‹ L'Assistance Aux Vieillards, Infirmes & IncurablesChapitre 6 sur 47 · AO · texte numérisé non relu

AO

« La Rochefoucault, dans le 7° rapport, qu'il a été admis comme « principe incontestable, qu'ils doivent être seulement aidés « par les moyens de travail, et que les distributions gratuites « Soit d'argent, soit de nourriture doivent être abolies. »

Aussi voit-on se développer tous les jours, dans les législations modernes, toutes les mesures destinées à favoriser la prévoyance, qu'elle soit sous forme d'épargne (la plus simple, mais aussi la moins efficace), de société de secours mutuels, de caisses de participation, de caisse de prévoyance ou enfin d’assurances sociales qui sont considérées, avec raison, comme la forme la plus perfectionnée (1).

Le législateur ne se borne d’ailleurs plus aujourd’hui à prendre des mesures d'encouragement : c’est l'obligation qu'il consacre et impose, notamment dans la loi des retraites ouvrières du 5 avril 1910.

Cette mesure est parfaitement justifiée du moment que l’obligation pour l'Etat de secourir le malheureux a été consacrée par la loi, la prévoyance est devenue un devoir de l’homme envers la société, l’imprévoyance un acte antisocial et les mesures pour les combattre sont aussi justifiées que celles édictées pour combattre l'ignorance, les épidémies. Et cela est d'autant plus nécessaire, que la prévoyance, emportant toujours une contribution de la part de ceux qui doivent en bénéficier, est souvent mal accueillie par ceux-ci eux-mêmes.

La prévoyance fera-t-elle disparaître l'assistance ? Certainement non : il est exact de dire que n’est pas prévoyant qui veut ; il faut une volonté persévérante, qui dure des années, et qui commence dès un âge où l'homme se préoccupe souvent peu de l'avenir. Celui qui est aujourd’hui un vieillard sans ressources, s'est peut-être trouvé dans une situation de fortune

(1) En France, la première application de l’assurance a été la loi de 1898 sur les accidents,

qui lui permeltait l’insouciance. Il faut en outre, en tout temps, avoir des ressources suffisantes pour prendre une part si légère soit-elle sur le gain quoüdien.

De même pour l'assurance. Son réseau se développe tous les jours et on s'efforce d'y faire rentrer tous les risques qui menacent le salarié : les accidents du travail, l’invalidité, et en Allemagne la maladie même est soumise à un régime d’'assurance obligatoire.

On s'efforce d'apprécier les causes les plus fréquentes de misère, et d'évaluer pour chacun la prime qui suffira à y parer. Mais cela n’est pas toujours possible : on ne peut pas espérer pouvoir toujours calculer la chance mauvaise et toujours apprécier le montant de la prime et à qui elle devra être réclamée. Les syndicats professionnels eux-mêmes, dans lesquels beaucoup voient la base de l’organisation sociale des assurances peuvent-ils espérer arriver un jour à englober tout le monde, sans exception ? Il est des événements qu'on ne peut prévoir et des misères inattendues.

Il y aura donc toujours place pour l'assistance. D'ailleurs il ne faudrait pas croire que l’assistance et la prévoyance n'aient entre eux aucun lien. L'un et l’autre ne sont pas une fin, mais simplement un moyen d'arriver au même but, et elles se pénètrent l’une l’autre : les œuvres de prévoyance comportent toujours une partie d'assistance. Qu'il s'agisse de secours mutuels, de retraites ouvrières ou de risques professionnels, l'Etat donne toujours une prime d'encouragement, qui n’est: somme toute que l'Assistance, ajoutée aux effets de la prévoyance. La nécessité de donner à l'assistance un caractère préventif, a rapproché deux domaines jusque-là bien séparés.

Parmi ies innombrables institutions d'économie sociale qui se sont développées en ces dernières années, il n’en est pas une qui ne contienne en elle, si petite soit-elle, une petite part de charité,

Les deux institutions tendent au même résultat, elles doivent être développées toutes deux, et c’est la conclusion à laquelle

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