LES TENTATIVES DÉ SESTAURATIOM
consulterai, et j'agirai ensuite. Mais d'ici-là, tout ce qu'on veut faite n'est que des intrigues d'émlgralion. Je rapportai au Boi sa conTergation et il dit : A.h! je la reconnais bien là. Toutefois, chai^ezrous de faire connaître mes désirs à vos amis de Paris ■ . Je me chargeai de ce rôle de reporteur, sans m'engager à me mêler personnellement de cette aKiirc. De retour à Paris j'en parlai à Berryer, avec qui j'ai toujours eu les meilleures relations d'amitié. Berryer, sur le fond des choses, pensait exactement comme moi; il partageait mes convictions, seulement il avait conservé un gentiment de fidélité qui l'attachait à la cause royale. Berryer me dit, en levant les bras. — Ma foi! Paris vaut bien une messe. — J'en parlai aussi à M. de Saint-Priest. Là, je rencontrai une disposition diamétralement contraire. — Non, non, dit>il, ne me mêlez pas là dedans ; nous autres vieuK royalistes, nous sommes d'un autre temps; je m'envelopperai, pour mourir, dans le drapeau blanc ; je n'entends pas sortir de cette attitude qui seule me convient. Du reste, je transmettrai fidèlement l'ouverture que vous venez de me faire, je vous le promets, sans rien dire qui puisse influencer l'opinon du Roi. Il partit pour Frohsdorff; et il m'a raconté depuis, que, sans hésitation, le comte de Ghambord refusa net : il n'eut besoin pour cela d'aucune réflexion. Non, le comte de Ghambord est 6gé dans ses idées de droit royal; il n'admet rien de ce qui touche à la Révolution et de ce qui dérive d'elle. De plus, il exècre les princes d'Orléans; c'est une exécration véritable. On l'a bien vu, quand il est venu à Ghambord l'an dernier. Les princes
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d'Orléans étaient préU & lui apporter leur soumissioQ, comme des débiteurs qui apportent leur argent, et on n'a jamais vu de créancier leur fermer sa porte. £t c'est ce qu'il a feit. Il a refusé de les voir; et ainsi il est resté trois jours en France : il traversa Paris, et se mit à pleurer en voyant les incendies de la commune. Je dis à celui qui me racontait cela : £h bien! si on croit qu'un pleurnicheur pourra gouverner un peuple, vous vous trompez. Si j'avais pleuré aux portes de Paris, je n'y serais jamais entré.
De Broglie était très opposé à la fusion, moi aussi : c'était M. Guizot qui s'était mis cela en tête. Mais il se heurtait contre des idées dont on soupçonne à peine la force. Évidemment le drapeau blanc a pour le comte deCbamhord une signification particulière : il sigaiâe le droit divin des couronnes, et le droit pour les sujets d'être gouvernés, pas autre chose. Je demandais, il y a deux jours, à M. de Falloux qui était venu me voir. — M. de Falloux est un homme d'esprit, très supérieur à son parti, — je lui demandais qui avait mis cette idée de drapeau blanc si fort en tête au comte de Citambord. M. de Falloux attribuait cela à la maison de Modène. Cette maison de Modène est restée le type de ce qu'on appelle aujourd'hui la réaction. C'est une famille moyen âge. M. le comte de Chambord a épousé une princesse de Modène. 11 y a là dedans une dévotion outrée, et les idées politiques sont à l'avenant. C'est par cette maison de Modène que le comte de Chambord est riche. Autrement, il avait peu de fortune, à peu près huit cent mille francs de rentes que lui
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d'Orléans étaient prêts à lui apporter leur soumission, comme des débiteurs qui apportent leur argent, et on n'a jamais vu de créancier leur Fermer sa porte. Et c'est ce qu'il a fait. Il a refusé de les voir; et ainsi il est resté trois jours en France : il traversa Paris, et se mit à pleurer en voyant les incendies de la commune. Je dis à celui qui me racontait cela : Eh bien! si on croit qu'un pleurnicheur pourra gouverner un peuple, vous vous trompez. Si j'avais pleuré aux portes de Paria, je n'y serais jamais