‹ L'Assemblée nationale de 1871Chapitre 19 sur 53 · LES TENTATIVES DE BESTAUBATION · texte numérisé non relu

LES TENTATIVES DE BESTAUBATION

premier ordre, mises en jeu dans cette affaire. L'ancien régime, la monarchie constitutionnelle, la Révolution ou la réaction, émigrés, carlistes, phiiippistes, républicains d'antaa et libéraux, tous les fantômes d'un passé que nous aurions si ardemment voulu abolir, sui^issaient de nouveau, et nos discordes civiles allaient renattre à l'ombre et sous la couleur du drapeau.

La réunion des représentants des quatre groupes monarchiques : Extrême droite, Droite, réunion ' Cbangarnier, Centre droit, eut lieu le 4 octobre chez M. Aubry, avenue d'Antin. On résolut d'élire une commission, composée de deux membres par groupe, et du général Changarnier comme Président. Le Centre droit hésitait à s'y faire représenter, et M. de Larcy ne put se retenir d'en manifester son mécontentement : Si la réunion, dit-il, croit devoir recommencer 1830, il est inutile de composer une commission. Néanmoins, la commission fut nommée, elle se composait ainsi : MM. d'Audiffret-Pasquier et Callct pour le Centre droitj de Tartaron et Gombier pour l'Extrême droite ; le baron de Larcy et Baragnon pour la Droite; le comte Daru et Chesnelong pour le groupe Changarnier ; le général Changarnier, Président. Ce fut cette Commission des Neuf qui devait poursuivre, diriger et faire aboutir les négociations. M. Chesnelong fut désigné pour aller à Frohsdorff. M. le comte de Paris avait une notion plus exacte que ces négociateurs du véritable état d'esprit de M. le comte de Chambord; il écrivit à M. Aubry :

« Vous savez que j'ai toujours déconseillé à mes apiis de s'adresser direclement au comte de Cham-

i,Coo^k'

50 L'ASSEUBLÉB NATIONALE

bord pour obtenir de lui des conceseioos. Je croij qu'il faut continuer & éviter de mettre sa personne en jeu, parce que la meilleure manière pour lui, aujourd'buî, d'accepter le drapeau tricolore est peutêtre de se faire forcer un jour la main par ses amis. . . <>

Ce n'était pas de ce jour seulement que le Prince émettait des doutes sur le succès de ces négociations. Déjà dès 1871, les princes d'Orléans avaient fait connaître à ce sujet le fond de leur pensée, dont on trouve la trace dans une lettre du comte de Paris de cette époque.

» Nous ne sommes pas les maîtres de notre parti; il ne nous obéit pas, par principe, comme le parti légitimiste. Nous ne pouvons que lui indiquer nos préférences. " Ils ne pouvaient même compter sur sa fidélité, après certaines défections retentissantes, telle que celte de Casimir-Perier. ij'iraià Frohsdorff, disait le comte de Paris, mais mes amis ne m'y suivront pas. « Et il ne se trompait pas, car plusieurs, après la visite du 5 août, manifestaient leur mécontentement. ■ On fait plus de façons pour acheter ou pour vendre un cheval ■ , s'écriait M. de Lasteyrie. M. Guizot n'avait-il pas écrit : a M. le comte de Ghambord doit reconnaître que la Bévolution de 1830 a été nationale et légale, n

La commission des Neuf envoya donc à Frohsdorff M. ChesneloDg, qui, par son origine et par son attitude antérieure dans la politique, était étranger plus que personne aux luttes du passé, et qui avait tous les talents nécessaires pour accomplir sa mission. Cette mission avait pourobjct le règlement de la question du drapeau. Tous les membres de la commission,

Page 1