‹ L'assassinatChapitre 10 sur 40 · M. (.015 A RI · texte numérisé non relu

M. (.015 A RI

Touchez là, monsieur Dumeurier, vous

êtes un bon enfant, ne nous fâchons pas.

M. DUMEURIER.

Je ne me fâche pas... mais aussi pourquoi nous presser de mettre ce drapeau blanc; attendons encore un peu, che va piano, va

sano Vous arrivez vous, monsieur Cobard,

et vous dites : Il n'y a plus les canons sur le Cours , il n'y a plus de drapeaux de la nation aux croisées, Brune s'est allé enfermer au fort Sain*-Jcau, j'ai rencontré Angles qui cherchait à la ville une maison pour se cacher ; voilà tout ce que vous venez de nous dire , pas vrai?

M. COBARD.

Oui... eh bien?

M. DUMEURIER.

Eh bien ! tout de suite là dessus vous voulez que nous mettions le drapeau blanc.

Comment il n'y en a pas assez là de bonnes nouvelles? vous en voulez davantage?

M. DUMEURTER.

Mais, oui, j'en veux davantage.

Si"' DUMEURTER.

Allons, tu n'as pas de confiance en Dieu. m'" alzet.

Et puis, sans bouger d'ici, regardez ciicz le voisin, il n'y a plus le drapeau de la nation Elle est claire, celle-là, de nouvelle 1

M. DUMEURIER.

Oui, oui, il y a bien quelque chose

Mais , saint Joseph! attendons encore jusqu'à demain.

m"' DUMEURIER.

Allons, nous serons les derniers ; ça te fera un bel honneur, Duuicurier.

Jl'" AUZET.

Ah ! voilà M. Godeau qui arrive en courant

par l'allée Il nous fait des signes avec son

chapeau Sainte mère de Dieu, il a la cocarde blanche!

TOUS

La cocarde blanche ! arrivez ! arrivez !

i Entre M. Godeau. Il se jelle tout essouffle sur tui banc de pierre. Ou se précipite sur son chapeau pour baiser la cocarde. )

M. GODEAU

C'est fini !

TOUS

C'est fini l

( Ils s'embrassent tous. ) m"' DUMEUIUER.

Eh bien , Dumeurier !

M. DUMEURIUR.

Ah ! j'ai toujours dit que c'était possible... (A M. Godeau.) Yous vciicz de la ville ?

M. COBARD.

Laissez-le respirer.

m'" auzet.

Ah! il respirera demain. Vous venez de la ville?

M, GODEAU

Oui... non, j'y allais... J'ai rencontré à l'octroi un de mes amis qui en venait, et qui m'a dit que c'était fini...

M. COBARD.

Eh bien ! vous voyez, monsieur Dumeurier !

M. DIMEURIER.

Laissez parl(}r.

M. GODEAU

Que tout était fini; que Brune avait été mis en pièces à Saint-Jean.

m'" auzet.

Ah ! le coquin !

M. GODEAU

Que les Anglais avaient débarqué...

m'" AlZET.

C'est Louis XVII ! Vive Louis XVII !

M. GODEAU

Et qu'on avait mis le drapeau blanc à la Commune.

TOUS, exccplé Dumeurier.

Vive le roi !

^Mllf. A.uzet rentre.) M"" DUMEURTER.

Et Bonaparte?

M. GODEAU

On l'a pendu à la porte de Paris.

M. CÛBARD.

Ah ! je vous l'avais dit hier; c'était sûr.

M. GODEAU

Demain vous viendrez manger une tourte chez moi ; nous nous régalerons... A propos, et M. Cantol n'est pas ici?

m"' DUMEURIEE. , d'un air myslérieux.

jM. Cantol ne viendra que demain ; il est en course.

M. DUMEURIER.

Et votre ami que vous avez rencontré ,

comment l'appelez-vous? celui qui vous a

donné ces nouvelles ?

m"' DUMEURIER.

Ah ! le voilà encore ce saint homme 1

M. DUMEURIER.

Mais enfin cet ami a bien un nom ?

M. GODEAU

C'est chose... vous ne connaissez que ça... qui a des lunettes vertes.....

m"^ dumeurier.

Ah 1 oui ! oui ! c'est un saint !

M. GODEAU

Il était sur la liste de ceux qu'on devait guillotiner le 2^, pour la Saint-Jean.

( Une croisée s'ouvre , M'-'-'^ Auzet y arbore le drapeau l)lauc. )

Le voilà ! le voilà ! le béni ! le saint l

chantons l'antienne Qu'on chante dans Milan !

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