IL DU CHOIX D'UN MODE D'ASSISTANCE
Il était important de déterminer sous quelle forme serait accordée l'assistance : le législateur avait à choisir entre l’hospitalisation et le secours à domicile. Celui-ci est une conception assez moderne de l’Assistance. La Constituante, dans son organisation nationale de l'assistance, avait compris sa supériorité. « C’est par les soins muütuels que l'esprit de famille se conserve, que les liens naturels se resserrent, que la bonté se cultive, que les mœurs se perfectionnent dit le 4° rapport du comité de mendicité. » Mais ces idées n’eurent pas le temps d’être appliquées. Les hôpitaux ne furent pas d'ailleurs complètement abandonnés. Dans le projet de la Rochefoucauld, l’assistance à domicile était accordée à 60 ans, mais ce n'est qu'à 70 que l’hospitalisation pouvait être imposée, et pour cela, chaque département devait avoir un établissement, avec un en plus pour chaque ville de 100.090 habitants. La loi de la Terreur supprimant les hôpitaux ne fut pas eppliquée.
La seule loi importante faite par la législation intermédiaire, celle de 1851, ne se préoccupait que des hôpitaux et hospices : les bureaux de bienfaisance distribuaient bien des secours en argent, mais ils ne devaient, d’après l'esprit qui avait présidé à leur création, donner qu’une aide momentanée, L'assistance permanente était réservée à l’hospitalisation.
La loi de 1893 sur l'assistance médicale et la loi de 1897 sur l'assistance facultative des vieillards avaient, les premières, appliqué le secours à domicile. Celui-ci s'imposait au législateur, il fut adopté sans opposition. Ses avantages ne peuvent être contestés.
I laisse l’assisté au milieu des siens, il évite pour lui la tristesse d’une séparation, d'un internement dans un asile où tout
lui rappelle à chaque instant sa triste situation, Où il ne vi qu'au milieu d’autres malheureux comme lui et dans la misère desquels i! peut voir refléter sa propre déchéance.
Séparé non seulement des membres de sa famille et de ses amis, mais aussi de sa femme, si elle vit encore, soumis à une discipline nécessaire, mais qui même très douce est très pénible à Son âge, 11 mène une vie monotone et sans joie.
Chacun à pu se rendre compte de la répulsion qu'inspire le mot hospice au vieillard sans ressources, répulsion que ni les installations modernes, hygiéniques et confortables, ni les soins prodigués par un personnel! et des docteurs pleins de dévouement n’ont jamais pu vaincre.
Mais le secours à domicile est aussi plus moral, parce qu’. ne permet plus au parents de se désintéresser des vieillards : il oblige le fils à prodiguer au père infirme et âgé les soins que la nature lui fait un devoir de lui donner. Les liens familiaux, dont on regrette parfois le relâchement, n'ont qu'à y gagrer.
Mais enfin il est une autre considération importante :
Il est beaucoup plus économique; un hospitalisé implique une dépense journalière de 1 franc à 1 fr. 75, tandis que ïes mensu&lités accordées pourront n'être au maximum que de quinze à vingt francs f1).
L'assistance pourra donc s'étendre à plus de personnes. D'ailleurs tout en reconnaissant que l’hospitalisation obligatoire aurait écarté un ässez grand nombre des 500.000 assistés actuels,
(1) Quel est le prix de la journée de chaque hospilalisé vieillard ?
Lyon, 1 fr. 50 ; Lille, 1 fr. 25 (incurables, 1 fr. 50) : Nantes, 1 fr. 37 (incurabies, 1 fr. 45) ; Saint-Etienne, 1 fr. 50 ; Le Hôvre; 1 fr.20.; ROUDAS SEE Nancy, al fr left 25rettle fr 755 Amiens,1efir.-20 (incurables, 1 fr. 45) ; Angers, 1 fr. 25 ; Nîmes, 1 fr. 13 ; Montpellier, IPS 0EIGrEnODI Mer MIE el 1 ir 66 Dijon drr 251 Rennes; 1 fr. 10 ; Tours, 400 fr. par an ; Versailles, 500 fr. par an ; Centre LeMans, 1 fr. 2%: Toulon, 1 fr. 635.