INTRODUCTION GÉNÉRALE
Quels sont, en matière d'assistance, les devoirs de la Société, et quels sont les droits de l'individu ? Ce sont là deux œuestions connexes, qui ont été l'objet, de tout temps, des plus pas- Sibnnantes discussions, donnant naissance aux théories les plus diverses, dont on trouve les successives applications dans la législation. ;
Nécessité sociale de l’Assistance
Mais il ne s’agit pas seulement de mesurer l'étendue de ces droits et de ces devoirs ; c’est leur utilité même qui est contestée. Il s'est trouvé des économistes ou des sociologues, pour affirmer que l'Etat n'avait aucunement à se préoccuper des malheureux, et cela, non pas parce que l'assistance constitue un devoir individuel, mais parce qu'elle doit disparaître des mœurs comme des lois, dans l'intérêt supérieur de la Société. « La pauvreté des incapables, la détresse des imprudents, l’éli- « mination des paresseux, et cette poussée des forts, qui met « de côté les faibles, sont le résultat général d’une loi éclai- « rée et bienfaisante.. La compassion pour les faibles et les « malheureux empêche leur disparition voulue par la nature. » Voilà ce qu'écrit Spencer dans une page devenue classique. Les lois d'assistance sont pour lui des « péchés du législateur ». Il adopte aussi la fameuse loi de la population de Malthus, qui déclare qu'il faut laisser à la nature le soi de punir le père qui donne naissance à plus d'enfants qu'il ne peut en nourrir. |