‹ L'assaut: pièce en trois actesChapitre 5 sur 25 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

RENEE, GEORGETTE

Georgette. — Alors, c'est entendu î Tu lui parles tout de suite?

Renée. — Dès que je le verrai.

Georgette. — Il sait que tu restes à la maison?

Renée. — Mais... je ne crois pas...

GeORGEITTE, qui fait un pas vers la bibliothèque. — - Je

vais le lui dire!

Renée. — Non, Moineau, je t'en supplie...

Georgette. — Laisse-moi, j'ai un prétexte.

Renée, s'interposant. — Moineau, je ne veux pas!

Georgette. — Je te dis...

Renée, d'un autre ton. — Georgette, non! Je te le défends !

Georgette. — Tu es désespérante! Et si papa ne bouge pas de la bibliothèque avant notre retour?

L'ILLUSTRATION THÉÂTRALE

Renée. — Tant pis! Il a dit, à rinstaiit, qu'il était surchargé de travail.

Georgette. — Oh! les lettres! les lettres, elles peuvent attendre, les lettres!... Au moins, prometsmoi que, dans une demi-heure... dans une heure, tu frapperas à la porte et...

Renée. — Oh! pour rien au monde!

Georgette. — Pourquoi î Puisqu'il t'a demandé une réponse!

MeRITAL, paraissant sur le seuil de la bibliothèque. —

Mes enfants, les journaux! Rapportez les journaux.

Georgette. — Oui, oui, j'enverrai Zambeaux... Je te le jure! Papa, tu ne vas i)as t'enfermer tout l'àprès-midi î Tu tiendras un peu compagnie à Renée, n'est-ce pas?

Mérital. — Renée ne va pas à Dinardf

Georgette. — Non, ça l'ennuie.

MÉRiTAL. — Bah!

Renée. — Oui, je...

Georgette. — Au revoir, papa!

MÉRiTAL. — Au revoir, ma petite fille.

Georgette, allant à lui. — Embrasse-moi!

MÉRiTAL. — Tiens! N'oublie pas les journaux!

Georgette. — Non ! Papa, je t'adore ! Tu as une joue droite qui sent bon ! Elle sent le printemps, tu sais, le muguet, le bouvreuil, enfin le printemps!

MÉRiTAL. — Georgette, mon enfant, tu m'inquiètes beaucoup!

Georgette. — Je te jure que c'est vrai ! Tu sens délicieux! Du reste, papa, tu es ce que je connais de plus... de plus épatant ! Pardon, mais je ne trouve pas d'autre mot! Au revoir, Renée!

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