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NÉGOCIATIONS AVEC U. LE COUTE DE CHAUBOBD

L'accord rétabli entre leg Princes laissait subsister bieades obstacles qui restaient à écarter. Le comte de Cbambord avait déjà antérieurement fait connaître sa volonté de maintenir le drapeau blanc ; et l'on se rappelait qu'un jour, dans une discussion à l'Assemblée nationale, à laquelle avait pris part le duc d'Aumale, le Prince avait parlé, sans doute întenlîonnellement, et avec un accent particulier, du Drapeau chéri, en faisant allusion au drapeau tricolore. Oa colportait aussi UQ propos du Nfaréchal de Mac-Mabon adressé à M. le duc d'Audi ffret-Pasquier. ■ On veut, lui disait-il, substituer le drapeau blanc au drapeau tricolore. Je crois devoir, à ce sujet, vous donner un • avertissement. Si le drapeau blanc était levé contre le drapeau tricolore, et qu'il fut arboré à une fenêtre, tandis que l'autre flotterait vis-à-vis, les cbassepots partiraient d'eux-mêmes, et je ne pourrais répondre de l'ordre dans la rue, ni de la discipline dans l'armée. ■

Cette difficulté soulevée à l'occasion de la couleur du drapeau ne faisait que couvrir toutes les autres; celles qui se rattachaient aux divergences de vues

LES TENTATIVES DE RESTAURATION il

<Ics partÎEaQS eui-mémes d'une reslauralion, el auggi aux dispositions d'àme et d'esprit du grand public, tout plein encore de préTentions et d'appréhensions à ce sujet.

Celait en vue de ces résistances de l'esprit public que le Roi avait envoyé, écrit de sa main, et dès le 13 septembre, son programme politique : « M. le comte de Chambord, y était-il dit, s'étonne d'avoir à revenir sur ce qu'il a dit tant de fois, relativement au Pouvoir absolu. Toutes ses déclarations, depuis trente ans, n'ont été qu'une même protestation contre cette forme de gouvernement. Il ne saurait oublier que la monarchie traditionnelle est une monarchie essentiellement tempérée. Sous ce régime, le Souverain exerce l'autorité en faisant appel au concours des deux Chambres... Si, comme il en a le ferme espoir, la majorité conservatrice veut donner satisfaction aux vœux du pays, par la restauration de la monarchie traditionnelle, M. le comte de Chambord pense que l'Assemblée doitse borner à la proclamer purement et simplement, en faisant suivre cette proclamation de la nomination d'une Commission de trente ou de cinquante membres, chaînés de poursuivre, d'accord avec le Roi, l'étude des questions constitutioDo elles et des lois organiques... Quant à la question au drapeau, que des passions d'origine diverse ont cherché à raviver dans les derniers Icmps, M. le comte de Chambord, à son entrée en France, se réserve de la traiter lui-même directement avec l'armée... »

Une Commission dite des Neuf, sous la présidence du général Changarnier, avait été constituée pour

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coDcentrer tous les détails, toutes les opérations préliminaires d'une restauration, que tout le monde royaliste considérait déjà comme faite. Ce fut l'occasion d'agitations profondes dans ce monde, que remuaient des sentiments pourtant très divers, et qui voyait, dans le rétablissement de la royauté, la réalisation de vœux très divergents et quelquefois même contradictoires. Toutefois, l'impétuosité de semblables désirs, quoique les aspirations ne fussent pas toutes pareilles, emportait à ce moment les conjurés. Et comme on croit volontiers à ce qu'on souhaite ardemment, les vrais royalistes surtout se virent, à ce moment précis, assurés de voir réaliser leurs ardentes espérances. Ce fut l'occasion d'un remuement général. On préparait des cérémonies pompeuses pour célébrer ce grand événement. Les familles les plus haut titrées de France s'apprêtaient à rendre le cérémonial magnifique; et le gouvernement lui-même, cédant à l'entraînement général, fit mettre, a-t-on dit, le palais de Compiègne en élat de recevoir le Hoi à son entrée en France. C'était vraiment devancer un peu trop l'événement, et surtout sortir du r61e de pouvoir exécutif que M. le Maréchal avait précisé dans ses premières déclarations. Mais on pensait que le fait accompli ferait oublier le coup porté à l'ordre établi, et que le succès amnistierait la faute.

Et toutefois, un point restait obscur, qu'il fallait éclaircir. C'était la couleur du drapeau. Une telle difficulté, dans un instant si critique, semblerait puérile, si on ne savait pas que sous cet emblème, le drapeau, se remuaient des questions politiques de

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