‹ L'assassinat de François de Lorraine due de Guise: 18 février, 1563Chapitre 40 sur 54 · Pièce du temps, f. fr., vol, 22429, f · texte numérisé non relu

Pièce du temps, f. fr., vol, 22429, f

3. — Lettre du roi du 5 octobre 1563 publiée par le comte Delaborde. (Gaspard de Coligny, t. 11^ p. 593).

4. — L'engagement des Guises, signé de presque tous les princes de cette Maison et daté du 5 octobre, est conservé en copie du temps dans le volume 20401 du fonds français, f. 73. — L'engagement des trois Coligny est publié avec d'autres pièces sur le même

Au milieu de novembre, le roi vint à Fontainebleau ; Coligny monta à cheval pour aller le saluer. Aussitôt la reine lui manda de retourner à Chastillon. Coligny lui répondit « qu'il ne pouvait rebrousser chemin « qu'il n'eut baisé les mains du roy; autrece ment ce luy seroit faire un grand tort et « déshonneur et pour la seconde îoys. »

Catherine, terrifiée de l'approche d'un visiteur si menaçant, partit en hâte pour Paris.

Coligny rattrapa le cortège royal à Chailly.

L'entrevue fut aussi amicale que le permettaient les souvenirs de la guerre civile et vainqueurs et vaincus feignirent d'avoir tout oublié * . La cour arriva à Paris le 20 novembre, à l'improvisle, et s'installa sans ordre, mais à couvert des surprises que le roi pouvait redouter hors de sa capitale. L'amiral reprit avec empressement son service de gentilhomme de la chambre, comme s'il eut toujours été un fidèle serviteur du roi, et logea au Louvre. La jalousie des Guises fut telle que le duc d'Aumale déserta ses fonctions de grand maître et se retira à l'hôtel

sujet par le comte Delaborde. Coligny, t. II, p. 295. — Voyez aussi un ordre du roi aux Guises et aux Coliguy qui nous parait se rapporter à la même période (minute sans date; f. fr., vol. 6610, f. lOi).

1. — Pièce du temps dans dans les Mémoires de Condé, t. V, p. 27.

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de Guise avec tous les siens. Sa retraite donnait tout à craindre. Le roi se fit remettre le rôle des suivants des deux rivaux, en réduisit le nombre et chassa de la ville ceux qui n'y étaient point domiciliés *. Le 28 novembre, il convoqua au Louvre tous les gentilshommes présents à Paris, et, dans une allocution solennelle, sans désigner personne, il leur commanda de restreindre

leur suite à ce leur train ordinaire »

Les contrevenants, dit le roi, ceux qui prendraient les armes les uns contre les autres seront « chastiés si vivement que Ton oc cognoistra que je veux estre aussi bien ce obéy en Taage où je suis que si j'avois ce cinquante ans ^. »

Cette allocution ne produisit pas plus d'effet que les innombrables ordonnances qui, depuis trois ans, s'entassaient dans les archives de la chancellerie. Le 31 décem-

1. — Lettre de la reine à Saint-Suplice, 23 novembre 1563 {Lettres de Catherine, t, II, p. 408). — Registres du bureau de la ville de Paris, t. V, p. 329.

2. — Le sommaire des propos que le roy a tenus à sa noblesse qu'il a faict assembler en la salle de son château du Louvre à Paris, le dimanche 28 novembre 1563, Placard in folio destiné à être affiché, imprimé chez Robert Etienne s. 1. n. d. Nous n*en .connaissons qu'un seul exemplaire, qui est conservé aux Archives, K. 4500, n» 99. Il s'en trouve une copie dans la coll. Dupuy, vol. 755, f. 136.

bre 1563, un nouveau crime faillit donner le signal de la guerre.

Parrtii les capitaines de la maison du roi, aucun ne montrait plus de haine aux réformés que Jacques Prévost de Charry . Créature des Guises ^ il s'était si bien distingué par sa bravoure que Catherine le choisit pour le commandement de la garde du roi. Dès ce jour Charry a parla un peu trop haut. »

D'Andelot était colonel général de Tinfanterie. Charry refusait de lui obéir. Ils eurent de graves disputes à la cour, presque jusqu'à se défier. Charry « bravoit toujours. » Le 31 décembre 1563, entre 8 et 9 heures du matin, Charry, accompagné d'un capitaine et d'un soldat, allait prendre son service au Louvre, quand, en passant devant le pont Saint- Michel , il fut assailli par trois hommes d'armes, embusqués chez un armurier. L'un d'eux, Chastelier Portant, se précipite sur Charry : ce Te souvient-il du oc tort que tu me tiens? Mets la main à « l'épée. » Avant que Charry fut en garde, il reçut deux coups de pointe et un troisième que l'assassin a lui tortilla par deux « fois dans le corps. » Charry tomba mort à côté de ses deux compagnons. Les assassins

4. — Journal de Bruslard dans les Mémoires de Condé, 1. 1, p. 140.

s'enfuirent par le faubourg Saint-Germain et sortirent de Paris avant que la nouvelle du crime arrivât au Louvre.

