3. — Lettre du duc d'Aumale au marquis d'Elbeuf, 24 février 1565. (Mémoires de Gondé, t. V, p. 272). *

4. — Circulaire du roi à tous les lieutenants de roi, 17 janvier 1565. (Minute; f. fr., vol. 15880, f. 99).

5. — Lettre du roi au maréchal de Montmorency, 2 février 1565. (Orig., f. fr., vol. 3204, f. 71). — L'ordre fut renouvelé au mois de mai.

prince désobéit et vint à Paris le 7 mai. Sa présence fut encore une fois là cause de quelques désordres ^ Aussitôt le roi lui commanda de sortir de la ville, et, pour éviter tout conflit ou tout accord avec une population impressionnable et fanatique, il étendit la défense d'y entrer aux ducs de Guise, d'Aumale, de Nevers, à tous les chefs de Tune et de Tautre faction dont l'arrivée pouvait remuer le peuple ^.^

Ces troubles, ces allées et venues en armes, qui sonnaient le tocsin de la guerre, rappelaient à la reine que l'assassinat du duc de Guise n'avait pas reçu de répression. On se querellait à la cour ^, on se battait dans les rues de Paris pour ou contre l'honneur de Coligny. Dans un pays, où les chefs arrivent si rapidement à incarner les principes, où les questions de personnes passionnent plus profondément les partis que les idées abs-

i. — Journal de Bruslard dans les Mémoires de Condé, 1. 1, p. 155 et suiv.

2. — Lettre du roi à François de Montmorency, Mont-de-Marsan, 21 mai 1565. (Orig., f. fr., vol. 3194, f® 60). — Roole particulier de ceulx que le roi ne veuit entrer en sa ville de Paris jusques à son retour en lad. ville. (Deux pièces, orig., f. fr., vol. 3194, f. 49 et 51).

3. — Un espion espagnol, don Juan Martinez Descurra parle au secrétaire d'état Erasso d'une grave

Suerelle à la cour entre Condé et Nemours au sujet e la mort de Guise (Lettre du 19 juillet 1563; Arch. nat., K. 1499, n« 81).

traites, catholiques et protestants faisaient bon marché do leurs disputes religieuses et se partageaient entre accusateurs et défenseurs de Tamiral. Le procès ne pouvait rester éternellement en suspens et servir éternellement de plate-forme à la lutte. Des trois années de délai que le roi avait imposées aux demandeurs par son arrêt du 5 janvier 1564, lés deux premières touchaient à leur fin.

Catherine résolut d'utiliser la troisième à rendre un arrêt défmitif et à le faire accepter par les deux maisons ennemies.

Après avoir visité la Provence, le Languedoc, la Guyenne, après l'entrevue de Bayonne, la cour avait lentement traversé les Landes, TAngoumois, le Poitou, l'Anjou, la Touraine, le Berry et était arrivée le 22 décembre à Moulins ^ C'est là qu'allait se jouer la comédie dont la reine espérait tirer un dénouement si avantageux à sa politique.

Le roi convoqua à Moulins les Guises et les Coligny, et, le 7 janvier 1566, il édicta un règlement minutieux sur Tordre qui devait être gardé pendant le séjour de la cour ^;

1. — Journal d'Âbel Jouan dans le tome I des Pièces fugitives du marquis d'Âubais.

2. — Original daté du 7 janvier 1566, contresigné par Claude de TAubespine; f. fr., vol. 3207, f. 5.

défense aux seigneurs calvinistes de célébrer les cérémonies de leur culte, de s'armer, de s'entourer de gardes, etc. La sévérité de ces ordres souleva quelques soupçons; Soubise craignait que la reine mère eut attiré ses compagnons d'armes dans un piège K II connaissait bien peu la politique de la reine à cette date. L'amiral arriva le premier» au rendez-vous ". Le cardinal de Lorraine entra à Moulins le H janvier escorté d'une foule do seigneurs que la reine mère avait envoyés au devant de lui, le duc de Montpensier et son fils, le prince de Condé et son fils, le maréchal de Bourdillon, le duc de Longueville et d'autres. Le roi et la reine le reçurent avec tout l'honneur qu'il eut su « désirer ^. » La duchesse de Guise était à la cour; le jeune duc ne vint pas *.

i. — Mémoires de Soubise, 1879, p. 93. Le comte de la Perrière a réfuté ces soupçons. {Lettres de Catherine de Médicis, t. II, introduction, p. 105).

2. — Lettre de Coligny. du 11 janvier, publiée par le comte Deiaborde, Ùoiigny, t. II, p. 396.

3. — Propos d'accomodement fait par la reine au cardinal de Lorraine et ses réponses touchant la mort de son frère. Cette pièce, oont il existe de nombreuses copies à la Bibliothèque nationale, a été imprimée par du Bouchot, Hist, de la maison de Coligny, p. 538.

à. — L'absence du duc de Quise est constatée par la relation que nous signalons dans la note précédente, ainsi que par Gastelnau, Mémoires^ liv. VI, cliap. n.

