Bulletin de l'Office du travail, mars
2. Paul de Rousiers, Le Trade — Unionisme en Angleterre, p. 139.
3. Une enquête faite à Londres en 1887 signalait 90 pour cent des dockers comme ayant été atteint par le chômage dans les six mois qui précédèrent le recensement.
4, Revue du travail, janvier 1898, p. 50.
Il existe une foule d’autres professions qui subissent d'aussi néfastes chômages.
C'est ainsi que le recensement fait en Prusse en 1895, nous signale 10,61 pour cent des journaliers et domestiques comme étant sans travail au 14 juin, et 25,11 pour cent au 2 décembre de la même année (1).
L'industrie de l'alimentation est encore plus atteinte. Il y avait à Paris, dans les métiers qui s’y rattachent, 4.000 persofnes sans travail sur 12.000 ouvriers (2). Il existerait 5 ou 6.000 ouvriers « qui se trouvent condamnés, faute de travail pour eux, à n'être jamais employés que comme extras, à ne travailler qu’un jour ou deux sur sept » (3).
Enfin la situation des cochers de fiacre ne serait pas moins triste, puisqu'ils subiraient le chômage dans une proportion de 30 pour cent.
Tous ces chiffres, si arides qu'ils soient, laissent transparaitre l’atroce misère qui résulte du chômage. Ils marquent l’étendue de cette plaie sociale et la décrivent. Mais le mal n’est pas encore pour cela connu tout entier ; car de même que dans la pathologie médicale, la plaie est une porte ouverte à toutes les infections, l’origine de toute espèce de désordres organiques, de même dans la pathologie sociale la plaie du chômage entraîne à sa suite une foule de perturbations morales et sociales.
Pour se rendre un compte exact de l'affection
4. Non compris les domestiques vivant sous le toit des maîtres.