La reine était en conférence avec les Chastillons, et d'autres seigneurs. Avertie par un page, elle se tourna vers d'Andelot et son premier mouvement fut de Faccuser.

La présence de Tun des assassins, nommé Constantin, semblait le compromettre. Il fit « un peu la mine d'estre esmeu » et répondit : ce Madame, Constantin estoit ast'heure a icy et est entré dans la salle avec moy. »

Il feignit de l'appeler et l'envoya chercher par un archer. Coligny lui-môme n'était pas moins compromis. Chastelier Portant était de sa compagnie, son favori et son commensal. Le matin du crime, il avait eu avec son chef un entretien secret de deux heures.

Devant ces charges, qui s'accumulaient de minute en minute, les Chaslillons « firent « bonne mine, car de leur naturel, ils ce estoyent si posez que malaisément s'émoucc voient-ils. » L'un d'eux raconta à la reine, que,' quatorze ans auparavant, en Italie, Charry avait eu une affaire d'honneur avec un des frères de Chastelier Portant. La querelle, réglée depuis longtemps, était oubliée à la cour; le parti des Chastillons s'efforçait de la réveiller pour justifier le meurtre de la

veille. La reine aiïecta de se laisser tromper. Tous les courtisans Timitèrent, mais chacun garda ses soupçons ^

La régente avait décidé un grand voyage en France, qui dans sa pensée devait relever le prestige de la royauté au milieu des provinces les plus troublées par la guerre civile, en Provence, en Languedoc, en Guyenne et se terminer par une entrevue avec Philippe II à Bayonne. Elle avait besoin de paix, de tranquillité au moins apparente, et redoutait d'engager, même par une simple instruction judiciaire, un procès qui pourrait découvrir de trop puissants coupables. Le crédit des trois Chastillons ne fut même pas ébranlé par Tassassinat de Gharry.

« Ghaque soir, écrit Ghanlonay, quand les « courtisans se retirent de la chambre de la « reine, les Ghastillons y demeurent jusqu'à « ce qu'elle commence à se dévêtir. De là a ils entrent à la chambre du roi et y restent (( jusqu'à ce que le roi se couche et que les « rideaux soient tirés pour dormir *. » Le

1. — Brantôme, t. V, p. 341 et suivantes. — Le laboureur, Mémoires de Castelnau, t. II, p. 284 et 628. — La Popelinière, 1581, 1. 1. p. 374, v. — Lettre de Chantonay à Philippe II, 3 janvier 1564. (Arch. nat., K. 1501, no 5).

2. — Lettre de Chantonay au roi d'Bspaçne, 3 janvier 1564. (Orig. espagnol; Arch. nat., K. 1501, n'» 5).

roi combla de bienfaits les chefs du parti réformé. Gondé reçut une assignation, de 50 mille écus sur le trésor de l'épargne; Coligny, d'Andelot et La Rochefoucauld un don de 60 mille livres ^

Mais il était dangereux de traiter avec la même indifférence l'assassinat du duc do Guise. Catherine imagina une combinaison qui, sans blesser personne, assurerait au roi troiff ans de repos. .

Quatre jours après la mort de Charry, le 4 janvier 1564, la duchesse de Guise présente une nouvelle requête. D'accord avec la reine, elle soumet au roi la querelle de ses fils contre Coligny et s'engage à reconnaître l'arrêt ^. Le lendemain, au conseil privé, le roi déclare que ce l'affaire ce requiert le sage conseil d'un prince plus ce expérimenté et de plus grand âge que le (( sien » et ajourne sa décision à trois ans ^. Le même jour, Coligny et d'Andelot signent la promesse de n'attenter à ce la vie et hon- <( neur de MM. les ducs de Guise, d'Aumale,

1. — Lettre de Chantonay au roi d*Espagne, 27 janvier 1564. (Orig. espag., Arch. nat., K. 150i, n» 40).

2. — L'original de* cette requête est conservé dans le fonds français, vol. 6640. f. 97,

3. — Imprimé dans les Mémoires de Condé, t. IV, p. 495. Voyez la lettre de Catherine du 12 janvier 1564 a révêque de Rennes, ambassadeur à Vienne (Le//res de Catherine de Médicis, t. II, p. 137).

« leurs frères, neveux et parents ' » . Les ducs de Guise et d'Aumale souscrivent le même engagement ^. Le marquis d'Eibœuf, alors absent, signe quelques jours plus tard ^.

Satisfaite d'avoir assoupi une affaire aussi périlleuse, la reine mère pressa les apprêts du départ.

Catherine de Médicis comptait sur le temps, qu'un autre personnage, de race italienne comme elle, le cardinal Mazarin, mettait au premier rang de ses collaborateurs pour la résolution des affaires embarrassantes. Mais le temps ne lui rendit pas les services qu'elle attendait, La cour partit de Paris le 24 janvier 1564 et visita successivement les provinces de l'Est et du Midi. Au commencement de janvier 1565 elle était en Languedoc. Elle fut surprise à Garcassonne par de menaçantes nouvelles.

Le cardinal Charles de Lorraine était le prélat de France le plus haï des huguenots.

La science, l'éloquence, dont il avait donné des preuves dans la lutte théologique avec

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