‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 31 sur 144 · Conf. Premier rapport, p · texte numérisé non relu

Conf. Premier rapport, p

En dehors de la partie proprement déclamatoire, de La Rochefoucauld, nous trouvons une foule de remarques profondes ou ingénieuses qui font de leur ensemble un ouvrage de tout premier ordre sur les questions d’assistance. Bornons-nous à en citer quelques traits qui touchent à l’assistance par le travail.

La disproportion entre la population et le travail est « la cause première et essentielle de l’indigence ». Il faut donc s’efforcer par tous les moyens possibles de susciter des offres de travail (1). L'agriculture notamment pourrait arriver facilement à un plus haut degré d’activité et réaliser d'importantes améliorations : les emplois deviendraient plus nombreux, en même temps que les subsistances plus abondantes. Le gouvernement ne doit donc négliger aucun des moyens propres à favoriser les progrès dans ce sens, car s’il ne doit pas être prévoyant pour chaque individu, il a le devoir de l'être pour tous (2).

Il faut susciter chez l'individu la notion de sa responsabilité, la pensée de moralité, le désir de l’amélioration de sa condition, par le travail et la prévoyance. Aussi quand il s’adresse à l'Etat pour obtenir un secours (toujours sous forme de travail pour les valides) devra-t-il s'attendre à être moins* rémunéré que s’il trouvait lui-même une occupation chez un particulier, «principe, dit La Rochefoucauld, « aussi éloigné dans son exécution de la dureté que « de la profusion, mais principe essentiellement

41. C'est la même théorie que nous avons vu soutenir par Turgot.

2, Quatrième rapport, p. 84.

« nécessaire et qui bien suivi est moral, politique, « humain, et mème bienfaisant pour la société puis- « qu'il tend à lui donner de l'énergie, à lui créer « des vertus, en ne se refusant d’ailleurs à aucun « de ses véritables besoins » (1). Cette exigence est d’ailleurs naturelle, car si pour l’enfant et le vieillard la société doit un secours qui lui sera, ou lui a été remboursé par l’activité économique de cet individu, il n’en est pas de même pour le valide, en pleine possession de sa force et de son énergie. II est donc juste autant que nécessaire, d'exiger de lui un travail sérieux.

S'il n'accepte pas ce travail, 1l faut le punir, car le le travail est nécessaire à l'homme pour vivre et les paresseux et les vicieux doivent être bannis de la société des honnètes travailleurs. Pour éviter chez l’homme une chute aussi déplorable, il faut veiller à ce que le travail ne lui manque pas. Car sans cela & il tombe dans la misère et de la misère au déses- « poir ; il n’est qu'un pas du désespoir au crime ».

Pour améliorer véritablement la société il ne faut pas seulement chercher à donner du travail à tous, ce qui aurait déjà le grand avantage de diminuer la concurrence, et de faire augmenter les salaires, il faut en outre, chercher à diffuser le plus possiblela propriété ; en effet, si la pauvreté se soulage par le travail, elle s'éteint par la propriété (2).

Malgréles réserves que nous avons cru devoir formuler, ces rapports du Gomité de mendicité sont dignes de notre admiration et de nos éloges, par la

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