‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 9 sur 144 · V. Rapport sur le chômage, p · texte numérisé non relu

V. Rapport sur le chômage, p

3. Conf., Enquête belge, 1894-95, Bulletin du travail, 1896, p. 29.

nous faire soupçonner que très vaguement la misère de certaines catégories d’ouvriers.Bon nombre de professions comme celle des mécaniciens, des employés de chemins de fer, etc., ne subissent presque pas de chômage, d’autres ont des périodes d'inactivité complète, mais elles sont prévues, escomptéesà l'avance, comme cela a lieu pour les peintres, les maçons,etc. Les premières professions sont tout à fait privilégiées, et pour les secondes il n’y a que demi mal, car d’une part,on peut,en principe, porter remède à une crise que l’on attend périodiquement, d’autre part, en fait, les salaires sont généralement suffisants, pendant les périodes d'activité, pour que l’ouvrier puisse mettre de côté en prévision du chômage.

Le point qui doit surtout attirer notre attention est le chômage dans la sphère où il sévit avec le plus d'intensité, et où il fait le plus de mal. Quand ou veut étudier sérieusement une maladie, on n’examine pas spécialement les sujets qui n’en sont pas ou presque pas atteints, mais on suit de très près ceux chez lesquels elle opère le plus de ravages. On peut alors se rendre compte des désordres occasionnés par le mal,et chercher ,en connaissance de cause, les remèdes qui pourront le plus efficacement soulager ou guérir le patient. |

Examinons donc les quelques professions où le manque de travail se fait le plus gravement sentir. Si nous mettons de côté les corps de métiers d'in- ‘dustries saisonnières, chezlesquels souvent le salaire du temps d'activité suffit à entretenir l’ouvrier pendant la période de chômage, nous croyons que les travailleurs les plus atteints sont ceux qui n’ont pas

de professions techniques, ceux qui n’ont guère à offrir sur le marché du travail que leur force musculaire. Ce sont les journaliers, hommes de peine, ouvriers des docks, etc,

Le census, de 1885, dans le Massachusetts, enregistre 61 pour cent de journaliers sans travail, 82 pour cent de matelots, 30 pour cent d'ouvriers de

ferme. Une autre enquête faite à Boston en 1893 par le même Labour Bureau, nous indique un chômage de 55 pour cent chez les manœuvres et de 83 pour cent chez les ouvriers des ports (1).

Les ouvriers des docks semblent tout particulièrement à plaindre. M. Festy dans son intéressante étude sur les Unions du Dockers (2) nous déclare que « le docker chôme au moins aussi souvent qu'il travaille ». Et il est facile de contrôler cette appréciation en parcourant les tableaux de statistique mensuelle publiés dans le Labour Gazette ; l'amplitude extraordinaire des ondulations delacourbe indiquant l’activité du travail des docks montre à combien d'aléa est soumis l’embauchage de ces travailleurs (3).

En Belgique, la situation de ces ouvriers n’est pas plus brillante. Au dire de leurs syndicats ils n’auraient qu'un jour de travail sur deux et peut-être sur trois (4).

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