‹ L'assistance médicale chez les RomainsChapitre 12 sur 27 · M. LI BOETH DEC MEDICO · texte numérisé non relu

M. LI BOETH DEC MEDICO

Une cassure de la pierre indiquée par Gori a fait disparaître la fin des mots de cette inscription. Blanchini n’indique pas cette cassure.

Gori, loc. cit., n» 75. — Bianchini, ibid. no 60. L’inscription y est transcrite autrement que dans le livre de Gori.

DES MÉDECINS DE LA MAISON DE L’EMPEREUR

Les auteurs dont je parle, et Gori entr’autres, ont lu cette inscription de la manière suivante :

M(arcus) Li(vius) Boeth(us, libertus), dec(urio) medico(rum). Marcus Livius Boethus (affranchi de Livie), décurion des médecins.

Cette lecture a pour conséquence d’établir que les médecins de la maison de l’empereur étaient decuriati, c’est-à-dire rangés en décuries à la tête desquelles se trouvait un décurion, ce qui aurait constitué un grade intermédiaire entre le médecin en chef et les médecins ordinaires, grade d’ailleurs bien plus administratif encore que médical. Il faut avouer que, si l’inscription est exactement reproduite par Gori, on ne peut guère la restituer et la compléter autrement qu’il ne l’a fait. On trouve d’ailleurs, à l’appui de sa lecture, un argument de fait qui n’est pas sans valeur. En effet, il est certain que dans les emplois inférieurs de la maison impériale, ceux qui les remplissaient étaient organisés en décuries spéciales, lorsque leur nombre était important. C’est ainsi qu’on trouve dans Suétone (1) un Saturiiis^ decurio cuhiculariorum, Saturius, décurion des valets de chambre, prenant part au meurtre de l’empereur Domitien. On rencontre encore d’autres exemples du même genre.

Il reste à savoir si, dans les emplois qui demandaient des connaissances et un savoir plus ou moins élevés et étendus, ainsi qu’une certaine indépendance d’idées et de vues dans l’application de l’art, comme ceux de mé-

(1) Domitianus, cap. xvn.

R. BRIAU.

decin et de secrétaire, par exemple, il est permis de penser qu’il existât une pareille organisation en décuries spéciales. Il est probable que Bianchini (1) ne l’a pas cru quand il a relevé les inscriptions du columbariiüïi des esclaves et affranchis de Livie. Aussi a-t-il restitué d’une manière différente le texte de l’inscription qu’il lit ainsi :

M(arco) Li(vio) Boeth(o liberto), dec(urioni) raedico.

A Marcus Boethus, affranchi, décurion, médecin.

Cette lecture, on le comprend de suite, change le sens et la signification de l’inscription. Ici Boethus est un décurion ordinaire, indépendamment de sa qualité de médecin, comme nous avons vu que l’était plus haut le médecin Ilyllus (inscript. n° 3). Ce titre n’impliqife plus dans ce cas qu’une suprématie d’ordre et de discipline, tandis (jue dans l’autre il impliquerait en outre une certaine autorité médicale qui assurément aurait quelque influence sur l’exercice et la pratique de l’art. Il est vrai que le même raisonnement s’appliquerait alors à toute hiérarchie médicale et notamment au supra medicos et au supeipositiis medicorum, dont nous avons constaté ci-dessus l’existence indubitable.

En présence de ces divers arguments qui viennent naturellement s’offrir à l’esprit, j’avoue qu’il est permis d’avoir quelque hésitation. Cependant je me range pleinement à l’opinion de Bianchini, par la raison sui-

(1) Caméra ed iscrizioni sepolcrali dei Liberti délia casa di Augusto. Borna, 1727, in-folio.

DES MÉDECINS DE LA MAISON DE L’EMPEREUR. 51

vante, et indépendamment de toute appréciation épigraphique. Nous verrons plus loin qu’il existait dans les maisons impériales des intirmeries dont le service était fait par des infirmiers et des infirmières, sous la direction des médecins. Or, il est impossible d’admettre que cette direction eût pu être efficace s’il n’y avait eu absolument aucune différence entre les esclaves instruits et ceux qui ne l’étaient pas; et des décuries de médecins eussent mis ces derniers au niveau des plus bas d’entre les esclaves et dans l’impossibilité de leur imprimer une direction efficace dans les soins à donner aux malades. Cette raison me semble très-sérieuse en faveur de la lecture de Bianchini.

Je pense donc que Boethus était simplement chef d’une décurie quelconque de la famille d’esclaves et d’affranchis de la maison impériale. Nous voyons là un nouvel exemple de la distribution en décuries de tous les personnels un peu importants par le nombre. C’était un fait général dans la société romaine. Cette division en section de dix individus était usitée partout et principalement dans les familles d’esclaves un tant soit peu considérables. Elle semblait, à ce peuple essentiellement administratif et amoureux de la réglementation, indispensable au bon ordre et à la régularité du service et de la discipline.

Ce même Boethus, dont je viens de parler, est encore nommé dans une autre inscription du même collège funéraire des esclaves et affranchis de Livie; mais il n’y porte que le simple titre de médecin, sans aucun doute parce qu’il n’était pas encore décurion lorsqu’elle fut consacrée. En effet, l’inscription que je viens de trans-

crire est son épitaphe, tandis que celle que je vais reproduire est une dédicace faite par lui à un de ses coaffranchis ; celle-ci est donc antérieure à la première :

No II.

M. LIVIVS

BOETHVS lOLE. L.

MEDICVS. DAT SVAE

M. LIVIO. SPERATO. ET

Gorl, loc. cit., ne 14. — Blancbini, loc. cit., no 164.

M(arcus)Livius Boethus, medicus,datM(arco) Livio Sperato et lol(æ),

l(ibertæ), suæ (uxori).

Ce nom de Boethus est assez commun parmi les médecins dont il est parlé dans les auteurs anciens ; et quelques-uns de ces médecins ont acquis de la célébrité, mais n’ont point laissé d’écrits.

Après les médecins en chel et ceux qui avaient le titre de décurion vient la plèbe médicale. Ceux qui la composent sont désignés sous des dénominations diverses, selon les spécialités médicales auxquelles ils se livraient.

TYRANNVS

LIVIAE

MEDICVS

BlanchinI, ibid., n“92. — GorI, ibid., no 73.

Tyrannus, Liviæ (servus), medicus.

Tyrannus, médecin esclave de Livie.

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Comme on le voit, ce Tyrannus était simplement un esclave, et par conséquent un medicus domesticus. Il en est de même des quatre suivants :

No 13.

HYGINVS. LIVIAE MEDICVS

Gori, Inscript, etrus., t. II, p. 445, 41. Florentlæ, apud principes Corsinlos. — Fabretti, Inscriptionum antiq.... expUcatio. Romæ, 1702, p. 301, 282. — Muratori, p. 905, 1. — Reinesius, p. 580, 76.

Hyginus, Liviæ (servus), medicus.

Hyginus , médecin esclave de Livic.

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