‹ L'assistance médicale chez les RomainsChapitre 1 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’histoire de la médecine proprement dite, c’est-àdire l’exposition et l’enchaînement des doctrines médicales en même temps que la Biographie des hommes qui les ont créées, agrandies ou commentées, n’est plus une histoire à faire. De nombreux et savants écrivains s’y sont appliqués avec succès, et, dans des ouvrages connus de tous et d’un facile accès, ont fait connaître pour ainsi dire siècle par siècle tous les développements de la science, de sorte qu’il ne reste guère maintenant que quelques glanes à recueillir dans ce domaine partout fouillé et à peu près épuisé. Il reste bien sans doute quelques points de détail à rectifier ou à éclaircir; quelques faits à redresser ou à ajouter. Il reste surtout à rattacher la médecine grecque à son aïeule la médecine indienne, et à retrouver les liens de leur filiation. Ce travail s’accomplira lorsque les matériaux qui font encore aujourd’hui défaut auront été retrouvés et

R. BRI AU

réunis, et lorsque les ouvrages médicaux écrits en langue sanscrite auront été traduits et commentés par des médecins versés dans la connaissance de cet ancien idiome. Mais , je le répète , à part cette lacune , nous avons peu de chose à désirer en ce qui concerne l’histoire de la doctrine.

Au contraire ; l’histoire de la profession médicale, je veux dire la position du médecin dans la société , le rôle qu’il y joue, la place qui lui est faite, les relations qu’il s’y crée, les rapports qu’il doit entretenir avec les administrations et les particuliers, tous ces détails de la vie du médecin pratiquant son art, voilà une histoire tout entière à faire et dont personne ne semble avoir eu l’idée. Travail curieux pourtant et intéressant, qui se rattache de tous côtés à l’histoire générale des mœurs et des habitudes de la vie privée et publique ; mais œuvre difficile à conduire jusqu’au bout, parce que les éléments n’en ont point été recueillis.

J’ai entrepris d’écrire l’histoire de la profession médicale chez les Romains ; et dans la poursuite de ce travail, j’ai rencontré quelques parties qui peuvent sans inconvénient être détachées de l’ensemble et faire l’objet de publications spéciales. Déjà j’ai fait connaître dans un mémoire imprimé (1) une section particulière de cette histoire : celle qui a trait à l’organisation de la médecine militaire et à la situation des médecins dans les armées romaines. Aujourd’hui je me propose d’étudier une nouvelle section, appartenant cette fois à la

(1) Du service de santé militaire chez les Romains. — Paris, Victor Masson et fils, 1866, m-8°.

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