INTRODUCTION
médecine civile. Elle m’a paru offrir un intérêt plus grand encore que la première ; non-seulement parce que son étude révèle des faits peu connus et un développement professionnel qui n’était pas même soupçonné; mais aussi parce qu’elle se rattache beaucoup ‘ plus intimement à l’histoire générale de la société romaine. Elle fait connaître quelques détails d’organisation sociale^ qui, si je ne m’abuse^ donnent à cette société un aspect et un côté de physionomie à peine entrevus par les historiens.
On comprend aisément, en effet, que les gens riches ou simplement dans l’aisance, aient pu avoir facilement des médecins à leur disposition ; mais on ne voit pas tout d’abord comment les prolétaires vivant au jour le jour de leur travail, pouvaient être secourus dans leurs maladies.
J’intitule ce livre : Ü assistance médicale chez les Piomains ; non point qu’il s’agisse ici d’assimiler en quoi que ce soit les secours médicaux donnés aux pauvres de l’antiquité, à la grande administration appelée, aujourd’hui : Assistaiice publique ; mais parce que j’ai à traiter des moyens mis en usage dans le monde romain, pour que les pauvres, les artisans et les malheureux de toutes classes , libres ou esclaves, fussent pourvus 'de soins médicaux dans leurs maladies. J’ai dû rechercher en effet à quelle initiative individuelle ou collective, et à quels artifices sociaux ces nécessiteux étaient redevables des secours qu’ils recevaient en cas de maladies puisque, chez les Romains, l’assistance médicale s’exerçait tout entière en dehors de l’action gouvernementale.
Je n’ai point à nommer les auteurs qui m’auraient précédé dans la voie que je me propose de parcourir et qui auraient laissé quelques écrits sur le même sujet ; je n’en ai découvert aucun et j’ai lieu de penser que je suis le premier à explorer ce filon historique.