CoU, Brienne, vol. 206, f
visita d'abord les Guises à Reims, puis Coligny à Ghastillon. Les ordres du roi étaient si formels que personne n'osa résister ouvertement ^ Mais avant de signer, les Guises essayèrent d'un subterfuge qui leur avait réussi à Moulins. A la première nouvelle do l'arrêt du 1" mai, le marquis du Maine, frère cadet du duc de Guise, partit précipitamment pour l'Italie sans prendre l'autorisation du roi. Aussitôt le roi se plaignit au cardinal de Lorraine de la désobéissance de son neveu et expédia au duc de Nemours, à Lyon, un courrier chargé de retenir le voyageur ^. Celui-ci n'était pas éloigné et rebroussa chemin.
Quelques jours après, Nancay rapporta au roi une série de pièces qui semblaient clore le débat : les procès-verbaux de la signification du mandement du premier mai aux princes de la maison de Lorraine, à Coligny et au cardinal de Lorraine ^, et enfin l'acte d'assentiment des Guises à l'arrêt de Moulins.
a Nous, enffans, frères et nepveus de feu
1. -— Lettre de Nancay au s. du Bouchage, Dlois, 5 mai 1572. (Orig., f. fr., vol. 3188, f. 27).
2. — Lettre du roi au cardina} de Lorraine, 8 mai 1572. (Minute originale; f. fr., vol. 15554, f. 123).
3. — Actes datés du 12 mai 1572; coll. Brieunc, vol. 206, f. 520.
a Monsieur le duc de Guîse^ soubsignés, « certifions que Tarrest donné par le roy en a son conseil privé à Moulins, le xxiv" jour a de janvier mil-cinq-cent-soixanle-six, sur a le malheureux acte advenu de la mort « dudict deffunct, nostre père, frère et oncle, a à la descharge de Monsieur l'admirai, a nous a esté ce jourd'huy signiffié, et sem- <K blablement la déclaration de Sa Majesté a pour l'observation d'icelluy, faicte à Bloys, a estant en son dit conseil privé, le xxvii" jour (( de mars passé; et de tout baillé copie, a signée Pinart; et ce par le sieur de Nan- « çay, chevalier de l'ordre et cappitayne des « gardes de sa dicte Majesté. A laquelle « promectons de jamais ne contrevenir auxc( dits arrest et déclaration, directement ou a indirectement, sur les peines y co)itenus.
(c En tesmoing de ce, nous avons signé ces ce présentes de nos mains et fait sceller des ce cachets de nos armes. A Reims le dou- « ziesme jour de may, l'an mil-cinq-cent- « soixante-douze *. »
« G. car. de Lorrraine. — Henry de
i. — L'original de cette pièce, muni de tous les sceaux des princes lorrains, était conservé à la Bibliothèque du Louvre dans le fonds français, vol. 209, f. 37, et a péri dans l'incendie do cette bibliothèque. 11 avait été imprimé dans le Cabinet historique^ t. III, l""» partie, p, 68.
a Lorraine. — Claude de Lorraine. — a Charles de Lorraine. — Loys de Lorraine.
a — Charles de Lorraine. — Charles do a Lorraine *. »
Le roi montra sa satisfaction à' la cour, aux ambassadeurs étrangers, à ses propres représentants ^. Il feignait de croire, il croyait peut-être en effet que la paix était assurée. D'un côté la guerre des Flandres détournait sur l'Espagnol les passions religieuses; de l'autre le mariage du prince de Navarre avec Marguerite de Valois était un gage pacifique assez important pour assurer la paix. Le roi pouvait se faire illusion de bonne foi. Mais les témoins clairvoyants ne s'abusaient pas. Le duc de Guise et l'amiral revinrent à la cour, le premier au mois de mai, le second au mois de juin^ et, dès les premiers jours, leur attitude réciproque permit de prévoir l'avenir. Le 21 juin 1572, l'ambassadeur du duc de Savoie écrit à son
maître : « L'amiral et le duc de Guise se
1. — Charles, cardinal de Lorraine, frère du duc do Guise. — Henri de Lorraine, duc do Guise. — Olaudo de Lorraine, duc d*Aumale. — Charles do Lorraine, marquis du Maine. — Louis do Lorraine, cardinal de Guise. — Charles de Lorraine, fils du duc d'Àumale.
2. — Lettre du roi à Noailles, évêque de Dax, il mai 1572. Chambord. (Copie du xvu* siècle: f. fr., VoL 21009, f. 233).
« voient, mais ne se parlent pas; Tamiral se ce trouble de ce qu'il lui semble que Mon- « sieur, frère du roy, porte le duc de Guise. « Tout n'est pas encore bien rapaisé ^ »
1. — Fragment rapporté des Archives do Turin par M. le comte de la Perrière, Le XV/« siècle et tes Valois, p. 318.