‹ L'Assistance aux Aveugles en BohemeChapitre 3 sur 6 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

Laver soigneusement les yeux du nouveau-né et ne pas les toucher avec les doigts ;

Ne pas se servir du même linge pour les deux yeux, pour peu que l’un d’eux présente de l’inflammation ;

Dès que l’inflammation se produit, consulter le médecin ;

L’inflammation chez les nouveau-nés est très fréquente et très dangereuse. Elle exige une intervention médicale immédiate. Sur ioo jeunes Aveugles, 25 le sont devenus parce qu’ils n’ont pas été soignés à temps;

Ne pas laisser de couteaux, de clous, de fourchettes, d’allumettes à la portée des jeunes enfants ;

Ne pas oublier qu’en cas de variole, de typhus ou de dipthérie la moindre négligence peut entraîner la cécité. On compte 9 cas sur cent provenant de ces maladies ;

Elever les enfants faibles, scrofuleux en bon air, les nourrir sainement et abondamment d’œufs, de lait, de viande. La scrofule donne 8 pour cent d’Aveugles.

Les enfants ne doivent pas lire, écrire, coudre, tricoter dans l’ombre. Le travail dans ces conditions amène la myopie et, consécutivement, la cécité.

Ne pas faire porter de lunettes aux enfants sans ordonnance du médecin .

Enfin, à la moindre affection de la vue, appeler le médecin.

Éducation des enfants aveugles.

Les traiter comme s’ils étaient voyants.

Développer leurs muscles, leurs sens et les tenir en activité constante.

Leur donner, dès qu’ils commencent à se servir de leurs mains, des jouets et de menus objets de toutes sortes qu’ils s’habitueront à reconnaître par le toucher.

Stimuler leur ouïe et leur esprit par des contes et des chants.

Leur apprendre à marcher comme s’ils étaient voyants et au même âge.

Ne pas les laisser seuls, les habituer à marcher dans la chambre, dehors, en se guidant par le toucher.

Leur apprendre à s’habiller et se déshabiller seuls, à se laver, se peigner, mettre leurs vêtements en ordre, à manger proprement en

tenant comme il faut couteau, cuiller et fourchette. L’enfant aveugle le peut aussi bien que le voyant; le tout est de l’y accoutumer.

Avoir soin de la propreté de l’enfant qui, ne voyant pas ce que font les autres, ne peut être instruit que par la parole.

Eviter que l’enfant se tienne mal, fasse des grimaces, balance les bras, marche de travers, etc. Tout cela est facile à corriger en s’y «prenant tôt. Le mauvais pli une fois pris, rien, pas même l’école, ne le fera perdre.

L’enfant aveugle doit jouer, se promener le plus souvent possible, avec l’enlant voyant.

Lui choisir des jouets susceptibles de développer en lui le toucher et l'ouie : poupées, harmonicas, etc. . .

Lui donner la perception de ce qui se passe autour de lui en lui expliquant l’utilité des objets qui le touchent: chaises, tables, etc. et en les lui faisant reconnaître au toucher.

Lui donner très jeune la notion de l’espace par la comparaison des distances, soit en marchant, soit en touchant.

L’habituer le plus tôt possible aux travaux domestiques. Lui apprendre à déplumer, à éplucher, à décortiquer; à nettoyer les meubles; à laver la vaisselle ; à moudre le café ; à cueillir des fruits au jardin ; à donner à manger aux poules, pigeons, chiens et chats, etc. . .

Lui faire faire de petits travaux faciles, filet, tricot, etc.

Lui parler très souvent. E Agiter avec soin toute allusion libre,, tout mot susceptible d’éveiller de vicieux instincts.

Ne jamais le plaindre. Le rendre, au contraire, courageux et satisfait de son sort.

Exercer sa mémoire en lui faisant apprendre par cœur proverbes, poésies, petits contes, ce qui est un plaisir pour lui.

Maintes fois la diffusion de conseils analogues a été préconisée, et les meilleures résolutions ont été prises ; mais, presque toujours et presque partout, on s’en est tenu à l’intention. Intention de celles dont est pavé l’enfer qu’est la vie des pauvres Aveugles.

Ces instructions pour être efficaces, devraient être distribuées par les soins de l’administration, accompagner les livrets de mariage, faire l’objet de conférences. On prend garde au péril à force de l’entendre signaler.

L’installation d’écoles enfantines, de pouponnières, serait peu coûteuse partout où se trouvent des institutions consacrées à l’éducation des Aveugles. L’internat rendrait de grands services,

La Société est responsable de tous les maux qu’elle laisse

se développer pouvant les empêcher, dit Chxnning. Le premier de ses devoirs est de prévenir la cécité, le second d’armer l’Aveugle, le plus efficacement possible, pour le combat de la vie, plus dur pour lui que pour tout autre.

L’Aveugle n’est pas un infirme dans l’acception ordinaire du mot. Il est apte à recevoir la même culture que le clairvoyant et à en tirer le même profit. S’il est privé de sensations visuelles et des idées qu’elles font naître, il est moins distrait et plus capable d’attention soutenue. La privation de la vue est en grande partie compensée en lui par le développement de la mémoire, de l’ouïp et du toucher. Mais, si vous lui faites perdre ses premières années sans commencer son éducation, vous le mettez en état d’infériorité et lui constituez un retard que jamais il ne rattrapera.

Tous les docteurs qui se sont occupés de la psychologie de l’Aveugle ont conclu à son égalité intellectuelle avec le clairvoyant, seulement cette égalité ne peut exister qu’à la condition de soumettre l’un et l’autre aux mêmes règles générales. Si, dans une école quelconque, vous ne faites apprendre à un clairvoyant que la musique il aura de tout le reste une idée insuffisante. Appliquons-nous à former des cerveaux encyclopédiques et poussons-les dans une spécialité quand la vocation se manifeste. Cela est bon pour les voyants comme pour les Aveugles. Ceux-ci ont plus de difficultés à surmonter pour se rendre compte des phénomènes de la vie; on doit donc les leur expliquer le plus tôt possible, alors que la cervelle est le plus malléable et que les impressions s’y gravent plus facilement et plus profondément.

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