‹ L'Assemblée nationale de 1871 (volume 2)Chapitre 2 sur 36 · H AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

H AVANT-PROPOS

qui ont dominé notre histoire depuis la Révolution de 1789.

La troisième République sous ce rapport est une sorte de microcosme. En elle se résument les idées, les passions, les intérêts qui ont remué, a ci té, et finalement conduit notre pays jusqu'à ce qu'on a appelé souvent l'aboutissement, ou d'un autre mot, la banqueroute de la Révolution.

Sous ce rapport, elle offre un spectacle plein d'un intérêt extrême au philosophe qui raisonne froidement au sujet des affaires humaines. Au patriote elle donne l'image d'une nation convulsée, en proie à des maux qui semblent sans remède, la première des nations chrétiennes atteinte du mal de la décadence, comme elle a été la première parmi les races humaines qui s'étaient inspirées, et qui ont vécu de l'esprit du Christ.

J'ai vécu de la vie de mon pays depuis trentetrois ans. Ce que je raconte, je l'ai vu. On pourra contester les conclusions que j'en tire, et les sentiments que les faits accomplis sous mes yeux me suggèrent. On ne pourra contester ni ma véracité ni ma sincérité. Si je me montre sévère pour les partis et pour les hommes qui les mènent, on verra que je ne m'épargne pas moi-même. Je voudrais, en donnant cet exemple, incliner les cœurs au par-

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don mutuel, pour les fautes commises dans le passé; en faisant comprendre à mes concitoyens, que s'ils ont eu personnellement à se plaindre de ces fautes, c'est la patrie qui en a le plus souffert; et que c'est vers elle qu'il faut désormais élever toutes nos pensées.

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