‹ L'assaut: pièce en trois actesChapitre 23 sur 25 · Scène V · texte numérisé non relu

Scène V

RENEE, GARANCIER, puis MERITAL

Renée. . — Comment a-t-il pris tout cela? Quelle figure faisait-il?

Garancier. — Le patron?

Renée. — Oui... à la fin, après l'arrêt?

Garancier. — Je ne vous cacherai pas qu'il m'a paru d'une humeur détestable.

Renée. — Ah!...

Garancier. — Si je vous raconte quelque chose, vous ne le répéterez pas?

Renée. — Mais non!

Garancier. — Je suis convaincu que, ce matin, avant de se rendre à l'audience. Méritai a commis... une grosse boulette.

Renée. — Que voulez-vous dire?

Garancier. — Il soupçonnait quelqu'un... un de ses amis, de la pire des trahisons... d'avoir manigancé toute cette affaire. Je n'ai malheureusement pas le droit de vous nommer la personne... C'est Frépeau. Soupçon injuste, absurde!... Ce qui n'aura pas empêché Méritai de malmener d'une façon tfer-

rible ce pauvre homme! Maintenant, il voit sa méprise, et, comme il a bon cœur, les remords lui gâtent sa joie. Voilà toute Phistoire !... Je le connais si bien. Méritai!... Il ne veut écouter personne! Tantôt, je Ta vais mis en garde !... Mais il se moqua toujours de moi. Il prétend que, depuis trente-quatre ans, je baigne, je marine dans TeiTeur. Ce n'est pas vrai !... C'est lui qui se fourre parfois le doigt... Ah! voici le triomphateur!...

Méritai est entré.

MÉRITAL. — Bonsoir, ma petite Renée I Renée. — Bonsoir! Je suis contente! Je vous félicite. Je suis si contente!

Garancier. — Il a été prodigieux, cet homme-là!

MÉRITAL, avec impatience. — Garaucier!

Garancier, — Je dis la vérité. Tant pis pour ta modestie! Et, à présent, mon vieux Méritai, on va s'embrasser, hein?

MÉRITAL. — Mon ami, de grâce...

Garancier. — Oh! si!

Mérital. — Mais non!

Garancier. — L'accolade!...

MÉRITAL. — La paix!

Garancier. — Tu es gentil !

MÉRITAL. — C'est agaçant à la fin! Je viens de subir en bas les mêmes effusions ridicules...

Garancier. — Je ne te reconnais pas!

MÉRITAL. — Je suis fatigué, excédé. Là!

Renée. — Voulez-vous que nous vous laissions?

MÉRITAL. — Non,t petite Renée, tout au contraire, je désire bavarder un peu avec vous. Avec vous qui n'êtes pas excessive et affolée!

Garancier. — Alors, je m'en vais!

MÉRITAL. — Si tu veux. Une seconde, toutefois! Il va venir, je suppose, des gens...

Garancier. — Des tas!

MÉRITAL. — Eh bien, rends-moi le grand service de t'installer avec Daniel au salon. Vous recevrez à ma place.

Garancier. — Tout le monde?

MÉRITAL. — Tout le monde.

Garancier. — Il y a certains visiteure que tu seras bien forcé de...

MÉRITAL. — Je ne veux voir personne. Dites que j'ai la migraine, ou une rage de dents, ou une attaque d'apopïexie, ou que je suis éreinté et que je me repose, dites ce qu'il vous plaira, mais je désire qu'on me laisse tranquille! C*est compris f

Garancier. — Fort bien ! Moi, je ne demande nas mieux! Je ne demande pas mieux!...

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