Aussitôt commencèrent de sourdes intrigues. Le connétable tenait résolument le parti de son neveu de Coligny. En crédit auprès du roi et de la reine, plus qu'on ne le croyait à la cour *, il ne cessait de rappeler son dévouement éprouvé sous quatre rois et de l'opposer à la courtisanerie récente de ces petits princes lorrains, qui n'avaient pris du service en France que pour exploiter les faveurs royales. Les Guises étaient puissants, peut-être plus puissants que le connétable, à cause de l'appui que prétait à leur cause l'unanimité des catholiques, mais ils n'étaient pas absolument d'accord entre pux. Les ducs d'Aumale et d'Elbeuf, esclaves de leur propre fortune, avaient des ambitions étrangères et souvent môme opposées aux intérêts du chef de leur maison. Le cardinal de Lorraine travaillait à se rapprocher du prince do Condé par haine des Montmorency. Au milieu de ces menées, la reine mère, fidèle à son système, flattait les uns et les autres et s'efforçait de convaincre chaque seigneur qu'elle était de cœur avec lui. L'ambassadeur d'Espagne, qui se croyait tout puissant à la cour depuis l'entrevue de Bayonne, blâmait très

1. ^ Lettre d'Âlava à Philippe II, Moulins, 19 janvier 1566. (Arch. nat., K. 1505, n» 67).

haut les tergiversations de la reine. Un jour il Taccusa de diviser pour régner. Catherine lui répondit que le désir d'éviter la guerre était le secret de sa politique, et, comme Tambassadeur citait les faveurs accordées à Tamiral, ce elle se mit, dit-il, à me rire au nez ce d'une manière telle qu'il me sembla qu'elle a traitait de sottise ce que je lui disais. » Blessé de la raillerie, Françès de Alava répondit aigrement. Catherine riposta plus aigrement encore qu'elle connaissait mieux qu'un étranger les aiïaires de sa maison K

Le lendemain de l'arrivée du cardinal de Lorraine, après dîner, le roi tint un grand conseil. Tous les seigneurs étaient présents, excepté le chancelier de l'Hospital, ce qui le <K malin avait pris médecine. y> La reine parla la première, et, dans un discours étudié, représenta au cardinal que ce on ne pouvoit a pourvoir aux aiïaires du royaume ne au « repos public des sujets d'iceluy, que, pre- (( mièrement, on n'eut apaisé les querelles (( particulières, et qu'il y en avoit deux prince cipales qui le concernoient ; l'une en sa a propre personne contre le maréchal de (c Montmorency, l'autre pour l'homicide (( commis en la personne de feu M. de Guise,

4. — Lettres d' Alava à Philippe II, 19 janvier et 3 février 1566. (Arch. nat., K, 1505, n»» 67 et 71).

<i que le roy et elle et toute la compagnie le « prioient d'adviser de leur estre aydant à a trouver quelque moyen d*en faire bon

a accord :!> Ce discours était habile. Il

élevait le cardinal à la dignité d'arbitre; il soumettait à sa décision la question de la paix et de la guerre. La comparaison de l'assasinat de Guise avec TéchaufTourée du 8 janvier n'était pas moins flatteuse. Quelle importance la reine attribuait-elle au cardinal puisqu'elle comparait l'attaque de Montmorency, une simple ofl^ense, avec le crime de Poltrot, un forfait qui avait décapité le parti catholique.

A ce début, bien propre à caresser l'amourpropre du cardinal, la reine mère ajouta l'énumération des moyens de défense de l'amiral. Coligny se soumettait ce à toute « bonne raison »; il proposait de jurer a qu'il n'est aucunement coupable de cet ce homicide » ; il vouait le coupable aux a gémonies; il appelait ses accusateurs en champ clos. La démonstration de l'amiral n'était pas péremptoire; moins de protestations et plus d'arguments eussent mieux démontré son innocence; il demandait à être jugé, mais par des juges de son choix; il n'ofl'rait réellement que son serment et son démenti l'épée à la main.

Lo cardinal de Lorraine répondit à la reine que « tels accords ne se jetoient au « moule », que sa dignité ecclésiastique lui défendait de tirer Tépée, qu'il subirait les volontés du roi relativement à Coligny, mais que, si le châtiment des coupables était refusé à la mémoire du chef de sa maison, « avec le temps, tels accords, « dit- il, ne garderoient point que mes a frères et nepveux et, à faulte d'eux, ceulx (( qui m'atlouchent de quelque parenté, ne (( fissent mourir Tadmiral. » Ce discours donnait tout à craindre. Il contenait en germe de sanglantes luttes, des représailles acharnées, le massacre de la Saint-Barthélémy, toutes les horreurs de la guerre civile. La querelle était plus menaçante que la reine ne l'avait jugée puisque l'hostilité des deux.

maisons résistait aux tentatives les plus conciliantes. Le roi décida que le duc de Guise ne serait convoqué à la cour qu'après le prononcé de l'arrêt, que la duchesse de Guise enverrait chercher à Paris les pièces du procès, et prit délai jusqu'aux fêtes de Pâques (14 avril) pour étudier le dossier.

La reine mère espérait que trois mois lui sufliraient pour nouer un accord définitif ^

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