SCENE III
ù\ tnTitôôf ï>f MX. Htmncurifi*, h la campatjite.
( MEME JOrjR A 5 HEURES. )
M. DUMEL'RIER, M. COIiARD.
M. DUMEURIER.
Je ne le veux pas ! je ne le veux pas ! vous voulez me faire fusiller à la Plaine... avez-vous vu la révolution vous, monsieur Cobard?
M. COBARD.
Moi, la révolution je l'ai vue comme je vous vois, je l'ai vue mieux que vous, j'étais émigré.
\ous étiez émigré vous!
M. COBARD.
Oui, à Manosque, après Tentrée de Cartaux; on voulait me couper le cou parce que j'étais lieutenant dans la garde départementale qui marcha contre les Allobroges ; avezvous marché contre Cartaux , vous ?
M. DUMEURIER.
Cela ne vous regarde pas... mais on a vendu mes marchandises au maximum , et j'ai été ruiné.
M. COBARD.
Comme moi.
M. DUMEURIER.
Comme tous les braves gens... et puis j'ai été dénoncé au citoyen Bon ; et si le neuf thermidor n'était pas venu, je ne serais pas ici ; c'est pour cela, voyez-vous que je veux être prudent; et la prudence est mère de la sûreté; je ne mettrai votre drapeau blanc là, que lorsque je l'aurai vu au balcon de la commune, et voilà.
(EatreM^'^ Dumeui'ier et M'-"-*' A'i"»' )
M. COBARD.
Arrivez, arrivez, mesdames, M. Dumeurier ne veut pas mettre le drapeau blanc.
Oh! depuis quelque temps mon mari a perdu la cervelle, on ne le reconnaît plus; je crois qu'il s'est fait bonapartiste.
M. DUMEURIER.
Je me suis fait je me suis fait vous
êtes des femmes vous autres , vous ne voyez pas où vont les extravagances.
]\f" AUZET.
Bonne mère ! des extravagances , le drapeau blanc! ah! mon beau-frère, vous avez bien changé depuis que vous fréquentez M. Angles.
M. DUMEURIER.
Je fréquente Angles , moi ! allons v'oiis êtes folle.
M"^ AUZET.
Enfin, vous lui parlez à M. Angles!
M. DUMEURIER.
Je lui ai parlé une fois; il y a cent ans; là bas, près du figuier des figues-fleurs
m"-" auzet.
Ah ! vous voyez !
M, DUMEURIER.
Attendez... ce fut pour lui dire : Monsieur Angles , votre paysan preud toutes mes figues qui tombent dans votre bien * ; alors il me répondit : Que voulez-vous que j'y fasse? voilà cinq francs, donnez-les aux pauvres de la paroisse, ce sera une espèce de restitution; et je pris les cinq francs.
m" DUMEURIER.
Ce brigand a parlé des pauvres 1